Avant de démarrer ce récit, je souhaiterais vous expliquer dans quel contexte j’ai réalisé cette chasse aux cols dans le Massif du Chablais.
Tout d’abord, je me suis offert un petit séjour solo de 4 jours dans les Alpes durant mes vacances de printemps. Enfin plutôt de « semi-été » puis nous sommes déjà fin juin ! À l’origine, ce devait être début juin mais il était annoncé une semaine bien pourrie au niveau de la météo, ce qui allait être incompatible avec mon projet. J’ai réussi à négocier exceptionnellement un report avec mon employeur. Et me voilà fin juin avec de belles éclaircies au programme des prochains jours, les feux sont au vert pour profiter de mon séjour alpestre !
Il va s’étaler sur 4 jours 1/2 entre Haute-Savoie en France et Valais en Suisse. J’ai saisi cette occasion pour chasser des cols qu’ils me manquaient dans le Massif du Chablais et réaliser des ascensions pas faciles d’accès ou inédites dans le Valais (en fait dans des coins où il n’est pas facile d’y poser ma caravane pour des vacances estivales).
Samedi 28 juin 2025 – 82,4 km / D+ 1721 m / 5h04
Lever 7h15. Je suis au Camping les Thézières de Taninges (très bien) où j’ai posé mon Rifter sur un emplacement. Je me suis arrangé pour arriver la veille en partant dans le milieu de l’après-midi afin de gagner du temps et du sommeil sur le voyage depuis Dijon. Petite nouveauté, j’ai dormi dans mon véhicule. Une fois les sièges arrière rabattus, il y a largement la place pour y mettre un matelas et avoir un bon petit confort avec un petit goût de « van life » ! Comme j’avais prévu de me déplacer le lendemain en Suisse, c’est aussi très pratique pour ne pas avoir à démonter et remonter une tente.






À noter qu’il y a une petite canicule depuis quelques jours. Comme je n’aime pas trop la grosse chaleur depuis ma Traversée des Alpes en 2022, je me motive pour faire abstraction de cet inconvénient. Je ne vais pas bouder mon plaisir de profiter d’une belle météo qui va me permettre de faire de belles photos… Petit spoiler, je vais être gâté !
Je démarre à 8h ma première sortie. Elle va consister en une chasse aux cols dans le Massif du Chablais principalement du côté de la Vallée Verte. Depuis plusieurs années, j’en ai chassé pas mal mais des occasions ratées (des parcours raccourcis où une météo toute pourrie comme lors de mes vacances printanières en 2024).
Quatre cols sont sur ma liste : le Col de l’Avernaz (1234 m), le Col de Terramont (1098 m), le Col du Perret (963 m) et le Col du Ludran (938 m).
Pour rejoindre le pied de ma première ascension à St-Jeoire, je vais tranquillement suivre la Vallée du Giffre durant 10 km en passant par Mieussy. C’est une suite de faux plats ascendants et descendants, je n’ai pratiquement aucun effort à faire et c’est idéal pour s’échauffer. En passant par Mieussy, le Col de la Ramaz me fait de l’œil mais je l’ai déjà réalisé en 2019.



Col de l’Avernaz
À St-Jeoire, je débute la première ascension de la journée avec le Col de l’Avernaz (1234 m). Son ascension est longue de 11,1 km et présente un profil très ardu dans sa seconde partie à partir d’Onnion. Je suis déjà passé par ces lieux mais seulement en descente depuis le Col de la Jambaz lors de la Traversée des Alpes 2022 et en montée depuis Onnion en voiture l’an passé. Ça m’avait bien plu visuellement, on va découvrir cela en « vrai » live et je n’allais pas être déçu…

L’ascension commence au rond-point situé sur la D907. En empruntant la D306 sur 1 km à 3%, je rejoins le centre-ville de St-Jeoire où se trouve l’emblématique Tour Carrée qui symbolise la ville.


Une bonne petite rampe de 250 m à 9,5% me hisse sur les hauteurs de St-Jeoire. Je vais suivre la D26 qui va me guider à travers les Gorges du Risse puis à Onnion. Durant 4,6 km, la pente ne sera pas trop difficile, oscillant entre 2,5 et 5,5% maxi. Je roule tranquillement en veillant à bien en garder sous la pédale car la sortie de ce jour va être bien fournie en D+.










Me voilà à Onnion, l’un des principaux villages de la Vallée du Risse avec Mégevette. Fini la rigolade, je vais la grimper la seconde partie du Col de l’Avernaz et ça va être ardu : 5,250 km à 8,5% de moyenne !
Petite précision : le Col de l’Avernaz n’est connu que des chasseurs de cols. Il est officiellement recensé par le Club des Cent Cols. Localement, on l’appelle la Montée de Plaine-Joux.
J’ai une bonne petite surprise avant de démarrer la seconde partie : j’aperçois le sommet du Mont Blanc ! Trop cool, ce n’est pas très souvent que je le vois aussi bien. Et en montant un peu plus haut, je vais m’en prendre plein les mirettes !


Je débute par 3 lacets assez pentus répartis sur 2100 m à 8,5/9%. Ça ne passe pas trop mal car j’ai pas mal de distractions en me hissant au-dessus d’Onnion et de ses beaux chalets : une belle vue sur la Pointe des Brasses et un magnifique panorama qui s’étale entre le Massif du Chablais, le Faucigny, la Chaîne des Aravis et surtout sur le Mont Blanc qui est éclatant de blancheur !






Dans le 4e virage, j’atteins le hameau de la Villiaz. Je peux souffler sur les 600 m suivants qui sont à 5%. La route va s’enfoncer dans la montagne. Petite pause sur les panoramas car je me retrouve dans la forêt. Il me faut remettre du cœur à l’ouvrage sur 2200 m avec une pente encore plus soutenue à 9/9,5%. Je pense en terminé en atteignant le chalet de Très le Saix mais une ultime rampe de 150 m à 12,5% me fait un petit peu grimacé.
Heureusement, ça ne dure pas trop longtemps et je me retrouve à l’entrée du Plateau de Plaines Joux. L’arrivée au Col de l’Avernaz – 1234 m – n’est qu’une formalité avec 200 m à 4,5%.


Le Col de l’Avernaz est situé au bord d’un talus. Il n’y a pas de panneau mais une grande croix en bois pour symbolisé le passage. Une fois franchi le col, j’allais avoir droit à une vue sur l’un des plus jolis coins du Massif du Chablais…


Ajon
Une fois franchi le Col de l’Avernaz, je n’en ai pas tout à fait terminé avec la première ascension. D’abord, il n’y a pas de descente immédiate. La route va d’abord onduler jusqu’à la Station de Plaine Joux – 1,6 km – puis je vais enchaîner en aller-retour jusqu’à Ajon – 2 km -, un point haut situé à 1408 m d’altitude.

Sur le Plateau de Plaines Joux, j’ai droit à un paysage magnifique constitué de prairies verdoyantes. J’aperçois la Pointe de Miribel sur laquelle est situé Ajon. Sur près de 1,6 km, j’enchaîne des faux plats montants et descendants et j’atteins ainsi la Station de Plaine Joux qui n’est qu’un vaste parking avec quelques bâtiments car elle est seulement destinée à la pratique du ski de fond en hiver.
Il ne faut pas confondre cette station avec celle du même nom qui se trouve un peu plus au Sud sur la commune de Passy sur le Plateau d’Assy face au Mont Blanc. De plus, on écrit Plaines Joux à toutes les sauces. Personnellement, je n’aime pas trop cette manie de ne pas respecter la bonne orthographe d’un lieu et j’ai toujours soupçonné les fabricants de panneaux d’aller trop vite en besogne ! Donc on a Plaines Joux avec un « s » qui est la version officielle (source IGN). Ensuite on a Plaine Joux sans « s » et Plaine-Joux sans « s » et avec un tiret !




Il y a du monde sur le parking. C’est une manifestion où il y a beaucoup de chevaux… je contourne les lieux en faisant attention de ne pas rouler dans un crotin car il y en a partout ha ha ha !
À la sortie du parking, je vais prendre une petite route à droite, c’est le début de la montée vers Ajon. Elle est très bien asphaltée. Idéal pour grimper une jolie rampe de près de 2 km à 8/8,5% de moyenne. Malgré la difficultée, je me sens bien et je la trouve très agréable. Il y a 6 lacets qui permettent de rythmer l’ascension. Et surtout, le Mont Blanc refait son apparition et je vais m’offrir l’une des plus belles vues de ma vie sur sa Majesté des Alpes !









J’atteins tranquillement le sommet de la Montée d’Ajon situé à 1408 m d’altitude au pied de la Pointe de Miribel. Il y a quelques chalets et fermes d’alpage. Je suis quasiment seul et peux apprécier pleinement le sublime panorama qui m’est offert sur le Mont Blanc.






Je fais une petite pause tout en avalant une pâte de fruits. Pour l’instant, tout se déroule à merveille : je suis en bonne forme, les paysages sont superbes et le temps est au beau fixe. La température n’est pas trop élevée pour l’instant.
Je reprends ma route et reviens sur mes roues puisqu’Ajon est un cul de sac. Par contre, je ne vais pas jusqu’à la Station de Plaine Joux. J’emprunte des toutes petites routes communales qui vont me guider dans la Vallée Verte et notamment jusqu’à Habère-Lullin. Il y a une bonne descente entrecoupée d’une petite remontée pour atteindre ce dernier.
Je suis content de revenir dans ce joli coin que j’avais découvert en 2021. Je reconnais le début de la montée du Col de Saxel puis plus au Nord les Cols des Moises et de Cou. De bons souvenirs en compagnie de mon beau-frère Seb mais on avait eu bien chaud. J’avais du raccourcir le parcours initial et zapper certains cols que je voulais chasser dont le Col de l’Avernaz (ça c’est fait !), le Col de Terramont, le Col du Perret et le Col de Ludran. Ils figurent tous à la suite de mon programme de ce jour.




Col de Terramont
Je débouche à la sortie d’Habère-Lullin sur la D12. J’entame l’ascension du Col de Terramont. Ce ne sera pas trop difficile avec 5,9 km et une pente moyenne à 4,5%.

Je remonte tranquillement la Vallée de la Menoge (qui est le vrai nom de la Vallée Verte, elle est aussi parfois appelée Vallée de Boëge) durant 2 km à 4% jusqu’à Habère-Poche, une douceur après les pentes abruptes du Col de l’Avernaz et d’Ajon.
À Habère-Poche, je découvre que ce tout petit village assez charmant abrite une station de sports d’hiver – Les Habères – qui est couplé avec celle d’Hirmentaz. Il y a donc quelques remontées mécaniques qui bordent la montée du Col de Terramont mais le paysage n’est pas trop dénaturé.
Au centre du village, je bifurque à droite sur la D22 pour attaquer la partie la plus soutenue de l’ascension avec 2150 m sur une pente qui oscille autour des 6%. Ça passe pas trop mal car c’est très régulier et un lacet dans la première partie permet de profiter d’une belle vue sur Habère-Poche et les Cols de Cou et des Moises.


La pente lâche du lest à l’approche du sommet de l’ascension. Je finis donc tranquillement sur les 750 derniers mètres à 3,5% pour essuyer la pancarte du Col de Terramont à 1098 m d’altitude.
Je tiens enfin une petite revanche par rapport à 2021 où je l’avais zappé et surtout par rapport à l’année dernière lors de mon séjour printanier à Thonon-les-Bains. Une météo désastreuse durant la semaine m’avait empêché de réaliser d’abord une chasse aux cols dans le Massif du Chablais puis une tentative unique de chasser le Col de Terramont depuis Thonon-les-Bains m’avait fait abandonner à environ 9 km du sommet à cause de la pluie.



Avant de faire demi-tour, je poursuis un peu au-delà du panneau pour pointer exactement au col géographique indiqué par le Club des Cent Cols. Situé exactement au minuscule hameau des Mouilles, il n’y a finalement rien à voir. Le panneau routier me semble du coup plus judicieux au niveau du placement. Bon, comme souvent, tout le monde y va de son appréciation pour l’altitude : 1094 m pour IGN, 1096 m pour le panneau routier et 1098 m pour le Club des Cent Cols.
Je reviens sur mes roues jusqu’à Habère-Poche. J’essaie de dénicher une fontaine pour refaire les niveaux des bidons, c’est qu’il commence à faire chaud et je tiens à bien m’hydrater. Quand on ne connaît pas le coin, ce n’est pas jamais facile de trouver un point d’eau. Je tente ma chance du côté de l’église… je ne vois pas de robinet (il y avait un cimetière derrière mais je l’ai pas vu). Je demande des locaux qui m’indiquent que des toilettes publiques se trouvent juste accolées à l’Office du tourisme. Nickel mais cachées derrière une haie et sans aucun panneau d’indication, ce n’est pas facile de les voir !
Je suis prêt pour la suite qui consiste à chasser mon 3e col de la journée : le Col du Perret. Pour cela, je vais d’abord revenir sur mes roues en empruntant la D12. En descente, je repasse par Habère-Lullin puis poursuis jusqu’à Villard. C’est ici que débute l’ascension du Col du Perret.

Col du Perret
Depuis Villard, la montée est assez courte avec 2,7 km. Mais la pente est un poil soutenue avec un bon 6,5% de moyenne sur les trois bons quarts de l’ascension. Il n’y a pas beaucoup d’ombre, la route est assez exposée au soleil, je chauffe un peu, c’est le seul coup de moins bien que j’aurais eu sur cette sortie.


Mais comme je sais que la montée est courte, j’en termine quand même sans trop défaillir d’autant que les 500 derniers mètres sont un peu plus faciles avec une pente à 4,5%. J’atteins ainsi le Col du Perret à 963 m d’altitude.
Le passage est assez étroit et sans visibilité pour les véhicules qui le franchissent un peu trop rapidement à mon goût. Je fais attention lorsque je prends quelques photos souvenirs, il ne manquerait plus que je termine sur un capot !



Au Col du Perret, je suis en fait sur les hauteurs de Bogève. Pas de demi-tour cette fois-ci, je franchis le col et me retrouve dans une nouvelle vallée, celle du Foron.
Je ne vais pas filer tout de suite dans la descente car je dois aller chasser le dernier col de la journée, celui de Ludran. Je me guide à l’aide de mon GPS pour emprunter une toute petite départementale (la D190) qui va suivre le flanc ouest de la Vallée du Foron. La route ondule agréablement et c’est un peu descendant. J’en profite pour faire encore le plein de belles vues, notamment du côté du Massif des Bornes et de la Vallée de l’Arve.



Col du Ludran
Après 3 km depuis le Col du Perret, je tourne à droite juste après le hameau des Eaux pour réaliser l’ascension du Col du Ludran. C’est très court avec seulement 1,2 km. Il me faut juste gérer un petit effort sur une pente comprise entre 6 et 6,5%.
On sent que le coin est très tranquille et que le Col du Ludran est presque confidentiel. Les locaux doivent sûrement passer par le Col du Perret, beaucoup plus roulant. À l’approche du sommet du col, il ne faut pas rater le petit coup d’œil sympa sur la pointe du Mont Blanc.






Me voilà au Col du Ludran à 938 m d’altitude. Le passage est étroit. Je remarque que l’asphalte a été refait à neuf du côté du versant opposé. Je ne vais pas en profiter car je vais faire un ultime retour sur mes roues. Avant cela, je fais une petite pause à l’ombre en ayant la satisfaction d’avoir rempli mes objectifs de la journée. Avec ces 4 nouveaux cols, j’ai quasiment tous les cols routiers du Massif du Chablais accrochés à mon tableau de chasse. Il m’en manque un dernier, celui de Bassachaux… ce sera pour plus tard au cours de mon séjour !


J’en ai terminé avec toutes les difficultés du jour. Je négocie une belle descente jusqu’à Viuz-en-Sallaz. Depuis ce dernier, ça fait une sacrée montée, je reviendrais bien un jour pour faire intégralement ce versant du Col du Ludran.


Une fois à Viuz-en-Sallaz, il me reste tout de même 18 km à faire pour rentrer au campement. Je n’ai juste qu’à suivre la D907 qui n’a pas un profil trop compliqué à part une remontée de 4 km entre St-Jeoire et Mieussy où la pente oscille entre 3 et 5%. Ça ne passe pas trop mal mais il fait bien chaud désormais. La lassitude me gagne un peu, je commence à avoir bien faim – il est près de 14h – heureusement je suis bientôt arrivé.



Après Mieussy, je me laisse glisser tranquillement jusqu’à Taninges où je rejoins mon campement. Il est 14h30 et il fait bien chaud désormais. Une bonne douche et je me dégotte un coin bien à l’ombre (mon emplacement est en plein soleil !) pour apprécier un bon déjeuner.
Je serais presque tenté d’aller faire un petit tour (en voiture) voir le Cirque du Fer à Cheval mais je préfère faire une bonne sieste pour optimiser ma récupération car j’ai encore 3 grosses journées à venir…
Avant de piquer un somme, je repense à cette première journée parfaite : un bonne petite randonnée avec 82,4 km et 1721 m de D+, de jolis cols – Avernaz, Terramont, Perret et Ludran -, un magnifique sommet avec Ajon, de beaux paysages et une chouette météo qui m’a permis d’admirer le Mont Blanc !
