
Avant de démarrer ce récit, je souhaiterais vous expliquer dans quel contexte j’ai réalisé cette ascension du Col du Sanetsch.
Tout d’abord, je me suis offert un petit séjour solo de 4 jours dans les Alpes durant mes vacances de printemps. Enfin plutôt de « semi-été » puis nous sommes déjà fin juin ! À l’origine, ce devait être début juin mais il était annoncé une semaine bien pourrie au niveau de la météo, ce qui allait être incompatible avec mon projet. J’ai réussi à négocier exceptionnellement un report avec mon employeur. Et me voilà fin juin avec de belles éclaircies au programme des prochains jours, les feux sont au vert pour profiter de mon séjour alpestre !
Il va s’étaler sur 4 jours 1/2 entre Haute-Savoie en France et Valais en Suisse. J’ai saisi cette occasion pour chasser des cols qu’ils me manquaient dans le Massif du Chablais et réaliser des ascensions pas faciles d’accès ou inédites dans le Valais (en fait dans des coins où il n’est pas facile d’y poser ma caravane pour des vacances estivales).
Mardi 1er juillet 2025 – 32,7 km / D+ 971 m / 2h07
Ma troisième nuit à dormir dans ma voiture en mode « van life » s’est à près peu bien déroulée… J’ai eu droit à un orage vers les 5h du matin. Ça m’a un peu inquiété pour la météo de la journée à venir. Finalement, il n’a pas duré trop longtemps et au petit matin à 6h30, le soleil était à nouveau de la partie.
Ma journée va être très chargée avec une logistique un peu compliquée… D’abord, j’ai revu mon plan pour la quatrième sortie de mon Roadbike de 4 jours : en partant du Pas de Morgins, j’avais prévu l’ascension de son versant Est (côté Suisse) en aller-retour, puis en redescendant côté France, gravir le Col de Bassachaux, et enfin remonter au Pas de Morgins, ouf !
Sauf qu’après 3 jours, 207 km, 5000 m de D+ et surtout le terrible Col du Sanetsch dans les jambes grimpé la veille, je n’avais plus trop l’énergie pour enchaîner ces 2 dernières ascensions… Je décide de couper la poire en deux : ce sera d’abord une première ascension en aller-retour du Pas Morgins (toujours en partant de ce dernier) puis dans un second temps, une ascension du Col de Bassachaux mais en partant de son pied. Je n’aurais pas ainsi à remonter le versant Ouest (côté France) du Pas de Morgins que je connais de toute façon car je l’ai gravi en 2024.
Avant tout cela, je dois quitter Martigny et me rendre en voiture jusqu’au Pas de Morgins via Monthey. Ça m’a pris près d’une heure pour faire les 40 km qui me séparait du col car comme je n’avais pas pris la vignette suisse, je n’ai pas pris l’autoroute jusqu’à Monthey. Sur la route normale, c’était souvent limité à 80 km/h et il y avait des travaux au début de la montée vers le Pas de Morgins…
À 9h30, je suis fin prêt pour démarrer l’ascension du Pas de Morgins.
Les photos sont en haute définition à 1280 pixels. Toutes légendées, n’hésitez pas à cliquer dessus pour les afficher en grand pour voir plus de détails (surtout les panoramas) !
Descente jusqu’à Monthey
Une fois n’est pas coutume, je démarre par une… descente ! J’aurais eu droit à une double reconnaissance de l’ascension, une fois en voiture et une fois en descente. Par contre, pour cette dernière, je vais emprunter une alternative à celle que je vais grimper plus tard.
Il est en effet possible de gravir le Pas de Morgins depuis Monthey via une route forestière plutôt confidentielle via Tassonnaire. Ce sera l’occasion de la découvrir d’autant que l’asphalte semble avoir été refait en grande partie assez récemment. Je peux constater que ça a l’air costaud au niveau de la pente dans cette variante surtout dans la partie de la route forestière durant 4,8 km à 8/9%.
Je peux m’offrir déjà quelques très belles vues sur la Vallée du Rhône et les Alpes bernoises, le Val d’Illiez, les Dents du Midi et les Dents Blanches. Je les retrouverais bien sûr dans le sens de la montée.



Pas de Morgins
La descente a été rapide, me voilà à Monthey où je vais démarrer l’ascension du versant Est traditionnel. C’est une revanche par rapport à l’année dernière (2024) où je n’avais pas pu le gravir à l’occasion de la dernière étape de ma Traversée des Alpes suisses. Ce jour-là – un 13 septembre – il avait neigé et le parcours initial qui devait passer par le Pas de Morgins avait été annulé… J’ai détesté de ne pas avoir pu « terminer le travail »… Près d’un an plus tard, c’est donc une revanche sur ce malencontreux coup du sort !
Cette ascension n’est pas à prendre à la légère. Elle est relativement longue avec ses 16 km et son D+ est assez conséquent avec ses 950 m. C’est assez soutenu sur les 3 quarts de la montée mais en jetant un coup d’œil sur le profil, je suis un peu rassuré par un final qui est assez facile. La question est de savoir si j’aurais encore de bonnes jambes après 3 grosses sorties de suite…
Départ : Monthey (Val d’Illiez)
Distance : 16,1 km
Dénivelé : 954 m
% moyen : 6%
% maxi : 8,5% sur 940 et 500 m

Depuis les abords du centre-ville de Monthey, je débute l’ascension avec une série de 2 lacets à 6,5% sur 950 m. Je profite rapidement de très belles vues sur la Vallée du Rhône et de nombreux sommets des Préalpes vaudoises et des Alpes bernoises.
Par contre, je constate aussi qu’il y a une circulation de dingue… je veille à bien tenir ma droite ! Tous ces véhicules ne se rendent pas au Pas de Morgins mais plutôt à Troistorrents, Val-d’Illiez et Champéry, trois gros villages situés dans le Val d’Illiez.
Je poursuis ma progression sur les 950 mètres suivants qui sont beaucoup plus soutenus avec une pente à 8,5% de moyenne. C’est le premier des deux passages les plus difficiles de cette ascension. Mais je suis obligé de couper mon effort car il y a des travaux m’obligeant de m’arrêter à un feu alternant. En repartant, allant bien sûr moins vite, je n’ai pas pu franchir dans les temps la zone de travaux qui devait faire bien 500 mètres de long. Il devait me rester environ 100 m à effectuer tandis que les véhicules arrivaient déjà en sens inverse…
Hé bien, malgré que la voie unique était bien assez large pour se croiser sans problème, j’ai eu droit à des claxons furieux de 2-3 abrutis ! Je ne savais pas que certains Suisses n’étaient pas très complaisants avec les cyclistes (pourtant ça s’était bien passé lors ma Traversée des Alpes en 2024) mais bon, j’ai vécu la même chose lors d’un séjour estival sur la Côte-d’Azur, à Nice plus précisément (beaucoup d’entre vous m’approuveront !).




La route est assez linéaire en s’enfonçant désormais dans le Val d’Illiez et je dois poursuivre mon effort sur les 1550 mètres suivants sur une déclivité qui oscille entre 7 et 7,5%. Il n’y a pas d’ombre du tout et le soleil chauffe déjà bien en ce milieu de matinée. Par contre, je suis rassuré car les jambes tournent assez bien. Je ne ressens pas de courbatures, ça devrait le faire pour cette ascension. Je peux donc admirer tranquillement les Dents du Midi puis les Dents Blanches qui dominent le Val d’Illiez.


Après 3,8 km d’ascension, la pente décline à 6 puis 5% sur les 1150 mètres suivants. Ça fait du bien et j’arrive dans un bon élan à Troistorrents. J’arrive à un rond-point. Je ne vais pas prendre le chemin que j’avais emprunté précédemment dans ma descente car je vais suivre la route « officielle » via Collaire appelée plus sommairement la « Route de Morgins ».

Je ne fais pas de pause en enchaînant direct à droite dans une jolie série de 5 lacets. Je suis toujours dans un environnement urbain au sein de hameaux (les Neys, St-André, Collaire, Es-Cortaz) mais on est en Suisse : tout est très bien entretenu et les habitations sont souvent des chalets assez jolis. Je croise aussi la ligne de chemin de fer qui dessert le Val d’Illiez jusqu’à Champéry situé à 1033 m d’altitude. Là aussi, la Suisse est championne du monde pour desservir des destinations montagneuses comme je l’avais déjà constaté lors de ma Traversée des Alpes suisses l’année précédente.
Même si la pente a repris un peu de mordant sur les 3 premiers lacets avec 2,8 km à 7/7,5%, je ne suis pas trop mal et surtout la circulation est beaucoup moindre car peu de monde souhaitait sans doute rejoindre Morgins. De plus, je me retrouvais avec de nouveaux points de vues magnifiques à la fois sur la Vallée du Rhône, le Val d’Illiez, les Dents du Midi et les Dents Blanches.







Dans les 2 derniers lacets, ça devient plus roulant avec 1,5 km à 6%. J’ai aussi quitté toute zone urbaine mais la route est toujours aussi large et nickel.
À la sortie du dernier virage, je vais m’enfoncer dans les Gorges de la Tine dont je ne verrais rien car c’est complètement recouvert par une forêt. Par contre, la déclivité va brusquement devenir plus agressive avec un bon 8/8,5% durant 2,2 km. Je suis un peu dans le dur, les efforts accumulés depuis 4 jours commencent sérieusement à se ressentir. Il n’y a plus de vues pour me distraire. Je gère doucement, je sais qu’après ce second passage assez difficile, la fin de l’ascension sera beaucoup plus facile.


Après le passage dans les Gorges de la Tine, la route débouche dans le Val de Morgins. Un décor de pâturages et de petits chalets fait son apparition. L’endroit est très agréable d’autant que la pente lâche du lest en passant à 6,5% sur 450 m puis devient un gentil faux plat montant – entre 2 et 2,5% – sur les 2100 mètres suivants.



J’arrive rapidement à Morgins qui est une jolie station-village. Elle s’est développée en harmonie avec celle de Châtel, voisine française située à quelques kilomètres de l’autre côté de la frontière. Pas de béton, les logements sont de grands et beaux chalets en bois.
En traversant Morgins, la pente reprend un tout petit peu du poil de la bête avec 4,5% sur 650 m puis 6% sur 550 m. Je termine ce dernier effort au passage de la douane (mais pas la frontière), déserte en cette fin de matinée.





J’atteins ensuite un point culminant situé à 1378 m d’altitude en progressant joyeusement sur 600 m à 2,5%. Puis c’est un très agréable faux plat descendant de 550 m à 1,5% qui me guide à la fois le long du Lac de Morgins et au Pas de Morgins, terminus de cette ascension à 1369 m d’altitude.





Voilà le premier objectif de la journée accompli. Même si la circulation a été pas mal intense au début de la montée, j’ai bien apprécié cette ascension qui m’a offert de très beaux points de vue. Son final assez facile m’a permis de ne pas finir dans le dur. Après 32,7 km et 971 m de D+, je me sens étonnamment encore assez bien… parfait pour enchaîner avec le second objectif du jour – et dernier de mon roadbike : le Col de Bassachaux.
Mais avant cela et comme je l’ai expliqué plus haut, je vais reprendre la voiture, passer la frontière et poser ma voiture à Villapeyron, véritable pied du Col de Bassachaux.
- Sortie n°1 : Col de l’Avernaz – 1234 m / Ajon – 1408 m / Col de Terramont – 1098 m / Col du Perret – 963 m / Col du Ludran – 938 m > Lire le récit
- Sortie n°2 : Col des Montets – 1461 m / Col de la Gueulaz – 1965 m (Lac d’Emosson) > Lire le récit
- Sortie n°3 : Col du Sanetsch – 2252 m > Lire le récit
- Sortie n°4 : Pas de Morgins – 1369 m > Lire le récit
- Sortie n°5 : Col de Bassachaux – 1783 m > Lire le récit (à venir)