Vosges – Sortie n°8

Col de la Schlucht (versant Ouest)
Route des Crêtes / Le Hohneck
Col de Bramont (versant Sud)
Côte de Grosse Pierre (versant Sud)

3 août / Distance 105 km / D+ 1832 m

Après avoir observé un jour de repos (visite du château du Haut Koenisbourg), Seb et moi étions bien reposés pour effectuer la plus grosse sortie de notre séjour : près de 100 kms avec au programme la Route des Crêtes et son point culminant – le Hohneck – saupoudrés de 4 cols pour 1955 m de dénivelés !

Départ le matin assez tranquille vers 10h afin d’atteindre le Hoeneck vers midi pour la pause casse-croûte prévue avec les femmes et les enfants qui devaient nous y rejoindre. Une fois de plus, nous démarrons avec le Col du Haut de la Côte en guise d’échauffement.

Au sommet du col, nous basculons vers Gérardmer. Le temps n’est pas trop folichon et il fait même un peu frais. Nous traversons rapidement Gérardmer et avalons le long faux-plat qui mène jusqu’à Xonrupt Longemer, point de départ du col de la Schlucht.

Le premier kilomètre ne présente aucune difficulté : 1,5% de moyenne. Mais lorsque la route commence à s’élever au-dessus du Lac de Longemer, la déclivité monte à 6,5% et se maintient ainsi pendant 2,5 km. La route est assez rectiligne, très large et bordée de sapins, ce qui permet aux nombreuses voitures de nous doubler correctement. Cette régularité permet à Seb d’envoyer du braquet, je suis, les jambes tournent pas trop mal mais la route est encore longue…

Après 3,5 km, il y a un petit replat relatif de 500 m à 4% puis une nouvelle rupture de pente de 500 nouveaux mètres à 8,5%. Du costaud qui nous mène à la Roche du Diable où nous faisons une halte car il y a un belvédère qui offre un point de vue sublime sur les lacs de Longemer et de Retournemer.

Après le passage de la Roche du Diable, la pente est repassée à 5% sur 2,5 km. C’est très roulant et encore plus agréable lorsque le pourcentage tombe encore : moins de 4% sur les 2 kms suivantspuis s’effondre avec moins de 2% sur les 2 derniers kilomètres. Il va s’en dire que nous finissons en trombe le Col de la Schlucht à 1139 m d’altitude. Le panneau est placé un peu en contrebas d’un vaste parking donnant accès à une petite station de ski. Au Nord du col, le regard se porte sur la Route des Crêtes qui vient du Col du Calvaire (alt. 1144 m).

Ce col au nom un peu difficile à prononcer (dites « Schlourt » avec un bon accent allemand !), propose une multitude de versants. Le plus connu est celui qui vient de Munster avec 17 km de montée pour une pente moyenne de 4,5%, pas très difficile, sa longueur peu user un peu mais on peut y trouver une fraîcheur bienfaisante car l’essentielle de l’ascension se fait au milieu des sapins.

Un peu plus bas dans la montée qui vient de Gérardmer, il y a un carrefour nommé « le Collet » donnant accès à 2 autres variantes. Une au Nord qui propose 8,5 km d’ascension depuis le Valtin à 4,5% avec un passage assez sympa de 2 km à 7,5%. Une autre au Sud qui vient du Lac de Retournemer avec 6,5 km de montée à 5,5% avec un passage très assidu de 2,5 km à 8,5% de moyenne jusqu’au Collet !

Après une petite pause, nous reprenons notre route en empruntant celle des Crêtes en direction du Hohneck. Une nouvelle petite mise en jambe sur un passage de 1,5 km à 6%permet de s’échauffer à nouveau. Puis un bon replat (2,5%) nous emmène au pied du Hohneck. Au passage, on a une vue splendide sur la vallée qui descend vers Gérardmer.

Nous enchainons immédiatement avec la montée du Hohneck. Elle a été très rapide, Seb forçant pas mal l’allure. La montée est assez courte – 1,3 km – avec un pourcentage moyen de 6,5%, rien de bien difficile en apparence mais l’étroitesse de la route, son revêtement assez abimé et des lacets courts (8) et pentus donnent à cette ascension un caractère assez difficile d’autant que le final vers le parking du sommet grimpe au-delà des 10%Le Hohneck sera le point culminant de cette sortie avec 1362 m d’altitude.

Par contre, le temps tourne d’un seul coup et vire au crachin avec un vent glacial. La vue 360° est sensationnelle malgré de nombreux nuages gris qui masquent les environs. Mais il ne sera malheureusement pas possible de pique-niquer au sommet, il fait vraiment trop froid. Nous trouverons un coin un peu plus à l’abri en contrebas sur la Route des Crêtes.

Après le pique-nique, le temps se dégrade vraiment : il pleut ! Nous nous réfugions dans le restaurant au pied du Hohneck pour boire un café et voir si le mauvais temps allait se calmer. Le café nous réchauffe bien, on regarde au-dehors, mer… il pleut encore ! Oh et puis au diable, les jambes nous démangent, la tentation est trop forte de découvrir encore la Route des Crêtes et la suite de notre parcours. Nous enfourchons nos destriers et c’est reparti comme en l’an 40 !

Bien nous en a pris, une fois le Hohneck derrière nous, la pluie a cessé soudainement. Et c’est de décors sublimes en points de vue magnifiques que nous filons donc joyeusement sur la Route des Crêtes. Cette route est incroyable ! Nous dépassons le Kastelberg(alt. 1350 m) et le Rainkopf (alt. 1305 m) – entre ces 2 derniers, on peut apercevoir en contrebas le Lac de Blanchemer. Entre ces dernières montagnes débouchent 2 routes qui rejoignent la Route des Crêtes. Elles viennent toutes deux depuis la vallée de La Bresse. La première vient du Régit (alt. 812 m) et propose une grimpette d’enfer en passant par le Lac de Blanchemer : 5 km à 8,5% de moyenne dont 2,5 km à 11% !!! La seconde démarre à mi-chemin du col de Bramont et emprunte la Route dite des Américains. Depuis le bas du col de Bramont, c’est aussi une difficile montée de 6,3 km à 7% de moyenne dont 1 km à 9% ! La route débouche en face du Rothenbachkopf (alt. 1316 m).

Nous dépassons ensuite le Batteriekopf (alt. 1311 m), le Schweisel (alt. 1271 m). La route est très agréable, pas trop difficile, alternant quelques petits coups de culs pas trop méchants et pas mal de faux-plats descendants. Lors de ce passage, la vue est encore une fois sublime avec un nouveau lac en contrebas : le Lac de Kruth-Wildenstein. Nous avions aussi de la chance, le vent nous étant favorable en nous poussant le dos ! Nous atteignons à vitesse grand V le Col d’Hahnenbrunnen (alt. 1186 m) et une fois n’est pas coutume, sans aucun effort !

C’est ensuite que nous laissons derrière nous le Breitfirst (alt. 1280 m) qui chapeaute la route finale du Col du Platzerwaesel. Puis par une longue courbe à gauche, nous pointons à la station du Marksteinque nous avions atteinte 2 mois auparavant. Nous connaissons bien les lieux, la Route des Crêtes continue tout droit jusqu’au Grand Ballon. Le Markstein propose 2 ascensions. Une venant de Buhl à l’Est. Elle est très longue – environ 19 km. Dans sa première moitié, le pourcentage moyen n’est pas trop important avec 3,5% jusqu’à Dauvillers. Ensuite, cela se complique avec des passages entre 7 et 9% mixés dans une irrégularité démoniaque ! Un petit replat au 14ème km et un dernier kilomètre à 2% permettra de souffler un peu. L’autre ascension, à l’ouest, vient de Kruth. Elle est aussi longue que sa voisine d’en face – 17 km – mais avec un pourcentage moyen plus faible avec 4%. Un seul passage difficile à 12% juste avant le 4ème kilomètre. Par contre, la route monte au sein d’une épaisse forêt de sapins et n’offre aucun point de vue ou repère particulier, ce qui pourra rendre cette ascension un peu monotone.

Au final, la Route des Crêtes du Massif Vosgien – longue de 90 km – relie Sainte Marie aux Mines à Cernay en oscillant la plupart du temps entre 1000 et 1250 m.Aujourd’hui, nous en avions parcourue un bon quart. Au regard des différents points d’accès pour rallier la Route des Crêtes, le col de la Schlucht apparaît comme l’un des plus facile.

50 km au compteur, il fallait abandonner cette belle route pour retourner vers notre lieu de villégiature. Une petite pause afin de se préparer à affronter la suite du programme avec encore 2 cols à grimper… Nous basculons alors vers Kruth. Les longues courbes et la déclivité tranquille de cette descente nous permettent de ne pas dépenser trop d’énergie. La fin de la descente débouche en face du Lac de Kruth-Wildenstein. Des rangées d’arbres le masque en partie et nous devinons moins bien le lac par rapport à la vue splendide que nous avions eue depuis la Route des Crêtes. Nous prenons à droite pour remonter vers Wildenstein (alt. 571 m).

Juste à la sortie du village, une jolie éclaircie et soudain masquée par des nuages noirs… c’est aussi le véritable point de départ de l’ascension du Col de Bramont. De tous les petits cols que j’ai grimpés jusqu’à aujourd’hui, c’est vraiment le plus plaisant que j’ai eu à faire. C’est une multitude de lacets bien plats que nous avons enroulés à une bonne allure. La pente moyenne n’excède pas les 7% et tourne assez souvent autour des 5,5% sur 7 km. Pour ma part, je me sens en grande forme. J’allais en avoir besoin car la météo allait nous jouer un sale tour ! Des gouttes assez fines ont rythmé notre ascension et il faut se couvrir au sommet du col (alt. 956 m). Du col de Bramont, on peut rejoindre le col de la Vierge avec 2 km à 5,5%.

La pluie se met vraiment de la partie cette-fois mais nous ne voulons pas nous refroidir et nous basculons sur l’autre versant. Sous des trombes d’eau, j’aperçois dans un lacet, la fameuse Route des Américains qui conduit à la Route des Crêtes. Prudemment, nous atteignons le bas de la vallée et filons donc vers La Bresse. Je chante à tue-tête pour oublier le fait que nous ressemblions à des éponges sur des vélos ! Je craignais que nous n’attrapions un coup de froid mais l’air restait chaud.

La Bresse est rapidement traversé et nous attaquons le dernier col de notre programme : le Col de Grosse Pierre que nous avions déjà grimpé 2 fois mais sur le versant Nord. C’est une montée pas trop longue de 5,3 km avec une pente assez régulière à 6% de moyenne. Je ne me sens pas trop mal et je suis surtout galvanisé par cette pluie que je n’attendais pas trop en ce début de mois d’août ! J’attaque un peu fort, au premier lacet, Seb décroche et je poursuis sur un bon rythme. La pluie commence à cesser, par contre il y a beaucoup de voitures, les gens rentrant de promenade chassés par l’orage.

Je me concentre sur le pédalage mais je faiblis un peu avant le 4ème kilomètre, le kilomètre précédent tournant autour des 7% et les 85 kilomètres déjà avalés commençant à peser lourd dans les jambes. Seb en profite pour me rattraper et nous terminons ensemble le dernier kilomètre en nous tirant un peu la bourre pour l’arrivée. J’ai explosé mon palpitant pour la gagne, histoire de voir si le « vieux » (moi) en avait encore sous la semelle. Mais un peu de sagesse m’a suggéré que je ne recommencerais jamais cela car c’est un peu contraire à mes principes : profiter le plus possible d’un col par la découverte. Dans ma course, je n’ai pas profité pleinement du paysage et je me suis crevé inutilement !

Bon, nous franchissons le Col de Grosse Pierre (alt. 954 m) mais nous nous ne arrêtons même pas car la pluie avait repris sa partition. Il ne nous reste plus qu’une descente tranquille jusqu’à Rochesson. Malgré la pluie qui a un peu gâché notre parcours, ce fut une belle sortie de près de 100 kms pour 1955 m de dénivelés ! Seb et moi avions récolté les fruits de nos précédentes sorties et au milieu de cette 2ème semaine estivale, la forme était bien là.


Dans la montée du Col de la Schlucht.


Juste avant la Roche du Diable.


Du point de vue à la Roche du Diable,
aperçu sur le Lac de Longemer, …


… le Lac de Retournemer et…


… le Col des Feignes Sous Vologne.


Passage sous la Roche du Diable.


Photo souvenir.


RePhoto souvenir.


Une église contemporaine se trouve de manière presqu’incongrue au-dessus du parking du Col de la Schlucht.


La route Nord des Crêtes qui part du Col de la Schlucht.


Les remontées mécaniques de la station de la Schlucht.


Sur la Route des Crêtes, vue sur le Lac de Longemer.


Vue sur le Hohneck (alt. 1362 m).


Le pied du Hohneck.
La montée démarre à côté du Restaurant que l’on voit à droite.


Au sommet du Hohneck.


Un panorama splendide malgré le mauvais temps.


Seb, nouveau seigneur des cimes !


Bon, ben moi, j’me couvre, ça caille !


Le Lac de Longemer.


Vue à l’Est sur les pentes escarpées du Kastelverg.


Chemins de ballades autour du Hohneck.


Vue au Nord-Ouest.


Vue au Nord vers Munster.


Sur le petit plateau du Hohneck.


Un peu en contrebas, le Petit Hohneck (alt. 1289 m).


Le Lac de Blanchemer.


Sur la Route des Crêtes…


… il pleut mais on s’en fout !


La Route des Crêtes sous le Rothenbachkopf.


Le Rothenbachkopf (alt. 1318 m).


Seb est content, il ne pleut plus !


La Route des Américains.


Le Lac de Kruth-Wildenstein.


La Route des Crêtes.


Au Col d’Hahnenbrunnen (alt. 1186 m).


Le Breitfirst (alt. 1280 m).


Aucun effort pour ce col…


… mais on se gène pas pour l’accrocher au tableau de chasse !


Pareil mais on pourra dire : j’y étais !


Et puis, il a l’air tout neuf ce panneau !


Un « petit » col très sympa à monter.


Col de Bramont : l’arrivée du versant Sud.


Col de Bramont : l’arrivée du versant Nord.

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