
Avant de démarrer ce récit, je souhaiterais vous expliquer dans quel contexte j’ai réalisé cette ascension du Lac d’Emosson.
Tout d’abord, je me suis offert un petit séjour solo de 4 jours dans les Alpes durant mes vacances de printemps. Enfin plutôt de « semi-été » puis nous sommes déjà fin juin ! À l’origine, ce devait être début juin mais il était annoncé une semaine bien pourrie au niveau de la météo, ce qui allait être incompatible avec mon projet. J’ai réussi à négocier exceptionnellement un report avec mon employeur. Et me voilà fin juin avec de belles éclaircies au programme des prochains jours, les feux sont au vert pour profiter de mon séjour alpestre !
Il va s’étaler sur 4 jours 1/2 entre Haute-Savoie en France et Valais en Suisse. J’ai saisi cette occasion pour chasser des cols qu’ils me manquaient dans le Massif du Chablais et réaliser des ascensions pas faciles d’accès ou inédites dans le Valais (en fait dans des coins où il n’est pas facile d’y poser ma caravane pour des vacances estivales).
Dimanche 29 juin 2025 – 51,3 km / D+ 1461 m / 4h14
Ma première nuit à dormir dans ma voiture en mode « van life » s’est super bien déroulée. La nuit a été chaude mais il m’a suffit d’ouvrir l’une des portières pour avoir de l’air. Comme je n’avais pas occulté les vitres, le jour s’est pointé assez tôt mais un simple masque de nuit m’a permis de prolonger ma « grasse matinée » jusqu’à 6h45.
Je ne dois pas trop traîner en ce tout début de journée car je dois respecter un programme assez particulier : me rendre à la frontière franco-suisse près de Chamonix pour réaliser la seconde sortie de mon roadbike.
Je prends le temps de me faire un bon petit-déjeuner puis ensuite je range l’ensemble de mes affaires dans le Rifter. Le gros avantage avec ce nouveau système de « van life » est que je n’ai pas à démonter et plier une tente (et aussi à la montre !) qui prend toujours du temps. Mon véhicule étant assez haut, je n’ai eu qu’à mettre mon matelas à la vertical et à enfiler mon vélo juste à côté sans le démonter.
Une caisse avec des tiroirs pour ranger la nourriture + les barres et pâtes de fruits, une glacière électrique pour le frais, un sac pour les vêtements et la trousse de toilettes, une table pliante de camping et une chaise longue (bien plus agréable pour se détendre !) ont constitué mon package pour ce roadbike. Des affaires faciles à ranger rapidement, ce qui m’a permis de ne pas perdre trop d’énergie et de pouvoir être mobile sans trop de prise de tête.
À 7h45, je quitte le camping de Taninges. Je fais un petit détour pour faire le plein puis file jusqu’à Cluses pour prendre l’autoroute A40. En direction Chamonix, dans la Vallée de l’Arve entre Sallanches et Passy, j’ai eu droit à une vue saisissante sur le Mont Blanc dont la face était éclairée par un magnifique rayon de soleil. J’aurais voulu faire une pause pour prendre une photo mais je voulais pas trop perdre de temps sur mon programme… pas trop de regrets, j’ai pu l’admirer à nouveau un peu plus tard…
Je quitte l’A40 pour me diriger vers Chamonix. Voilà 16 ans que je n’étais pas passé dans le coin. J’avais traversé dans l’autre sens sa vallée en 2009, déjà à l’occasion de Roadbike de 4 jours entre Suisse (Martigny) et France (Cluses) où j’avais gravi le Col de la Forclaz, le Col du Grand-Saint-Bernard, le Col de la Colombière et le Col de Joux Plane.
Bien que j’ai vu des reportages en large et en long sur Chamonix, je n’arrive pas encore à apprécier l’endroit… En le traversant ce jour, je n’ai hélas pas le temps de m’arrêter et de visiter l’un des plus hauts lieux touristique et sportif des Alpes. Il faudra que j’y vienne un jour pour réaliser tranquillement un petit séjour qui me permettrait de découvrir vraiment ces lieux qui sont sûrement magnifiques surtout avec le Mont Blanc juste au-dessus de la tête !
Comme il y a 16 ans, la traversée de Chamonix est fastidieuse. La route n’est pas large et je dois me farcir le cul d’un bus qui s’arrête tous les 200 mètres pour déposer des groupes de randonneurs qui sont légion en ce début de belle matinée. Mais ce n’est pas trop grave, je suis content pour eux car ils vont sûrement s’en prendre plein les mirettes pendant leur balade.
Je franchis le Col des Montets… ça fait un peu drôle d’y passer en voiture sachant que j’y reviendrais un tout petit peu plus tard en vélo !
Je poursuis ma route sur le versant opposé pour arriver enfin à ma destination : la frontière avec la Suisse. Me revoilà en Suisse après 2024… Je me gare sur un petit parking juste après le poste de douane situé au Châtelard. Je me prépare pour la sortie du jour et à 9h15, je suis enfin prêt !
Voici le programme du jour : aller/retour au Col des Montets puis aller/retour au Lac d’Emosson Mon parcours est un atypique car il n’est pas très long avec 50 km mais leD+ est assez copieux avec près de 1500 m. Et je vais aussi grimper à près de 2000 m d’altitude, ce qui est toujours un peu plus difficile pour le commun des mortels auquel j’appartiens !
Col des Montets
Je vais enfin chasser ce Col des Montets. Celui-ci était dans ma TO-DO-LIST depuis un moment. Mais coincé au milieu de cette longue Vallée de Chamonix, il n’est pas facilement accessible (tout comme le Lac d’Emosson que j’ai prévu en seconde partie). C’est pourquoi, j’avais prévu de faire ce Roadbike qui me permettra de grimper des ascensions assez confidentielles et difficiles à placer dans un séjour estival.
Distance : 6,4 km
Départ : Le Châtelard (douanes franco-suisse)
D+ : 336 m
% moyen : 5%
% maxi : 8% sur 360 m
Depuis Le Châtelard, c’est une ascension qui n’est pas très longue avec 6,4 km. Elle est assez linéaire sur une pente globalement roulante qui ne présente pas de grosses difficultés à part un petit final assez soutenu de 350 m à 8%.

Sitôt le poste des douanes franchi, je repasse en France. Pas d’échauffement, la montée commence immédiatement par un passage assez soutenu de 1,3 km à 6,5%.
Le passage est assez étroit tout comme le vallon qui longe le Torrent de l’Eau noire. En plus de la route et du cours d’eau, une ligne de chemin de fer (à une seule voie) a réussi à s’incruster dans cet endroit ! Il s’agit du service Mont-Blanc Express qui en assurant la liaison de 55 km entre Saint-Gervais (France) et Martigny (Suisse), a la particularité d’être gérée conjointement entre 2 sociétés franco-suisse et d’offrir un voyage spectaculaire entre ponts, viaducs et tunnels. Pour en savoir un peu plus, consultez cette page.
Les photos sont en haute définition à 1280 pixels. Toutes légendées, n’hésitez pas à cliquer dessus pour les afficher en grand pour voir plus de détails (surtout les panoramas) !






En franchissant le Pont Maria, je peux remettre 2 dents de plus car la pente s’assagit en passant à 4,5% sur le kilomètre suivant. Le paysage s’ouvre et je peux mieux profiter du décor sur le Massif des Aiguilles Rouges face à moi et sur le Massif du Giffre sur ma droite.
J’arrive ainsi à Vallorcine. Sur les 2 kilomètres suivants, la pente décline encore un peu plus et évolue entre 3 et 4%. Je traverse donc sans trop tarder tous les petits hameaux de la commune de Vallorcine : Le Nant, Le Morzay, le Couteray, le Buet. Il y a beaucoup de chalets qui marquent le fait que la villégiature est bien présente dans cette vallée où beaucoup de monde souhaite avoir son petit coin de paradis à deux pas de Chamonix, et surtout au pied du Mont Blanc, plus haut sommet des Alpes avec ses 4806 m !




À la sortie du hameau de Buet, j’attaque le final. Long de 2,1 km, la déclivité va s’accentuer en passant à près de 6%. Ça va me va très bien mais le Col des Montets offrira un peu de mordant en proposant une bonne rampe de 350 mètres à 8% pour atteindre son sommet à 1461 m d’altitude.
Petit paradoxe : le col, bien que situé à une altitude respectable mais dans une haute vallée, donne l’impression que l’on n’a pas eu affaire à une grosse ascension ! J’ai connu des 1400/1500 qui m’ont donné plus de fil à retordre… Mais ça a bien arrangé mes affaires car je n’ai pas eu à trop dépenser d’énergie et j’en aurais bien besoin pour la suite de ma sortie !



Depuis le Col des Montets, j’ai une belle vue sur les Aiguilles du Grépon et du Plan. Les sommets alentours culminent à plus de 3500 m, les quelques photos que j’ai prise ne rendent pas justice à cette incroyable verticalité.
Par contre, le col est un peu moche car il y a des travaux de valorisation du site avec le réaménagement du chalet et des abords (réouverture en juin 2026). Encore une occasion de revenir un jour pour découvrir cela…
Perso, j’approuve ces initiatives. Je trouve que du bon boulot a été fait ces dernières années aux Cols de la Madeleine, d’Izoard et de l’Iseran. Avant, les voitures étaient souvent garées de façon anarchique et cela donnait un aspect disgracieux aux cols.
Le pire aménagement des Alpes françaises : le Col des Aravis… une horreur ! Quand vous venez de La Clusaz et que vous arrivez à 1 km du col, vous avez une superbe vue sur le Mont Blanc… vous prenez un cliché pour immortaliser tout ça… mais avec pas mal de déception finalement quand vous voyez au premier plan, un affreux parking rempli de dizaines de camping-cars ! Et puis, il y a toutes ces boutiques pour touristes avec ses peaux de vaches étalées sur les murs… C’est vraiment d’un goût douteux, berk ! Heureusement qu’il y a la magnifique petite chapelle au centre du col pour faire une jolie photo mais il faut cadrer très serré ! Vraiment dommage car les ascensions des versants du Col des Aravis sont assez chouettes…


Je ne m’attarde pas trop, c’est que j’ai encore du pain sur la planche. Demi-tour pour m’offrir une jolie descente jusqu’à la frontière franco-suisse. Dans les premiers hectomètres, j’ai une belle vue sur le Grand Perron. Je l’admire sans trop savoir que j’allais me retrouver quasiment à son pied bien plus tard…

Me revoici en Suisse et plus précisément dans le canton du Valais. Je fais un petit arrêt à la voiture pour refaire un peu le niveau des bidons. Allez, c’est parti pour la suite de la sortie avec une ascension hors norme : le Lac d’Emosson.

Lac d’Emosson
Distance : 13,5 km
Départ : Douanes franco/suisse
D+ : 915 m
% moyen : 8%
% maxi : 10% sur 1720 m
Située en Suisse, dans le Canton du Valais près de la frontière franco-suisse, cette ascension en aller-retour propose une moyenne et un dénivelé à faire peur : 8% pour 915 m de D+ pour 13,5 km depuis le postes des douanes franco/suisse. Si on enlève les premiers kilomètres (2,4 km)… majoritairement descendants et la descente vers le Lac d’Emosson, la montée réelle se fait sur 10,7 km. En étudiant le profil, je sais qu’il faudra me farcir de longs passages à 9% avec un max de 10% sur 1,7 km dans le final. Bref un sacré défi !
Cadeau pour le chasseur de cols que je suis, je pourrais franchir le Col de la Gueulaz – 1965 m – qui sera en fait le point culminant de cette montée. Il y aura ensuite une petite descente pour vous me retrouver sur le Barrage du Lac d’Emosson à 1932 m et jouir assurément d’un panorama exceptionnel ainsi que d’une magnifique vue sur le Mont Blanc.

Je débute l’ascension par une… descente longue de 1250 m. Puis je suis un peu surpris par une petite côte de 400 m à 4% car je ne l’avais pas bien notée lors de ma préparation. Une bifurcation se présente. Tout droit, on a la possibilité de poursuivre vers la Vallée du Trient et le Col de la Forclaz (pas celui situé en Haute-Savoie sur les hauteurs du Lac d’Annecy !).
Je tourne à gauche pour suivre la bonne direction vers le Lac d’Emosson. J’enchaîne avec une nouvelledescente de 750 m à 5% qui me guide vers le fond de la Vallée de l’Eau Noire. Je m’inquiète un peu de remonter tout cela lorsque je reviendrais sur mes roues un peu plus tard. Je pense déjà à passer au plan B pour le retour… nous verrons cela plus tard dans ce récit.



La descente s’achève sur un pont qui enjambe le Torrent de l’Eau Noire situé à une cinquantaine de mètres plus bas. Il a un aspect un petit peu particulier car la traversée finale se fait via un tunnel (30 m).
À la sortie de ce dernier, l’ascension débute vraiment. Si on enlève la première partie, elle sera hors norme jusqu’au Col de la Gueulaz : 10,7 km à 8,5% de moyenne !
Les choses commencent déjà un peu sérieusement avec une longue rampe de 1750 m à près de 6/6,5%. Ça me va bien, je peux monter tranquillement en température sur une route assez large et au revêtement parfait. Je ne m’enflamme pas car je sais que ça va être plus dure par la suite.
Je prends rapidement de la hauteur, ce qui me permet de profiter d’une sacrée vue plongeante vers le fond de la Vallée de l’Eau Noire mais aussi d’apercevoir des sommets et des glaciers qui surplombent la Vallée du Trient.
Cependant, c’est Finhaut que j’ai en ligne de mire. C’est un beau village de montagne marqué par l’histoire du tourisme de bien-être anglais y venant respirer son air de qualité. Il a aussi été marqué par le passage du Tour de France en 2016 lors de la 17e étape intégralement parcourue en Suisse (victoire du « douteux » coureur russe Ilnur Zakarin).



Un couple de cyclistes roulent en même temps que moi. Nous nous croiserons plusieurs fois au fur et à mesure de la montée au fil des pauses de chacun. Par contre, je veille à bien suivre mon rythme car par expérience, en suivre un autre ne m’a jamais trop bien convenu. Je reste dans ma bulle pour profiter à fond du moment et des paysages. Il m’est arrivé de grimper en compagnie de quelqu’un mais forcément ça papote (pas facile, ça coupe le souffle !), il faut se concentrer sur les écarts, et finalement on ne regarde pas les alentours. C’est pour cela que je suis très souvent un « solitaire ». De plus, comme je grimpe comme un escargot, je ne veux surtout pas faire le « boulet » !
Bon je ne suis pas un sauvage non plus ha ha ha, un petit salut, un sourire, « un comment ça va ? » ont été bien entendu échangés au cours de la montée.



J’arrive à Finhaut mais je ne vais pas traverser le village car la route le contourne dans un premier lacet. La pente en profite pour prendre du poil de la bête en passant à 7,5% sur les 1800 mètres suivants. Je me retrouve ainsi sur les hauteurs de Finhaut à 1304 m d’altitude.




Fini la rigolade, il reste 7,1 km à… 9% de moyenne ! Je passe en mode tempo bas diesel qui me convient bien et gravi patiemment les 4 lacets suivants. Par contre, il fait désormais bien chaud, même très chaud. Bon, je ne vais surtout pas m’en plaindre, je préfère cela à mon désastreux passage très humides dans les Alpes l’année précédente !
Et cette météo quasi au beau fixe me permet d’avoir des vues sublimes sur la Vallée de l’Eau Noire, la Vallée du Trient, les sommets et les glaciers environnants culminants à plus de 3000 m, voir plus avec sa Majesté le Mont Blanc et ses 4806 m !












Dans le dernier virage situé à 1791 m d’altitude, j’attaque le final et il sera terrible : 1,7 km à 10% de moyenne !!! Après avoir subit une pente implacable et la chaleur depuis Finhaut (5,4 km), ma barre de vie était bien basse. Il m’a fallut batailler durement dans ce final surtout dans les derniers hectomètres avec des passages dantesques à près de 12/13% !
Par contre, l’apparition magnifique du sommet du Grand Perron m’a donné du courage. J’arrive à grand peine mais fièrement au Col de la Gueulaz à 1965 m d’altitude, après avoir gravi un vaste parking situé sous ce dernier. Et ça en valait la peine car la récompense a été incroyable…





Avant de voir le Lac d’Emosson, je profite d’un incroyable panorama sur le Mont Blanc. Il y a aussi une petite attraction liée au lieu : une représentation presque grandeur nature d’un dinosaure et plus précisément du « Tyrannosaurus rex » !



Pourquoi un dinosaure au Lac d’Emosson ? Des empreintes datant de plus de 240 millions d’années ont été découvertes en 1976 au Vieux-Emosson (un second lac situé au-dessus du Lac d’Emosson). Il s’agit du gisement de ce type le plus connu en Europe.
Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, les traces correspondent à des reptiles primitifs appartenant aux groupes des Archosaures, notamment les Ticinosuchus (peut-être une brave bête mais que je n’aimerais pas croisé au détour d’un chemin !), parmi lesquels se trouvent les ancêtres des dinosaures et des crocodiles. Donc, rien à voir avec le fameux T-Rex ! Dans tous les cas, un sentier géologique long de 12 km permet de visiter ce site exceptionnel comportant près de 800 empreintes et situé à 2400 m d’altitude (5h de marche, il faut être motivé !).
Pour en savoir un peu plus, c’est sur cette page !



Il y a pas mal de monde ! À part le fameux bus jaune de la CarPostal (la plus grosse compagnie de bus en Suisse. Elle propose parfois des destinations folles dans les Alpes comme ici au Lac d’Emosson), je n’ai pourtant pas croisé beaucoup de voitures au cours de mon ascension… Les gens sont peut-être venus assez tôt ce matin pour profiter de la journée et surtout pour pouvoir faire les grosses randos offertes par l’impressionnante géographie des lieux qui tutoie les 3000 m d’altitude. Je verrais plus tard qu’il y avait aussi un autre moyen d’atteindre le Lac d’Emosson…

Barrage et Lac d’Emosson
Je ne vais pas faire demi-tour dans l’immédiat, c’est que j’ai plusieurs choses à découvrir ! D’abord le Lac d’Emosson et en faire une partie de son tour en empruntant son barrage. J’ai prévu aussi d’emprunter un peu plus tard un passage secret mais j’en parlerais un peu plus bas…
À gauche du Col de la Gueulaz, j’emprunte une route asphaltée interdite aux véhicules motorisés (sauf ceux de service) mais autorisée aux piétons et aux cyclistes. Une descente de 400 m à 8,5% (qu’il me faudra remonter au retour !) me guide vers le Barrage du Lac d’Emosson. La vue est saisissante avec ses 560 m de longueur et 180 m de hauteur !
À partir de là, je vais vous présenter beaucoup de photos car le site est exceptionnel. Profitez-en car il n’en existe pas beaucoup sur la toile !




Avec ses 225 million m3 d’eau, le lac d’Emosson est la 2e plus grande retenue artificielle de Suisse ! Construit entre 1969 et 1973, il est la clé de voûte d’un important et incroyable complexe hydroélectrique à cheval entre la Suisse et la France.
En effet, outre le fait qu’il est alimenté naturellement par les eaux des petits torrents alentours (ce qui n’est pas assez bien évidemment), il l’est artificiellement par celles… du Val Ferret, du massif du Mont-Blanc et des Aiguilles Rouges qui sont situés à l’opposé de la Vallée de l’Eau Noire !
Généralement, des stations de pompages situées près de 700 mètres plus bas font remonter de l’eau pour alimenter le lac ! Quand on y pense, l’homme peut construire des trucs dingues surtout dans le cadre des barrages.
Les anecdotes sont nombreuses sur le Barrage d’Emosson, je vous indique à consulter le superbe site de torpille.ch qui y expose tous les détails.
Dernière anecdote : je suis effectivement en Suisse mais en franchissant le Barrage d’Emosson, je ne suis qu’à quelques mètres de la frontière française !
Au terme de la descente, je me retrouve sur le barrage où je découvre véritablement le Lac d’Emosson. Il est magnifique avec ses eaux aux couleurs gris-vert. Je suis vraiment heureux d’avoir la chance de profiter de ce lieu exceptionnel !
Depuis le barrage qui est assez large, je peux déambuler d’un côté à l’autre pour admirer le lac ou la Vallée de l’Eau Noire. Normalement, il est interdit de rouler à vélo sur le barrage mais comme il n’y a pas trop de monde, je passe outre en avançant tout doucement car il est quand même assez long avec ses 560 mètres. Et comme je m’arrête tous les 50 mètres pour faire une pause photo, ce n’est pas si je représentais un vrai danger pour les promeneurs ha ha ha !









J’arrive au bout du barrage qui se trouve juste sous le sommet du Grand Perron. Mais je ne vais pas m’arrêter là car il y a une nouvelle route qui permet de poursuivre le long du Lac d’Emosson. Quasiment plate et asphaltée (avec des parties cimentées), je ne vais pas m’en priver !
Sur environ 2 km, je vais m’offrir une douce déambulation sur les bords du lac tout en profitant de merveilleuses vues sur les sommets environnants qui tutoient les 3000 m d’altitude.
Cette route est aussi la voie d’accès à un autre barrage et à un autre lac, celui du Vieux Emosson.




Au détour d’une courbe, j’aperçois le Barrage du Vieux Emosson. Situé à 2225 m d’altitude, sa situation est assez spectaculaire. Pour avoir étudier son ascension possible à vélo, je savais qu’il fallait plutôt faire de l’alpinisme ! En effet, il faut gravir 1250 m à… 17% (!!!) de moyenne pour atteindre d’abord la Cabane du Vieux Emosson situé au pied du barrage puis emprunter un sentier (à pied) sur 300 m à 16% de moyenne pour se hisser sur le barrage.
L’idée est forcément tentante mais je… décline ! À ce stade de la sortie où j’avais déjà réalisé pas mal d’efforts, je n’avais pas la force de réaliser « l’impossible » ! Il me fallait garder encore de l’énergie pour faire encore 2 « petits » trucs lors de cette sortie et surtout me préserver pour les 2 journées suivantes de mon Roadbike.
J’ai poursuivi jusqu’au premier lacet facile de l’ascension du Barrage du Vieux Emosson. La photo un peu plus bas mais quand j’ai vu le mur qui se dressait devant moi, je me suis presqu’enfuit en courant ha ha ha !




Terminus, il ne me reste plus qu’à faire demi-tour. Je reviens tranquillement vers le Barrage d’Emosson.




Après avoir retraversé le Barrage d’Emosson, j’ai bien sûr dû gravir la bonne rampe de 400 m à 8,5% pour atteindre le Col de la Gueulaz. Je jette encore un coup d’œil sur le barrage et le lac depuis l’esplanade qui le surplombe.


Je remarque un drôle de bâtiment autour duquel s’active pas mal de touristes. C’est la gare d’arrivée du VerticAlp Emosson, une ligne de chemin de fer qui, au départ du Châtelard (le hameau près de frontière franco-suisse), réalise une ascension verticale de 850 m à l’aide d’un funiculaire, d’un petit train panoramique et d’un mini-funiculaire (ouf !).
C’est effectivement par ce moyen que pas mal de monde accède au Lac d’Emosson. Très sympa la balade mais il faut avoir un porte-feuille assez garni (le tourisme est assez cher en Suisse) car il vous en coûtera 46 francs suisses (tarif adulte, 50 euros) pour un aller-retour. Pour tout savoir, c’est ici.



Route secrète !
Je vais passer à la seconde partie de l’exploration du Lac d’Emosson : la découverte de sa route secrète ! Je retourne vers le Col de la Gueulaz, me laisse glisser quelques mètres en direction du parking et me pointe à son point d’accès situé sur la gauche… qui consiste par l’entrée d’un… tunnel !
Long de 700 m et en courbe, il va me guider vers l’autre versant du Lac d’Emosson. J’avais noté dans mes recherches qu’il était éclairé. J’avais quand même prévu un éclairage avant en prévision du passage du tunnel s’il n’était pas éclairé…
Quelques touristes et randonneurs pénètrent dans le tunnel. Je me présente à l’entrée… mais c’est un vrai four là-dedans ! Le fameux éclairage consiste en quelques ampoules blafardes distantes de 100 m. Et il fait un froid de canard, incroyable la différence de température avec l’extérieur ! J’enfile un coupe vent pour ne pas attraper la crève et je commence à rouler dans le tunnel.
Au bout d’à peine 50 mètres, l’obscurité étant trop présente et me faisant perdre mes repères, je suis obligé de m’arrêter. Impossible de poursuivre à vélo, ma lumière n’est pas suffisante (c’est ma lampe de vélotaf), je risque de chuter. Il ne me reste plus qu’à continuer à pied. La pente est légèrement ascendante.
Quand on traverse un tunnel de ce genre (le plafond n’est pas haut et la largeur est équivalente à un véhicule), l’ambiance est toujours spéciale : humidité, fraîcheur, trous sombres de part et d’autre de la galerie où l’on ne distingue rien, pas qui résonnent, bruits étouffés, accentuent cet effet d’être totalement coupé du monde et de faire remonter quelques peurs d’être bloqué ou d’avoir affaire à une éventuelle horde de chauve-souris !
Au bout d’un moment qui m’a semblé long (le temps semble s’étirer lorsque l’on est plongé dans l’obscurité et on marche toujours bizarrement avec des chaussures à cales), je finis par voir enfin la sortie.



Content de retrouver la lumière et la chaleur, je peux profiter de vues sur le Barrage et le Lac d’Emosson sous de nouveaux angles. Je poursuis mon chemin sur la route secrète durant 2,3 km. Cette dernière ondule le long du versant Est du lac. Pas de difficultés majeures, c’est une succession de faux plats montants et descendants sur une route correctement entretenue.
Mais au fait, à quoi sert cette route ?
Sûrement à aller au premier barrage du Lac d’Emosson, celui de Barberine, mis en service en 1925. En 1972, la construction du Barrage d’Emosson en aval a noyé le Barrage de Barberine sous les eaux du Lac d’Emosson. Encore un fait extraordinaire car ce dernier est resté en l’état !





Un nouveau tunnel se présente. Toujours taillé dans la roche, il est beaucoup plus court (env. 50 m) et je peux le franchir sans problème sur le vélo.



J’arrive au bout de la route secrète qui est un cul de sac qui se termine devant un collecteur. Je prends quelques ultimes photos tellement tout est beau. Mon exploration est terminée, il ne me reste plus qu’à revenir tranquillement sur mes roues (et à pied dans le tunnel !) jusqu’au Col de la Gueulaz.





Retour au Châtelard
De retour au Col de la Gueulaz, je fais une dernière pause pour boire de l’eau fraîche trouvée dans les toilettes toutes proches. Je dis adieu à ce merveilleux endroit et file dans la descente. Je reste concentré car la pente est forte.
À l’entrée de Finhaut, je décide de ne pas descendre par la route par laquelle je suis montée… mais plutôt par une nouvelle route secrète ! En effet, il y a un autre accès possible qui relie Le Châtelard à Finhaut. Elle a été construite pour pouvoir relier Giétroz, un petit village intermédiaire. Sauf qu’elle est très peu utilisée et j’étais très curieux de découvrir pourquoi. Quoi qu’en étudiant son profil, je devinais un peu pourquoi : une portion de 1,5 km proposait une pente moyenne de près de 13%…
La descente n’a pas été de tout repos ! D’abord une descente très abrupte m’a guidée au bas de Finhaut suivie d’une… remontée ! Durant 1,5 km, il m’a fallut fournir de nouveaux efforts et encore plus dans une portion de 500 m à… 11,5% ! Ouf, j’ai franchi sans trop de dommage l’obstacle même si je m’en serais bien passé ! J’ai pu reprendre plus tranquillement le sens descendant en direction de Giétroz par un long faux plat descendant.
Je ne passe pas par ce dernier car j’ai bifurqué directement en direction du Châtelard. Et là, je me retrouve sur une route très étroite plongeant vertigineusement dans le fond de la vallée. Le revêtement est assez médiocre et je suis sur les freins, la pente atteignant les 14% sur près de près de 1000 mètres ! Un truc de dingue que je suis content de n’avoir pas gravi… cela m’a rappelé le Col des Glières que j’ai grimpé en 2021.




Au terme de cette éprouvante descente, je fais un ultime détour pour voir à quoi ressemble Le Châtelard. Absolument rien de notable car il abrite essentiellement un grand réservoir lié au Barrage d’Emosson et la gare qui dessert à la fois le Mont-Blanc Express et le funiculaire du VerticAlp Emosson.

J’en termine enfin avec cette sortie en me laissant glisser jusqu’à ma voiture située à la frontière franco-suisse. Quelle sortie tout de même, une de mes plus belles ! Courte avec 51,3 km mais un D+ assez conséquent de 1461 m. Mais surtout des vues incroyables et un décor somptueux au Barrage et Lac d’Emosson, le tout en mode exploration tranquille que j’apprécie énormément. Avec l’excellente sortie de la veille, pour l’instant mon séjour est parfait !
Par contre, il est prêt de 15h, j’ai bien faim mais pas question de manger au Châtelard qui est devenu un vrai four sans un coin d’ombre. Je reprends ma voiture et me dirige vers le Col de la Forclaz à la recherche d’un coin plus propice à mon pique-nique. Je ne m’arrête pas au Col de la Forclaz (1528 m) qui est bondé de touristes et qui ne propose pas d’endroit où se poser tranquillement. Par contre, dans la descente en direction de Martigny, je déniche un parking ombragé avec une superbe vue sur la Vallée du Rhône. Je pose ma table de camping, m’ouvre une conserve de salade pâtes-thon et déguste un coca bien frais… En voilà un pique-nique royal !

L’estomac rassasié, je file jusqu’à Martigny pour prendre possession de mon emplacement au Camping de Martigny. Je le reconnais vaguement après y avoir séjourné brièvement en 2009, il y a 16 ans, lorsque j’avais réalisé un roadbike de 4 jours avec les ascensions des Col de la Forclaz, du Grand Saint-Bernard, de la Colombière et de Joux-Plane.
Les sanitaires sont nickels mais ma place est en plein soleil, les rares emplacements ombragés étant réservés au campeurs randonneurs. Il fait très chaud. Je me rafraîchi avec une bonne douche puis place à la récupération avec une sieste à l’ombre d’un arbuste.
Le soir, j’admire les magnifiques sommets qui dominent à près de 3000 m d’altitude la Vallée du Rhône tout en pensant à demain où m’attend encore une sacrée ascension avec celle du Col de Sanetsch (2252 m)…
- Sortie n°1 : Col de l’Avernaz – 1234 m / Ajon – 1408 m / Col de Terramont – 1098 m / Col du Perret – 963 m / Col du Ludran – 938 m > Lire le récit
- Sortie n°2 : Col des Montets – 1461 m / Col de la Gueulaz – 1965 m (Lac d’Emosson) > Lire le récit
- Sortie n°3 : Col du Sanetsch – 2252 m > Lire le récit (à venir)
- Sortie n°4 : Pas de Morgins – 1369 m > Lire le récit (à venir)
- Sortie n°5 : Col de Bassachaux – 1783 m > Lire le récit (à venir)