Alpes – Sortie n°2

Col de Montessuit – Col du Pré
Cormet de Roselend – Lac de la Gittaz
Vue 4 étoiles sur le Lac de Roselend depuis le Col du Pré.

Samedi 16 juin 2018 / Distance 90 km / D+ 2534 m / 6h40

Après une bonne nuit de sommeil, je me sens d’attaque pour une seconde grosse journée avec le Col de Montessuit, le Col du Pré, le Cormet de Roselend et le Lac de la Gittaz au programme. J’ai d’ailleurs un peu modifié ce dernier : je devais grimper le Col de Montessuit en dernier mais vu la méforme d’hier et la vision de l’abominable rampe (640 m à 9,5%), repérée la veille, qui démarre depuis la Vallée du Doron, j’ai préféré le placer en début de sortie avec toutes mes forces vives !

Par contre, un gros point me tiquait pour la phase retour avec la route barrée entre Beaufort et le Col de Méraillet que je devais normalement redescendre… En effet, j’avais noté ce point la veille en débutant la montée du Col du Joly à la sortie de Beaufort. Il était indiqué qu’une coulée de boue avait coupé la route au niveau des Îles. Une déviation avait été mise en place et consistait à faire ceci : depuis le Col du Méraillet, descendre 9,7 km jusqu’à une intersection. Ici, mise en place de la déviation via une toute petite route qui passe par le Moulin du Pont puis une suite de petits hameaux répartis entre les Villes dessous et les Villes dessus. Cette petite route débouche au niveau des Combettes sur la D70 juste au-dessus de Beaufort. OK, le détour est envisageable mais… c’est qu’il fallait se coltiner une ascension supplémentaire de 3,2 km à 7% de moyenne !

Dans mon esprit, c’était faire mon programme puis retour descente pépère jusqu’à la casa… mais avec ma défaillance d’hier et une nouvelle sortie prévue demain (Col de la Madeleine), je visais plutôt le mode « moins j’en fais, mieux je me porte »… bon je choisis comme plan de passer outre l’interdiction de la route barrée puis de voir sur place si je pourrais franchir l’obstacle…

Col de Montessuit – 640 m

Le soleil est au rendez-vous et les nuages sont beaucoup moins présents que la veille, je vais pouvoir profiter un peu mieux des sommets ! La température est agréable – entre 25 et 26°C. Dès le départ (9h), j’emprunte la piste cyclable idéalement placée la sortie du camping. Elle longe l’Arly et va me mener assez rapidement, tout en me permettant de m’échauffer, au pied de ma première ascension : le Col de Montessuit. Courte avec seulement 3,6 km mais assez difficile puisqu’il faudra grimper 282 m de D+ à 8% de moyenne.

Profil du Col de Montessuit
Piste cyclable le long de l’Arly, le Mont Charvin est bien visible aujourd’hui.
La piste cyclable se termine à côté de la centrale électrique de Doron.
Juste à côté de la centrale débute l’ascension du Col de Montessuit.

La déclivité est soutenue dès les premiers hectomètres – 610 m à 7%. Je fais un premier chech-up : jambes – OK, le reste – OK, moral – très bon, humeur – heureux… c’est parfait, je ne me ressens pas trop de la fatigue de la veille mais je décide de rouler en dedans toute la journée car j’avais encore à l’esprit les crampes que j’ai eues hier et je ne voulais pas être confronté à nouveau à cette mauvaise situation.

Une jolie maison située dans la première épingle appelée le Château !

J’enchaîne 3 lacets et même si la pente s’accentue encore avec 815 m à 9%, j’atteins tranquillement Césarches. Le cadre est vraiment agréable, très peu de circulation ce matin-là. Juste à la sortie de Césarches, je m’offre un beau point de vue sur une autre vallée, celle de l’Isère. Jusqu’à l’épingle suivante, je poursuis mon effort avec 530 m à 8,5%. 

Une belle vue sur le Mont Charvin.
J’arrive tranquillement à Césarches.
Un abri bus avec une déco sympatique !
Il reste encore des sommets enneigés du côté de la Vallée de l’Isère.
Depuis Césarches, on aperçoit Albertville.
Un panorama entre Vallée de l’Isère et quelques sommets du Massif des Bauges.

Durant le kilomètre suivant, la route se fait un peu plus étroite avec une pente toujours soutenue à 7,5% mais sous un couvert forestier qui propose une fraîcheur bienfaitrice. Encore une épingle, c’est la dernière et elle annonce le final : 590 m à 7% avec le passage par le charmant petit hameau de Prazier. Juste à la sortie de ce dernier, je franchis le Col de Montesuit – 640 m – au niveau du croisement avec la petite route qui mène au hameau du même nom. Je fais une petite pause photo / pâte de fruit. J’apprécie le coin super tranquille et le joli décor champêtre.

Je me félicite de mon choix, avec la fraîcheur, j’ai grimpé sans encombres et par son plus beau versant ce col à l’altitude modeste mais au pourcentage assez sérieux avec ses 8%. Vous me direz que j’ai peut-être grillé quelques cartouches pour la suite avec le Col du Pré et le Cormet de Roselend… peut-être… mais selon mon expérience, même fatigué je peux trouver un rythme sur de longues ascensions tandis qu’un petit col coriace comme celui de Montessuit peut se transformer en calvaire en fin de sortie !

Après Césarches, route un peu plus étroite et pente à 7,5%.
Le dernier lacet de cette ascension.
J’arrive à Prazier, l’ascension est presque terminée.
La route qui mène à Montessuit, mais ne pas y aller, le col est juste à cet endroit là.
Vue sur la Dent de Cons (Massif des Bauges) depuis le Col de Montessuit.
Petit panneau du col pas tout à fait au bon endroit.
Décor champêtre à cette altitude, normal on est à 640 m.

J’entame la descente du versant opposé. C’est rapide – 1,9 km – et presqu’aussi pentu que le versant que je viens de monter avec 7,5% de moyenne. Comme je l’avais vu la veille, j’ai pu constater la déclivité de la première rampe : 640 m à 9,5% ! Là, plus aucun regret de ne pas avoir placé cette montée en fin de parcours !

La fin de l’ascension côté Vallée du Doron.
La début de l’ascension côté Vallée du Doron.

Je me retrouve dans la Vallée du Doron. Je n’ai plus qu’à la remonter sur la D925 jusqu’à Beaufort. Je commence à connaître cette route assez large qui permet de partager tranquillement la chaussée avec les voitures et les camions. Pour cette partie, c’est un long faux-plat montant ponctué de quelques coups de cul comme ceux après Queige et avant Villard-sur-Doron. Effectivement, si on met gros, on peut y perdre d’autres cartouches, donc j’ai tourné les jambes peinard tout en profitant du décor avec à ma droite, la Roche Pourrie où se trouve le Col des Cyclotouristes que j’ai grimpé la veille, et à ma gauche, le Signal de Bisanne où se trouve les ascensions de Bisanne et du Col des Saisies.

Après Villard-sur-Doron, on aperçoit très bien le spectaculaire Défilé d’Entreroches et tout au fond, le sommet enneigé de l’Aiguille du Grand Fond (2920 m) où, à son pied, se trouve le point le plus haut de mon ascension prévue ce jour avec le Cormet de Roselend à 1968 m d’altitude. Mais pour cela, il me faut d’abord passer par le Col du Pré.

On retombe sur la D925 dans la Vallée du Doron.
Un agréable replat au niveau des Vernets.
Villard-sur-Doron.
Le Doron doit se faufiler à travers le spectaculaire Défilé d’Entreroches.
Le pied de l’ascension du Col des Saisies.
Col du Pré – 1703 m

Pour la seconde fois en 2 jours, je passe à Beaufort. Je remarque que les panneaux pour le Col de Méraillet et le Cormet de Roselend indiquent toujours qu’ils sont fermés. C’est un signe que la déviation, citée en début de ce récit, est toujours en place. Je ne me prends pas la tête, j’aviserais sur place… Pour l’instant, je me concentre sur ma seconde ascension du jour : le Col du Pré – 1703 m – 12,2 km à 8% de moyenne… encore un sacré client !

Un profil qui fait peur !

Je cherche une fontaine pour faire le niveau, ne voulant pas faire la même erreur qu’hier (j’ai aussi embarqué 4 pâtes de fruit et 4 barres de céréales !). Il n’y en a pas sur la petite place qui se trouve au centre du village… mais heureusement, j’en trouve une belle qui se trouve au bord de la route à droite juste après l’église dans les premiers mètres de l’ascension en direction d’Arêches.

Beaufort.
Depuis Beaufort, on distingue très bien le Signal de Bisanne.
Pont enjambant le Doron à Beaufort.
La fameuse fontaine juste après l’église. Eau fraîche et potable garantie !

La route s’élève assez vite au-dessus de Beaufort. Normal, on commence avec 1,3 km à 6,5% puis 730 m à 7,5% répartis sur plusieurs lacets qui permettent de répartir l’effort. Puis la route devient rectiligne, c’est dans ce passage de 825 m à 8% qu’il faudra faire chauffer un peu la machine mais pas trop parce qu’après Arêches… la pente s’adoucit un peu jusqu’à la Praz – 750 m à 6,5% – ça fait du bien d’autant qu’un replat se présente par la suite avec 925 m à 4,5% suivi d’une légère descente, c’est encore bon à prendre parce qu’après Arêches… Dans cette première partie de l’ascension, je me suis régalé au niveau du décor que cette très belle Vallée du Torrent de l’Argentine m’a offert. J’ai pu admirer les sommets enneigés du Mont Mirantin (2460 m) et de la Pointe de la Grande Journée (2450 m).

La route passe à proximité du Défilé d’Entreroches.
Superbe panorama côté Beaufort. C’est sur ces pentes que se situent les montées de Bisanne, du Col des Saisies et du Col du Joly.
Lacet au-dessus de Beaufort.
Vue sur les sommets enneigés depuis le Praz.
La Vallée du Torrent de l’Argentine.
Une autre vallée qui mène au Cormet d’Arêches.
Dernier replat à Arêches…

Arêches, (quel chance ont ceux qui habitent là !) tiens on y est… ah mince… c’est qu’après… on ne rigole plus ! Voici ce qui m’attend : 7,3 km avec 1,5 km à 8% pour commencer et pour finir… 5,8 km à 9,5% de moyenne !!! Je passe en mode diesel de chez diesel et roule en dedans de chez dedans ayant en tête la peur de me choper des crampes comme dans la journée d’hier.

C’est parti pour 7,3 km sur une pente moyenne comprise 8 et 9,5% !

Je commence à enchaîner les lacets, la route sur près d’un kilomètre a été entièrement refaite pour faciliter le passage inédit du Tour de France dans ce col prévu cet été. Tout au long de l’ascension, le paysage est magnifique, sous les sommets enneigés, on peut voir les prolongements des vallons qui grimpent d’une part, vers la Station du Planay et d’autre part,  vers le Lac de St-Guérin. D’ailleurs, le premier kilomètre et demi que je viens de grimper après Arêches est commun avec l’ascension vers ce dernier. Au-delà, avec un VTT on peut poursuivre jusqu’au Cormet d’Arêches (2108 m), encore un col que je rêve de faire une autre fois…

Asphalte refait à neuf à la sortie d’Arêches…
… mais pas jusqu’au sommet !

Un petit carrefour me fait laisser la D218D pour prendre à gauche la route du Col du Pré et de Boudin. À partir d’ici, elle va devenir assez étroite mais de bonne qualité et surtout accuser une pente moyenne de 9,5% sur 5,8 km ! C’est tellement hard que les camping-cars sont invités à ne pouvoir grimper que jusqu’à Boudin (encore heureux !).

À gauche toute ! Pareil pour le plateau et les pignons !
Route étroite mais le revêtement est correct.
Les lacets commencent à s’empiler.

Les lacets s’empilent, je distingue un cyclo qui me rattrape, me double puis quelques mètres après se retourne… c’est que nous nous sommes croisés hier ! Nous nous étions échangés quelques mots sympathiques à l’entrée de Beaufort (où il a la chance d’habiter). Il m’avait dit qu’il n’était pas un grimpeur. Je lui fais remarquer qu’aujourd’hui, il avançait super bien. Il me répond en rigolant qu’il a fallu qu’il s’adapte à la géographie locale ! En arrivant à Boudin, il m’indique où se trouve le Col du Pré (ouh la la, c’est encore haut !), me donne quelques petits tuyaux dont le fait que je pourrais profiter d’un replat un peu plus haut. Ben, il s’était vachement adapter parce que je n’en n’ai pas vu la couleur !

Un cyclo me rattrape…
… et me dépasse juste avant Boudin.

Dans tous les cas, je l’invite gentiment à poursuivre sans moi car j’ai une allure d’escargot et qu’il risquait de tomber en dépression avec un cyclo comme moi ! Bon vent l’ami. Il faut savoir que j’aime faire aussi quelques arrêts photo pour mettre en valeur mes récits sur mes blogs. Et il ne faut pas les rater car je n’aurais pas beaucoup d’occasion de revenir sur ces pentes. De plus, il faut que j’en garde un max sous la pédale de peur de me choper une crampe comme la veille et de garder des forces pour la suite de la journée et celle de demain.

Quel décor !
Les lacets menant au Lac de St-Guérin.

La pente est infernale – entre 9 et 10% – et ne laisse aucun répit. Il commence à faire bien chaud sur ces rampes exposées plein sud. Je fais attention à boire régulièrement tout en guettant le moindre signe qui annoncerait un début de crampe. Cela m’aura bien embêté cette histoire et ne m’aura pas laisser l’esprit tranquille ce jour et celui de demain… Mon nouveau vélo et son petit plateau de 34, au lieu du 30 que j’avais auparavant, m’oblige à plus d’effort et moins de souplesse dans mon pédalage… à la réflexion (près de 3 mois se sont écoulés à l’heure où j’écris ces lignes), je pense que mon corps doit s’adapter à cette nouvelle mécanique et cela se fera à la longue… on fera le bilan en 2019.

Pente infernale entre 9 et 10% !
Le dernier lacet…

Je négocie un dernier lacet. Qu’il est long, la carcasse tient le coup mais je ne suis pas mécontent de voir apparaître au niveau des Tours, la fin du Col  du Pré qui a sûrement donné son nom à ce dernier car le décor propose de magnifiques prés ! Il y a aussi un énorme rocher qui a atterri on ne sait comment au milieu de l’un d’eux. Un dernier coup d’œil sur les superbes paysages côté sud tout en grimpant les derniers hectomètres qui resteront pentus jusqu’au sommet que l’on n’aperçoit pas. Ce dernier point fait que l’on débouche soudainement dans un virage à gauche au Col du Pré à 1703 m d’altitude.

Les Tours, joli coin…
… et c’est bientôt (enfin) la fin de cette ascension !
Un coup d’œil à droite…
… un autre en arrière…
… puis un dernier sur les sommets enneigés. J’adore !
Les derniers hectomètres du Col du Pré.
Col du Pré – 1703 m. Un col qui m’en a bien fait bavé.
Col du Pré > Barrage de Roselend > Col de Méraillet
Ce ne sera pas tout à fait plat !

Je fais une petite pause bien méritée. J’en profite aussi pour refaire le niveau auprès d’une fontaine qui se trouve juste au bord du parking. Mmmmh, une eau claire et fraîche y coule. C’est reparti avec… une montée ! Et oui, c’est un peu le piège de ce col (le cyclo rencontré un peu plus tôt m’avait prévenu) ! Ça va, c’est pas cette petite rampe de 270 m à 8% qui va m’arrêter après m’être farci près de 6 km à 9,5% de moyenne !

Puis la route s’aplanit avec 465 m à 2% jusqu’à la borne du Chrono officiel de la montée du Col du Pré. Elle affiche une altitude de 1748 m, chiffre fantaisiste car d’après mes calculs et Géoportail, c’est plutôt 1735 m. Depuis ce point, s’il on est équipé d’un VTT, il possible d’aller jusqu’au Passage de la Charmette à 2058 m( 4,6 km à 7%). S’offrir un « 2000 » est tentant mais avec le vélo de route, ce ne sera pas au programme pour cette fois-ci.

Le Col du Pré. On peut voir que la montée continue un peu sur la droite.
Les premiers contreforts du Massif du Mont Blanc apparaissent.
Le sommet du chrono officiel. Pour moi, l’altitude est fausse, c’est plutôt 1735 m.
À droite la piste qui mène au Passage de la Charmette sous le regard de l’Aiguille du Grand Fond (2920 m).

À partir de la borne, la route amorce une descente qui va me mener au Lac de Roselend et son barrage. Autant vous dire que je m’en prends plein les mirettes, le décor est fantastique ! Je vous laisse juger avec les photos ci-dessous… Notez qu’il possible de voir le Mont Blanc mais comme à son habitude de tout le week-end, il est resté caché dans les nuages…

Merveilleux décor champêtre. Le Lac de Roselend se dévoile…
Une des plus belles vues des Alpes !
Descente du Col du Pré vers le Lac de Roselend.
Le Barrage de Roselend. À droite, on distingue le passage vers le Cormet de Roselend.

La descente est rapide et me dépose sur le Barrage de Roselend, ouvrage gigantesque – 150 m de haut) sur lequel je peux rouler sur une longueur de 804 m ! Bien sûr, c’est un balcon formidable pour admirer les eaux turquoises du Lac de Roselend.

Je vais traverser le barrage…
L’envers du barrage, 150 m plus bas la Route des Tines.
Le barrage s’appuie en partie sur le Méraillet (1709 m).
Sur le barrage, en face, le Rocher du Vent (2360 m).
En jetant un coup d’œil en arrière, on peut voir le versant Nord du Col du Pré.
J’arrive au bout du barrage.
L’envers du barrage. On distingue bien sa voûte à double courbure.

À la sortie du barrage, la route se redresse et il faut rechauffer immédiatement le moteur avec 200 m à 8%. Puis c’est très irrégulier en direction du Col du Méraillet – 1605 m – avec une jolie surprise juste avant le col : un petit raidillon qui pique bien les cuisses avec 175 m à… 12% ! Je suis bien content de mettre ce col dans ma besace car lorsque j’avais grimpé le Cormet de Roselend depuis Bourg-St-Maurice en 2008 (10 ans déjà !), j’étais seulement redescendu au niveau du lac. N’étant pas attiré à l’époque par la chasse aux cols, je l’avais ignoré pour 2 kilomètres !

Petite rampe de 200 m à 8% à la sortie du barrage.
Un nouveau col pour pas trop cher.
Col de Méraillet – 1605 m – vue en direction de Beaufort.
Col de Méraillet – 1605 m – vue en direction du Lac de Roselend.
Cormet de Roselend – 1967 m

Je ne traîne pas trop, je suis pressé d’attaquer la quatrième partie de ma randonnée avec l’ascension du Cormet de Roselend. Depuis le Col de Méraillet, il n’y a que 8 km avec seulement 5,8 km de montée effective, une formalité sur le papier mais il y a des fois où cela ne se passe pas comme prévu… En débutant cette nouvelle ascension, je me remémore celle que j’avais réalisée 10 ans auparavant depuis Bourg-St-Maurice, que de chemin parcouru depuis… je reconnais bien les lieux car j’étais descendu jusqu’au niveau du lac puis remonté jusqu’au Cormet de Roselend pour le plaisir.

Je vais grimper à partir du Col de Méraillet.

Je commence par faire le tour du lac. Jusqu’aux Lanches et la célèbre Chapelle de Roselend, déplacée et reconstruite lors de ma mise en au du lac en 1962, c’est quasiment plat. Suit une petite descente de 1,2 km jusqu’au pont qui enjambe le Nant des Lautarets. Jusque là, aucun effort à fournir.

La route du Cormet de Roselend va se faufiler entre le Rocher du Vent (à gauche) et le Roc du Biolley (à droite).
Vue sur le Lac de Roselend depuis les Lanches.
La célèbre Chapelle de Roselend.
Le Rocher du Vent (2360 m).

Après le passage du pont, je débute l’ascension à proprement dite. Les cuisses se plaignent un peu avec une jolie rampe de 450 m à 8,5%. Bon, pas trop grave car il y a 2 énormes lacets moins soutenus – 1,1 km à 6% – qui permettent de se gaver de vues sensationnelles sur le lac. Il y a aussi une superbe cascade qui vient se jeter juste au-dessus d’un lacet, quel spectacle !

Le Lac de Roselend qui, en 1962, a englouti le village d’alpage du même nom.
On distingue bien les 2 cols que j’ai franchi peu de temps auparavant.
Cascade juste au-dessus d’un lacet.

Après la cascade, la route file droit vers l’étroit passage entre le Rocher du Vent et le Roc de Biolley, sauf que l’on passe à 8% sur 1,6 km jusqu’au Refuge du Plan de la Lai. Deux cyclos me doublent à vive allure, m’encouragent et m’annoncent qu’il ne reste plus grand chose. C’est que je n’avance vraiment pas vite, je prends un coup au moral et je connais subitement une grosse baisse de régime. Malgré moi, je traîne ma peine jusqu’au Refuge du Plan de la Lai, poursuis jusqu’au pont de pierre sous lequel se déverse le furieux Ruisseau de l’Aspire et stoppe ! Pas de crampe mais je crois que je me suis chopé une bonne fringale. Encore un trou d’air dans ce week-end, décidément… j’ai du mal avec les gros enchaînements, il faudra que je revois ça les prochaines fois en prévoyant notamment un casse-croûte qui sera plus conséquent que mes barres de céréales.

Je fais une bonne pause tout en appréciant les embruns rafraîchissants du Ruisseau de l’Aspire qui a pris la forme d’un gros torrent avec la fonte des neiges. Je retrouve mes esprits et reprends ma route.

Le fameux passage entre le Rocher du Vent et le Roc de Biolley.
La pression de la montagne et des travaux ont mis à mal la route qui est assez dégradée.
En arrivant au Refuge du Plan de la Lai.
Un peu plus haut, vue splendide sur le Plan de la Lai.
Bon sang, quel fabuleux décor entre minéral et alpages !

Ça va mieux, encore quelques hectomètres à 7% puis la pente décline peu à peu en passant de 5% à 4% durant les 1600 derniers mètres. Je tombe même quelques dents à l’approche du sommet. Hop, ça y est je franchis pour la seconde fois (10 ans après) le Cormet de Roselend à 1967 m d’altitude. Je pense que j’y reviendrais un jour car il me manque encore le versant depuis Beaufort via le Col de Méraillet.

Malgré ma nouvelle méforme, je suis très heureux d’avoir gravi un deuxième « 1900 » en 2 jours avec le Col du Joly grimpé la veille. Photos souvenirs, une pâte de fruits, je ne m’attarde pas trop car de nombreux nuages chargés de pluie se sont accumulés sur les sommets environnants, pas envie de me faire saucer, je file !

Replat et sommet du col en vue.
Des travaux d’adduction d’eau gâchent un peu le paysage.
Il reste encore quelques névés…
… j’en profite pour faire une photo inédite !
Arrivée au Cormet de Roselend.
Mon second passage, 10 ans après !
Les derniers mètres du versant Bourg-St-Maurice.
Sommets enneigés avec l’Aiguille du Grand Fond (2920 m).
Lac de la Gittaz

Je redescends jusqu’au Col de Méraillet. Depuis là, je vais m’offrir un petit détour au Lac de la Gittaz. Sur le papier, ça a l’air facile : altitude de départ – 1579 m – et d’arrivée – 1576 m – quasiment identique. Sauf que je n’ai pas bien étudié le profil…

Il faut d’abord descendre le Col de Méraillet sur 475 m et prendre la petite route direction Lac de la Gittaz. Évidemment c’est d’abord une montée qui m’attend avec 1 km à 6,5% quand même ! La route est étroite mais en bon état, c’est super tranquille, je n’ai croisé aucune voiture. Ambiance sauvage au programme bien sûr d’autant que dans la descente (qu’il va falloir remonter…) vers le Lac de la Gittaz, il y a un tunnel creusé dans la roche à franchir… il fait environ 100 m, n’est pas éclairé et il fait noir comme un four à son entrée. C’est bien humide et dans mon esprit, des centaines, voir des milliers de chauves-souris doivent être tapies au plafond, brrrr, on s’en ferait tout un cinéma ! J’avais prévu un éclairage mais il ne m’a finalement pas servi à grand chose car une fois passé le coude, la lumière de la sortie apparaît assez clairement.

Petite route direction le Lac de la Gittaz.
L’entrée du tunnel, il y fait noir comme dans un four…

Une fois le tunnel franchi, je poursuis la descente qui est rapide et atterris au-dessus du Lac de la Gittaz. C’est magnifique, ça valait le coup de faire ce petit effort supplémentaire d’autant que la forme est revenue. Il y a un belvédère qui permet d’admirer le décor juste au-dessus du barrage (dans la région du Beaufortin, c’est encore un lac artificiel avec ceux de Roselend, de la Girotte et de St-Guérin, tous reliés ensemble).

Lac de la Gittaz, encore un magnifique décor.
Un belvédère avec un panneau très instructif.
Hauteur du barrage : 65 m.
Une piste mène au petit Vallon du Torrent de la Gittaz.
La barrage a été mis en service en 1967. Les escaliers de services sont d’époque.

Je descends jusqu’au niveau du lac, l’asphalte prend fin et fait place à une piste qui se dirige vers le Vallon du Torrent de la Gittaz. Demi-tour, il me faut remonter dans un premier  temps un court mais raidillon – environ 150 m à 10/12% – jusqu’au belvédère. Puis ce sera au total un nouveau kilomètre à 6,5% en repassant par le tunnel. J’en ai oublié ce nouvel effort car j’étais très content d’avoir découvert ce petit coin secret des Alpes.

L’autre côté du tunnel lors de ma remontée.
Ambiance sauvage avec de multiples cascades qui proviennent du Lac de la Girotte.
Retour à Albertville

Je retombe sur route du Col de Méraillet, c’est parti pour une belle descente jusqu’à Beaufort… ou pas ! Rappelez-vous, j’évoquais en début de cet article, le fait que route était coupée au niveau du Défilé d’Entreroches et donc la possibilité d’emprunter la déviation mise en place via les Villes dessus.

L’un des lacets du Col de Méraillet.
Vue vers le Défilé d’Entreroches et Beaufort.

Je m’éclate dans la descente tout en restant prudent car la pente est à 8% et les longs lacets laissent l’occasion de prendre une vitesse vertigineuse. J’arrive à la déviation, pas de miracle, la route est toujours coupée. Je prends rapidement une décision : je passe outre, mon corps refusant de se coltiner une ascension supplémentaire via les Villes dessus – 3,2 km avec des pentes comprises entre 6,5 et 8% -, et ayant aperçu des traces de vélo passants par la route coupée (qui était assez poussiéreuse).

Je ne prenais pas de gros risques, sachant qu’il n’y aurait sûrement pas de travaux en cours, étant samedi. J’arrive sur le chantier au niveau des Chalets des Îles. Une pelleteuse barre l’accès mais on peut se faufiler sans problème sur le côté. La route est très poussiéreuse mais dégagée. Je peux voir les dégâts qu’un ruisseau a fait en se transformant en une énorme coulée de boue, suite aux violents orages qui ont eu lieu fin mai début juin, qui a traversé la route pour se jeter plus bas dans le Doron. Les chalets ont été miraculeusement épargnés mais le chantier est vaste car le coin est entièrement refaçonné pour faciliter l’écoulement du ruisseau qui peut donc devenir un énorme torrent.

Une autre pelleteuse barre la fin du chantier, 50 cm juste à côté du godet sont suffisants pour se faufiler. Voilà une bonne opération, c’est l’esprit tranquille que je peux filer vers Beaufort tout en passant dans le Défilé d’Entreroches.

Route coupée !
Le chantier. C’est un ruisseau qui s’est transformé en une énorme coulée de boue suite à de violents orages.
Fin de la route coupée au niveau des chalets des Îles.

Je déboule à Beaufort avec une idée en tête : ramener à la maison en souvenir son fameux fromage du même nom. À la coopérative laitière, je débusque un distributeur automatique parfait pour assouvir mon souhait !

Puis c’est retour tranquille jusqu’à Albertville par la Vallée du Doron que je connais bien désormais. Je pense à la bonne douche qui m’attend et au petit festin que je vais m’avaler pour récompenser cette très belle sortie de 90 km et 2534 m de D+. Et surtout se reposer pour la dernière étape de ce week-end avec l’ascension du Col de la Madeleine.

Distributeur automatique de Beaufort !

6 réflexions au sujet de « Alpes – Sortie n°2 »

  1. Tres beau compte rendu de cette belle sortie avec de magnifiques photos!!! Merci de nous faire partager ces incroyables paysages que sont les Alpes!

  2. Superbe sortie Joris !! 🙂 Un plaisir à lire !! Beau reportage !! (à part ton fromage de la fin xD )

    Et bravo pour tes 10 ans du Cormet de Roselend !!

    Tu m’as rappelé de sacrés souvenirs !! Quand j’ai atterri à Albertville en 2013, c’est le premier 1900 (dans la liste y avait Roselend, Joly, Madeleine, Bisanne) que j’ai monté cette année là et que je guettais à la sortie de l’hiver, par le versant qu’il te manque au départ de Beaufort. Mais tout était enneigé à ce moment là et là je le découvre en été avec tes photos 🙂

    Hâte de lire ton goûter avec la Madeleine !! 😀

    1. Merci Idris !
      Oui, j’avais relu ton récit sur le Cormet de Roselend, le décor devait être spécial avec toute cette neige. Étonnant que tu n’y soit pas retourné après tes 2 années à Albertville/Ugine…
      Ha ha ha le coup du fromage ! Quand même pour un « montagnard » 😀 !
      Biz et à bientôt avec la Madeleine…

  3. Ouahou génial… que des coins magiques ! Et je ne connais pas la Gittaz, faudra que j’aille voir ça de mes propres yeux ! Peut être à l’été 2019!!
    Sinon je note ta difficulté à enchainer les sorties d’un jour sur l’autre… on se ressemble de ce point de vue là ! Quant au casse-croute plus conséquent, en effet ça peut aider.
    Et enfin je vois la photo (tooooooooop !) au sommet du Cormet de Roselend… wahou t’es monté avec une grosse sacoche ! Courageux, ça ajoute du poids non négligeable… surtout sur les % difficiles du col du Pré ! Respect monsieur 🙂

    1. Salut Baptiste !
      Oui des coins magiques que tu as exploré peu de temps après moi… la Gittaz est un joli petit coin secret à découvrir pour pas trop cher (je croyais que c’était plat pour y aller, j’étais un peu cuit mais ça l’a fait).
      Pour les grosses sorties à l’avenir, je ferais l’effort d’emmener un casse-croûte même si ça me coûte un peu de poids supplémentaire…
      Pour la sacoche, elle apparaît un peu volumineuse mais elle fait « seulement » 4 litres. Elle est super pratique car j’y range mes barres de céréales, la batterie de secours pour le portable (dans deux minis rangements sur les côtés), un veste manche longue et le coupe-vent (en montagne, ça tourne vite et aux cols il fait souvent frais) et bien sûr le casse-croûte si je le prévois bien 😉 ! Au-dessus, il y a un petit filet qui me permet de glisser le mini-pied à appareil-photo. J’ai choisi ça car quand en 2015, lorsque que j’avais réalisé mon premier BRM et l’Ardéchoise avec un sac à dos, cela m’avait explosé le dos et les épaules ! Depuis, je préfère trimbaler un peu de poids sur le vélo et non sur le dos, je me sens beaucoup plus libre et de plus, quel bonheur de ne pas avoir à enlever le sac à dos quand on est tout courbaturé, perdre un temps fou à l’ouvrir, fouiller, le refermer et le remettre !
      Pour la difficulté à enchaîner, c’est normal quand même, je passe de mes petites bosses de Côte-d’Or (entre 350 et 600 m) à de hauts cols alpins proches des 2000 m ! Mais si tu as lu le récit de ma troisième sortie, ça allait déjà un peu mieux, mon corps avait commencé à assimiler les efforts.
      Bonne journée Baptiste et à bientôt.
      PS : même si je ne laisse pas souvent de message ces derniers temps, je lis toujours assidument tes récits sur ton blog 😉

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