Vosges – Grand Ballon

Grand Ballon
+ Col de Bussang

5 juin / Distance 80 km / D+ 1365 m

Lever 8h… les muscles sont un peu raides… mais ça va. Seb, après une nuit correcte est d’attaque. C’est vrai que l’envie de faire l’ascension prestigieuse du Grand Ballon était la plus forte ! Petit déjeuner bien copieux, petite toilette, préparation de nos montures et c’est le départ pour une sortie de 80 kms avec le col de Bussang pur commencer.

Nous empruntons la route qui passe par le hameau de Taye (ou l’on peut voir la source de la Moselle) mais la route est défoncée et c’est pris dans de multiples soubresauts que je sens que les muscles sont quand même bien raides et que l’échauffement est plus difficile d’autant que le final du col de Bussang (alt. 727 m) se termine par 500 m sur une pente qui progresse de façon abrupte de 5 à 10% ! Ouch, voilà un début brutal mais nous basculons rapidement de l’autre côté pour profiter de la belle descente au fil des multiples lacets qui nous mènent à Urbès. Je garde en tête qu’il nous faudra remonter ce col lors du retour… j’ai vu que certains passages étaient un petit peu raides… j’espère que nous aurons encore assez de fraîcheur pour terminer… Mais mes pensées s’évanouissent rapidement car nous filons à vive allure sur le long faux-plat descendant qui va de Fellering à Willer-sur-Thur.

Willer-sur-Thur (alt. 368 m)marque la fin des réjouissances et surtout le début de l’ascension vers le Grand Ballon. Nous avons droit à une vue sympathique sur son sommet symbolisé par son radar en forme de balle de golf, nous ne le reverrons que dans les derniers kilomètres… L’ascension est découpée en 2 parties distinctes.Nous attaquons la 1ère qui nous mène au passage d’un col, celui d’Amic (alt. 825 m), soit 457 m de dénivelé répartie sur 9,5 km à 5% de moyenne. Rien de bien méchant mais il y a 2 kms assez facile au début de la montée qui font que le reste présente souvent des passages compris entre 6 et 7%, je sens que ces efforts usent un peu l’organisme mais la route est très plaisante et nous profitons de la traversée de Goldbach pour nous ravitailler en eau. Seb pense à boire régulièrement pour prévenir des crampes éventuelles… mais tout va bien et nous atteignons rapidement le col Amic. La vue est splendide sur la plaine d’Alsace. Des groupes de cyclos arrivent par les versants de Soultz-Haut-Rhin et Uffholtz,c’est vrai que nous serons quand même assez nombreux à joindre le sommet ce dimanche matin.

Quelques photos souvenirs, un col de plus au tableau de chasse et nous attaquons la 2ème partie de l’ascension du Grand Ballon. Là, on passe aux choses sérieuses : 6,5 km, 500 m de dénivelé et une pente moyenne à 8% ! Le début de cette seconde partie est encore située en forêt et nous profitons de la fraîcheur de l’ombre car il commence à faire chaud. Après 2 passages étonnants sous forme de lacets sur secteur pavé, la pente progresse pour ne plus redescendre sous les 8,5%… Ça commence à être un peu dur, les jambes ne tournent plus aussi allègrement que la veille. Mais le spectacle est là au passage de « Ferme du Ballon » (alt. 1112 m) : des vues imprenables sur la plaine d’Alsace et le massif vosgien du côté des Ballons d’Alsace et de Servance. La route serpente désormais au milieu des alpages et n’offre aucun abri. Nous avons de la chance ce jour là, il n’y a pas de vent. Le radar apparaît soudainement devant nous et le sommet du Grand Ballon se présente dans toute sa majesté.

C’est à ce moment là, pour Seb, que les crampes sont revenues d’un seul coup au grand galop ! Mais il reste 2 km, Seb sert les dents et augmente la cadence pour chauffer un maximum les muscles. Pff, c’est dur aussi de mon côté, j’enclenche mon diesel tout en suivant le rythme de Seb, je suis un peu en surrégime mais je tiens le coup, les derniers me semblent quand même long à avaler puis nous franchissons enfin le panneau indiquant le passage du Ballon à 1325 m d’altitude. Notez que c’est la première fois que je vois autant de différence entre l’indication de l’altitude – 1325 m sur le panneau et 1343 m sur une carte IGN !

Seb et moi sommes une fois de plus, super content d’avoir atteint ce nouvel objectif. Le panorama est sensationnel. Par contre, on n’aperçoit pas du tout le radar qui est masqué par la crête est du sommet, il faut monter à pied pour pouvoir profiter d’une vue 360° mais il nous reste à effectuer la boucle retour qui est assez longue puisque nous allions emprunter une partie de la Route des Crêtes jusqu’au Markstein puis redescendre dans la vallée jusqu’au Lac de Kruth-Wildenstein.

Nous entamons donc la descente de l’autre versant. On peut voir que le dernier km est quand même costaud (7,5% de moyenne) mais comme nous sommes sur la Route des Crêtes, la pente est beaucoup moins significative jusqu’au Markstein et il faut même pédaler. Par contre, le paysage est somptueux. Notre route débouche sur le Markstein avec le « Jungfrauenkopf » (alt. 1268 m) dans le rôle du gardien et qui sert de terrain de jeu à une petite station de ski. Il y a pas mal d’animation, notamment avec la réunion annuelle de centaines de motards (qui s’étaient déjà réunis l’an dernier au Ballon d’Alsace) ainsi que des dizaines de parapentistes qui s’élançaient vers d’une plate-forme située juste au-dessus de la route (on est donc passé juste au-dessous d’eux, leurs pieds passant seulement 2/3 mètres juste au-dessus de nos têtes) qui menait vers le Lac de Kruth-Wildenstein. Descente tranquille car les pourcentages ne sont pas très sévères mais c’est très long – environ 15 km – et il n’y a aucun point de vue. La route est assez large et en très bon état mais ce qui est incroyable, c’est qu’elle semble avoir été construite rien que pour accéder à la station du Markstein car elle ne dessert aucun village !

Mais l’heure tourne, nos femmes et enfants nous attendent pour le repas, nous apercevons brièvement le Lac de Kruth-Wildenstein puis nous filons vers Urbès pour entamer la dernière ascension du WE : le col de Bussang. Ce col est très agréable, de plus et ce n’est pas très courant, on peut bien voir le passage entre la « Tête des Russiers » (alt. 1187 m) et la « Tête des Neuf Bois » (alt. 1128 m) depuis le bas de la vallée. Nous attaquons en douceur car les muscles sont désormais bien raides sur les premières rampes qui tournent autour des 6%. Puis ce sont de jolis lacets qui nous permettent d’avoir de jolis coup d’oeils sur la vallée et après 6 km d’ascension le Col de Bussang (alt. 727 m) est atteint. Photo souvenir, descente rapide vers notre hébergement et c’est la fin d’une sortie magnifique de 80 km – 1365 m de dénivelé en 4 heures de selle.

Voilà, un WE qui se termine déjà… 4578 m de dénivelé et 5 cols au tableau de chasse en 4 jours, voilà qui est pas mal ! Les Vosges, que j’ai découverts depuis l’an dernier, sont vraiment un terrain de jeu idéal pour cyclogrimpeurs. C’est moins dur que dans les Alpes mais dès que ça grimpe, je n’éprouve que du plaisir ! Je vais pouvoir le prolonger dès cet été car je vais passer 15 jours de vacances près de Gérardmer et ce, toujours en compagnie de mon beau-frère Seb. Une bonne vingtaine de cols devraient nous tendre les bras aux alentours !


Début de l’ascension à Willer-sur-Thur.


On aperçoit bien le Grand Ballon.


Mais le sommet semble quand même bien lointoin…


Les premières rampes qui mènent au Col Amic.


Vue sur la plaine d’Alsace depuis le Col Amic.


Depuis le Col Amic, rupture de rampe
en direction du Grand Ballon.


Vue du sommet du Grand Ballon depuis le parking.
Notez que l’on ne voit pas le fameux radar
en forme de balle de golf. Soit on l’aperçoit au cours de l’ascension, soit il faut monter au sommet à pied.

Panorama Nord
(cliquez sur la photo pour avoir une vue plus grande)

Panorama Sud
(cliquez sur la photo pour avoir une vue plus grande)

On ne le voit pas sur la photo
mais on a une vue garantie sur les Alpes !

 

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