
Avant de démarrer ce récit, je souhaiterais vous expliquer dans quel contexte j’ai réalisé cette ascension du Col du Sanetsch.
Tout d’abord, je me suis offert un petit séjour solo de 4 jours dans les Alpes durant mes vacances de printemps. Enfin plutôt de « semi-été » puis nous sommes déjà fin juin ! À l’origine, ce devait être début juin mais il était annoncé une semaine bien pourrie au niveau de la météo, ce qui allait être incompatible avec mon projet. J’ai réussi à négocier exceptionnellement un report avec mon employeur. Et me voilà fin juin avec de belles éclaircies au programme des prochains jours, les feux sont au vert pour profiter de mon séjour alpestre !
Il va s’étaler sur 4 jours 1/2 entre Haute-Savoie en France et Valais en Suisse. J’ai saisi cette occasion pour chasser des cols qu’ils me manquaient dans le Massif du Chablais et réaliser des ascensions pas faciles d’accès ou inédites dans le Valais (en fait dans des coins où il n’est pas facile d’y poser ma caravane pour des vacances estivales).
Lundi 30 juin 2025 – 73,5 km / D+ 1856 m / 5h36
Ma seconde nuit à dormir dans ma voiture en mode « van life » s’est super bien déroulée. Comme à Taninges lors de ma première nuit, l’atmosphère a été chaude mais il m’a suffit d’ouvrir l’une des portières pour avoir de l’air. Lever tranquille à 7h30.
La météo est au beau fixe. C’est un peu nuageux mais le soleil est bien présent et il fait déjà bon en ce début de matinée. Nickel pour réaliser ma troisième sortie de mon roadbike. C’est aussi la plus ambitieuse car elle comprend une ascension en aller-retour du Col du Sanetsch, l’un des plus méconnus des Alpes suisses mais aussi l’un des plus beaux et surtout l’un des plus redoutables avec ses 25 km, 1800 m de D+ à 7,5% de moyenne !
Par contre, je ne vais pas partir de Martigny mais plutôt faire une approche en voiture jusqu’à Riddes pour débuter ma sortie. Avec déjà 2 grosses sorties et 3200 m de D+ dans les jambes, je voulais économiser mes forces pour éviter les 25 kms à faire entre Martigny et Conthey où démarre l’ascension du Col du Sanetsch. Ils n’étaient pas très difficiles car il fallait simplement remonter la Vallée du Rhône mais il y a très souvent un vent descendant qui aurait rendu à coup sûr ma progression assez usante ! D’ailleurs, je l’ai senti dès la veille au campement où il passait même parfois en mode rafales.
Je coupe exactement la poire en deux pour plutôt partir de Riddes situé à 12,5 km de Conthey. Après un bon petit-déjeuner, une préparation pour m’équiper et le rangement de mes affaires, je file donc en voiture jusqu’à Riddes. Je tourne un peu en rond pour trouver un endroit où me garer. J’ai constaté qu’il n’est pas facile de se garer facilement dans les villages suisses car il y a beaucoup de rues où le stationnement est interdit. Je trouve enfin une place de parking gratuite à la gare.
À 9h, je décolle pour une sortie vélo qui sera incroyable…
Les photos sont en haute définition à 1280 pixels. Toutes légendées, n’hésitez pas à cliquer dessus pour les afficher en grand pour voir plus de détails (surtout les panoramas) !
Entre Riddes et Conthey
À partir de Riddes, je vais faire simple en suivant principalement la Route principale 9 durant 12 km jusqu’à Conthey, pied de l’ascension du Col du Sanetsch. Dès la sortie de Riddes, je traverse le Rhône. Depuis le pont, j’ai une belle vue sur la Vallée du Rhône. J’aperçois assez bien nettement Sion, chef-lieu et ville la plus peuplée du Canton du Valais, notamment les châteaux de Valère et Tourbillon perchées sur 2 grandes collines jumelles. Ça me rappelle de bons souvenirs quand, durant ma jeunesse, nous séjournions en famille non loin à Crans-Montana…


Durant ma progression, mon regard se tourne principalement vers les sommets qui se trouvent sur ma gauche. Ils sont tous magnifiques. Paradoxalement, bien que je suis dans le Valais, ils font partie des Alpes bernoises. Pour les Alpes valaisannes, il faut regarder de l’autre côté de la Vallée du Rhône.
La géographie est assez particulière en ces lieux : au pied des sommets se trouvent des milliers d’hectares de vignes ! Le vignoble valaisan s’étale sur 120 km sur la rive droite de la Vallée du Rhône et jusqu’à près de 800 m d’altitude. J’ai le souvenir d’avoir dégusté un délicieux Fendant lors de sympathiques fondues suisses ! Dommage qu’il soit très peu commercialisé en France…



À Vétroz, je quitte la Route principale 9 pour emprunter une petite route assez bucolique qui me guide entre les coteaux de vignes et Conthey. Je traverse rapidement la fin de ce dernier, traverse la Morge et me retrouve au point de départ de l’ascension du Col de Sanetsch.



Col du Sanetsch
Le Col du Sanetsch – 2252 m – (appelé parfois Col de Sénin) est l’un des cols les plus méconnus des Alpes suisses… en 2025, il n’apparaît même pas sur la page wikipedia des plus hauts cols routiers des Alpes suisses ! Pourtant, c’est l’un des plus beaux mais aussi l’un des plus durs… peut-être que le fait de ne pouvoir le grimper qu’en aller-retour (pas tout-à-fait, voir plus bas de cette article…) et qu’il ait été complètement ignoré du Tour de Suisse ou du Tour de Romandie l’ont empêché d’accéder à une certaine notoriété… Il reste donc pour l’instant l’un des trésors cachés des cyclos valaisans… son ascension – très longue avec près de 25 km – proposant tous les ingrédients d’un grand col sur une route en très bon état et à la circulation automobile assez limitée : un début original au milieu du vignoble, une gorge, de la forêt, des alpages, des cascades, des tunnels creusés dans la roche, un final minéral, des sommets magnifiques, un glacier, un téléphérique (!), … et un dénivelé monstrueux – 1800 m – répartis sur des lacets à la pente infernale.
Distance : 25 km
Départ : Conthey / Pont de la Morge (Vallée du Rhône)
D+ : 1790 m
% moyen : 7,5%
% maxi : 12% sur 280 m

Punaise, 25 km d’ascension, je vais y passer un sacré moment… je prends une grande respiration et me lance dans l’aventure…
Cette montée a été réalisé en 4 parties :
De Conthey à Chandolin – 5 km
Je profite des 1100 premiers mètres faciles – 1,5% – le long de la Morge pour apprécier un premier décor qui va se dérouler au milieu du… vignoble ! Pour ceux qui connaissent celui du Valais, il s’étale souvent sur des coteaux abrupts… ce qui ne va pas manquer en passant au passage suivant : sans transition, je me hisse jusqu’à Chandolin durant 3,5 km sur une pente qui oscille entre 8 et 9%. Le ton est donné ! Le soleil tape assez durement et je transpire abondamment. Mais les jambes sont encore là après déjà 2 grosse journées successives de vélo.




Une fois arrivé à l’entrée de Chandolin, je ne passe surtout pas à côté d’une fontaine qui me tendait les bras sur ma droite (à côté de la maison qui abrite un petit clocher et une carriole) pour me rafraîchir et refaire un peu le niveau d’un bidon.
Puis sur 400 m en traversant Chandolin, je vais alterner une succession de courtes montées et descentes. J’atteindrais ainsi un point haut à 835 m d’altitude.

De Chandolin à l’intersection avec la Route du Sanetsch via Erde – 4,4 km
Cette partie débute par… une descente ! Je me dis que bien des efforts ont déjà été consentis dans la première partie car cette descente de 600 m me fait perdre 35 m de dénivelé qu’il faudra remonter… et je le paierais assez cher quelques instants plus tard !
Mais avant cela, je passe à côté d’une jolie chapelle adossée à un gros rocher, celle de Notre-Dame des Corbelins. Avec un changement de décor plus conforme à la montagne – forêt de résineux et parois rocheuses – j’arrive à un point bas situé à 800 m d’altitude.

La pente reprend bien entendu ses droits en ondulant le long des Gorges de la Morge. D’abord doucement avec 1,6 km à 3% et en franchissant le Tunnel de Ste-Marguerite taillé dans la roche (assez court avec 66 m, pas besoin d’éclairage).

Puis une fois encore, sans transition, la route va se cabrer en passant à 9,5% durant 600 m avec plusieurs mètres culminant à 11%. Ce changement de rythme me scotche un instant sur l’asphalte.
Cette portion difficile se termine à un endroit étonnant : le Pont du Diable qui surplombe les Gorges de la Morge. Je fais volontiers une pause pour reprendre mon souffle et surtout essayer de distinguer la Morge qui se faufile dans un étroit et profond canyon.





Je reprends ma route. Je profite d’un petit replat de 200 m à 6,5% pour me refaire une petite santé en enchaînant immédiatement après le pont avec un nouveau tunnel taillé dans la roche (long de 92 m mais entrecoupé d’une ouverture, pas besoin d’éclairage).
Mais il faudra ensuite remettre du cœur à l’ouvrage durant 1,4 km sur une pente à près de 8%. J’atteins ainsi l’intersection avec la Route du Sanetsch via Erde qui provient aussi de Conthey. Pour l’avoir empruntée au retour, cela aurait plus « facile » de ce côté-ci, je n’ai aucun regret car cela aurait été moins spectaculaire.






De l’intersection avec la Route du Sanetsch via Erde au Restaurant Zanfleuron – 5,4 km
Je fais un petit point : « seulement » 9,4 km depuis Conthey. J’ai déjà produit pas mal d’effort avec 567 m de D+ et il m’en reste près de 1220 à grimper ! Je ne panique pas trop car je me sens pas trop mal… il faut continuer tranquillement comme je sais le faire…
Je débute par une longue section de 1,8 km à 8% entrecoupée de 2 virages. Il n’y a quasiment pas d’arbres et avec le soleil, il y fait très chaud. Je fais attention à bien boire pour ne pas me déshydrater mais il va me falloir veiller à trouver un point d’eau pour refaire les niveaux des bidons.

À la sortie du deuxième virage, j’enchaîne sur 950 m à 9,5%. Je ne rigole déjà plus trop… mais le décor qui est tellement chouette me donne du courage.

Ce passage difficile débouche sur le Restaurant Beau-Site (en travaux lors de mon passage début juin 2025). La forêt est à nouveau un peu plus présente. L’ombre est bienvenue. Un « replat » de 600 m à 7% aussi !
Mais c’est pour mieux me préparer à un passage terrible : un raidard de 300 m à 12% (mon compteur a même atteint une pointe à 15%) !!! Ce dernier débouche sur Plan-Cernet où il y a une auberge restaurant (pas ouverte à mon passage début juin 2025 et apparemment pas de point d’eau aux alentours). Je peux désormais bien voir les premiers hauts sommets montagneux comme le Crêta Besse (2701 m) et le Pra Roua (2518 m).

Nouveau replat de 400 m à 5,5% mais suivi d’une nouvelle banderille de 250 m à 9% ! Ça replate à nouveau mais pas longtemps : 350 m à 1,5% et 150 m à 5%. Après cela, il faut faire un nouvel effort de 600 m à 7% pour atteindre le Restaurant Zanfleuron. Ça commence à être usant… Allez, il est temps de faire une pause et surtout de trouver de l’eau !


Le Restaurant Zanfleuron (une photo que j’ai oubliée de faire !).
Je demande à des gens qui s’affairaient sur la terrasse du restaurant (j’ai l’impression qu’il n’était pas ouvert officiellement) s’il était possible de remplir mes bidons. Ils m’indiquent aussitôt que je peux le faire en utilisant le lavabo – eau claire et fraîche – des toilettes publiques accessibles à gauche du parking du restaurant (voir carte). Impeccable et je ne rate pas l’occasion car il n’y aura effectivement plus de point d’eau libre avant le sommet.
Du Restaurant Zanfleuron au Col du Sanetsch – 10,2 km
Je fais un nouveau petit point. J’ai déjà gravi près de 15 km et 980 m de D+ à 7% de moyenne… ce qui veut dire que j’ai encore 10 km et 810 m de D+ à… 8% de moyenne. Ce dernier chiffre suggère sans aucun doute que j’aurais encore plus d’effort à fournir !
Après le Restaurant Zanfleuron où je franchis à nouveau la Morge, je profite de l’un des trois derniers replats disponibles avant le sommet : 900 m à 5,5%. Les vues deviennent vertigineuses et plongeantes sur le Vallon de la Morge. Juste après la traversée du Tunnel de Vouagno (40 m), c’est reparti sur une portion soutenue de 850 m à 9%. Je l’ai désormais compris, cette ascension est irrégulière au possible !



Après avoir franchi un pont enjambant le fougueux Torrent de La Nétage, je vais enchaîner une petite série de 5 lacets assez courts. Le premier n’est pas trop « difficile » avec 200 m à 7,5% mais les 4 suivants me feront dresser sur les pédales avec 800 m à 11% de moyenne ! Heureusement une belle cascade initiée par le Torrent du Nétage me distrait de ces intenses pourcentages.




Le second replat de cette partie – 250 m à 3,5% – me sauvera la mise… mais pas pour longtemps… Je vais franchir la limite forestière (l’étage subalpin) et évoluer au milieu des alpages et de la roche (étage alpin), c’est très beau mais je n’aurais plus d’ombre à m’offrir… c’est qu’il fait bien chaud !
D’autant qu’une nouvelle et longue portion très difficile se dresse devant moi : 2,7 km sur une déclivité comprise entre 9 et 10% ! Une série de 4 lacets me permet de profiter de points de vue fabuleux au Sud sur les Alpes valaisanes (Weisshorn, Dent Blanche, Dent d’Hérens, Rosablanche), plus près à l’Ouest sur le Mont Gond (2710 m) et à l’Est sur la Pointe des Tsermettes (2707 m).





Bon, là je souffre pas mal. Ma barre d’énergie s’est effondrée, j’avance comme un escargot… C’est vrai grimper 250 m de D+ en 2,7 km tient plus de l’escalade que de la simple montée ! Dans un lacet, je fais une pause pour reprendre mon souffle car j’approche des 1900 mètres d’altitude. Je n’avais pas trop ressenti les effets de l’altitude hier au Lac d’Émosson (1962 m) mais je dois sûrement accuser le cumul des efforts des 3 derniers jours !
Aïe, aïe, aïe, c’est quoi qui me pique les mollets ! Des fourmis rouges ! Je n’avais pas vu ces satanés bestioles ! Du coup, je ne traîne pas trop et repars à l’assaut de la fin ce terrible passage.

À la sortie du dernier lacet, j’arrive à l’entrée du quatrième tunnel de l’ascension, celui de Dorbagnon (95 m). Il est droit et ne nécessite pas vraiment d’éclairage. C’est aussi à cette occasion que la pente va faire un peu de relâchement sur 600 m à 7%. Je profite aussi de la fraîcheur !



À la sortie du Tunnel de Dorbagnon, la route me guidera vers le cinquième et dernier tunnel de l’ascension : celui des Fonjalles. Attention, ce dernier est assez long et en courbe – 580 m – et nécessite un éclairage malgré une rampe lumineuse qui m’a aidé à me guider (au contraire de celui que j’avais emprunté la veille au Lac d’Émosson).
L’intérieur est assez humide et étroit. Par contre, je n’ai pas hésité à me mettre de côté lorsque j’ai croisé l’un des rares véhicules rencontré au cours de mon ascension ! Il y a aussi des percées qui permettent d’avoir des points lumineux naturels et il est aussi possible de voir l’extérieur du tunnel (c’est spectaculaire mais il faut être prudent, il n’y a aucun garde-fou comme j’ai pu le constater lors de mon retour). Le passage n’est pas très pentu – 6% – mais une petite rupture de pente vers la fin me surprendra.



À la sortie du tunnel, je négocie une petite partie de la chaussée (environ 50 m) qui est un peu dégradée. Par contre, je dois faire face à un problème bien plus sérieux… c’est que c’est couvert tour à coup… il y a des nuages bien noirs… le tonnerre gronde… et je ressens quelques gouttes ! Oh noooooooon, pas ça, ce n’était pas prévu au programme !
L’orage était caché par l’arrête du Sublage (2735 m) qui surplombe le Tunnel des Fonjales. Bon, quoi qu’il arrive, je sais qu’il me reste environ 2,5 km et que je ne renoncerais pas à terminer l’ascension ! Puis on verra bien pour la suite… qui va finalement bien se terminer car même si c’est resté couvert, l’orage s’est éloigné, ouf ! Par contre, la température a chuté d’un seul coup d’une bonne douzaine de degrés m’obligeant même à mettre un coupe vent pour ne pas prendre un coup de froid.
J’enchaîne avec un replat de 650 m à 4%, j’en profite, ce sera le dernier ! J’ai désormais droit à une vue magnifique sur le Dôme des Diablerets (2854 m) et la Becca d’Audon (3123 m) où s’écoule entre les deux sommets, le Glacier de Tsanfleuron (ou de Zanfleuron).


J’attaque désormais le final qui sera assez dur. Long de 2,6 km, il me semblera interminable avec sa pente qui ne se relâchera pas d’un pouce en tournant autour des 8,5% sur une route sinueuse qui n’offre aucun lacet. Je suis passé à cette occasion à proximité de l’Hôtel-Restaurant du Sanetsch mais il ne me sera d’aucune aide, celui-ci étant positionné en contrebas dans une cuvette que je n’aurais pas envie de remonter (j’ai appris par la suite qu’il est apparemment possible de s’approvisionner en eau).



Au détour d’un virage, je découvre un incroyable paysage constitué par les « Lapis de Tsanfleuron » (ou de Zanfleuron). C’est un ensemble de formations rocheuses qui se trouve sous le glacier de Tsanfleuron. La force du glacier ainsi que les intempéries ont façonné ce paysage d’aspect extraterrestre. La partie supérieure, jusqu’à récemment recouverte de glace, présente des formations arrondies et polies. En dessous, la roche a été libérée de la glace il y a des milliers d’années. L’érosion est donc très visible et un paysage karstique typique s’est formé au fil du temps : des fissures profondes et tortueuses ainsi que des dolines.




Le Col du Sanetsch ne se laissera découvrir que dans les 200 derniers mètres ! Ouf, je me traîne depuis 2 bons kilomètres. Il y a eu quelques petites gouttes mais pas de pluie. Par contre, ça s’est vachement rafraîchi m’obligeant à enfiler ma veste pluie.
La pente ne lâche rien jusqu’au derniers mètres… ça y est, me voilà au Col du Sanetsch à 2252 m d’altitude ! Quelle ascension… punaise, j’en ai bien bavé dans la dernière partie, donc j’apprécie mon « petit » exploit avec près de 1800 m de D+ en 25 km.



À 2252 m d’altitude, j’apprécie l’environnement qui est assez sauvage (il y a seulement un abri et deux parkings). Le décor est fabuleux avec de gauche à droite, les Diablerets, le Glacier de Zanfleuron et le Sanetschhore (le Mont Brun en français). Le Col du Sanetsch est aussi appelé Col de Sénin (du nom d’un lac situé plus loin).




Je m’offre une bonne pause pour profiter pleinement de ce magnifique endroit dont je ne suis pas sûr de pouvoir y revenir un jour… même si c’est couvert, les nuages ne recouvrent heureusement pas les sommets ! Je m’offre un petit spectacle supplémentaire en observant 2 techniciens perchés au sommet d’un pylône haute tension à près de 90 m de hauteur !



Initialement, j’avais prévu de poursuivre au-delà du Col du Sanetsch qui proposait un point particulier : descendre et remonter son versant opposé…
L’ascension de ce versant est assez particulière… En effet, la montée depuis Gsteig bei Gstaad dans la Vallée supérieure de la Sarine jusqu’au Lac de Sanetsch ne peut se faire que via… un téléphérique ! On a donc le choix entre 2 possibilités :
- Rejoindre le pied de l’ascension situé au Lac de Sanetsch (Sanetschsee) depuis… le Col du Sanetsch !
- Prendre le téléphérique (cabine) qui dispose d’un système d’accrochage pour vélo depuis Gsteig bei Gstaad ! En 2025, pour un aller simple, il en coûtait 18 CHF + 9 CHF pour le vélo. Pour toutes les infos, c’est ici. À propos de ce moyen, les locaux réalisent parfois une grande boucle – 126 km / 2600 m de D+ (avec souvent un départ depuis Martigny) qui consiste à grimper le Col du Sanetsch, de descendre à Gsteig bei Gstaad via le téléphérique puis ensuite de poursuivre jusqu’à Aigle via le Col du Pillon (et le Col de la Croix en supplément éventuel). De Aigle à Martigny, il reste la Vallée du Rhône à remonter tranquillement. Pour des infos plus précises, c’est ici.
Dans tous les cas, c’est une ascension qui n’est pas très longue avec 5,1 km mais attention au final long de 1750 m réparti sur 3 lacets qui est assez soutenu avec une pente qui passera de 9 à 7%.
Sauf que j’ai volontairement (et malheureusement) décidé de zapper ce supplément pour 3 raisons : la première était que j’étais bien carbo et qu’il me fallait garder le peu d’énergie qu’il me restait pour négocier correctement la longue descente et rallier mon point de départ, la seconde était que le ciel restait bien menaçant et que je pouvais prendre la pluie, et la troisième était que je devais penser à ne pas rentrer trop tard pour récupérer et prévoir encore le programme du lendemain qui était bien corsé !



Retour à Conthey puis Riddes
Il est temps de redescendre. Je prends encore le temps de prendre quelques photos car j’ai de beaux points de vue que je n’ai pas pu m’offrir dans le sens de la montée. J’en profite aussi pour m’arrêter dans le Tunnel des Fonjales et explorer l’une des petites galeries qui donnent sur l’extérieur. Prudemment car il n’y a aucune barrière mais c’est spectaculaire.



Petite anecdote : sur la photo ci-dessous, le bus garé près de la voie d’accès à l’hôtel-restaurant du Sanetsch fait partie de la fameuse ligne CarPostal. Leur couleur jaune est très identifiable en Suisse. J’en parle car il propose aux voyageurs des destinations incroyables dans toutes les Alpes suisses comme celle du Col de Sanetsch qui est régulière en été ! Autant vous dire qu’il y a des passages spectaculaires gérés par de sacrés chauffeurs. Ci-dessous, une petite vidéo vous montre le passage dans un tunnel semblable à celui des Fonjales (qui se trouve dans une vallée voisine), jugez-en par vous même…



Au cours de ma descente, je vais choisir un itinéraire différent. Au lieu de passer par le Pont du Diable, je vais emprunter la Route du Sanetsch via Daillon, Erde et Sensine qui vont me faire évoluer au milieu du vignoble. De ce côté-ci, la route semble un peu plus facile mais c’est bien soutenue quand même. Je découvre aussi que la route est mouillée… je m’aperçois qu’une averse orageuse est en train de s’éloigner… Ouf, j’ai évité la pluie d’une dizaine de minutes !


Je suis de retour à Conthey. Il fait assez lourd, les orages n’ont pas réussi à rafraîchir l’atmosphère. Là aussi, je choisi un itinéraire différent pour revenir à Riddes en empruntant les rives du Rhône. Aménagées en Voie verte, c’est nickel ! C’est tout plat, heureusement car je suis pas mal rincé et j’ai peine à maintenir une bonne allure pour rallier Riddes.


Je rejoins ma voiture à la gare de Riddes et reviens à Martigny. Un orage éclate dans la soirée… assis à l’abri du grand hayon de mon Rifter avec un bon petit dîner, je savoure cette incroyable sortie. Je vais essayer de ne pas me coucher trop tard car demain m’attend encore une sacrée journée avec les ascensions des Cols de Morgins et de Bassachaux + un retour à la maison…

- Sortie n°1 : Col de l’Avernaz – 1234 m / Ajon – 1408 m / Col de Terramont – 1098 m / Col du Perret – 963 m / Col du Ludran – 938 m > Lire le récit
- Sortie n°2 : Col des Montets – 1461 m / Col de la Gueulaz – 1965 m (Lac d’Emosson) > Lire le récit
- Sortie n°3 : Col du Sanetsch – 2252 m > Lire le récit
- Sortie n°4 : Pas de Morgins – 1369 m > Lire le récit (à venir)
- Sortie n°5 : Col de Bassachaux – 1783 m > Lire le récit (à venir)




