Alpes / Savoie – sortie n°5

Col du Mont Cenis – Col du Petit Mont Cenis
Sur la route du Petit Col du Mont Cenis.

Samedi 5 août / Distance 60 km / D+ 1230 m / 3h34

Aujourd’hui, j’ai prévu une journée en famille au Col du Mont Cenis et une incursion en Italie jusqu’à Susa. Pour cela, on doit se rendre en voiture jusqu’à Lanslebourg-Mont-Cenis. On prépare les affaires, le vélo est chargé…  non non ce n’est pas un remake d’Un jour sans fin ! Cette sortie était prévue le jour précédent (voir la sortie n°4) et cette fois-ci elle aura bien lieu, tout le monde est en forme et il fait beau.

Le trajet en voiture jusqu’à Lanslebourg a été plein d’enseignements :

  • La Vallée de la Maurienne est vraiment magnifique et offre souvent un aspect sauvage et grandiose avec tous ses sommets et ses glaciers à plus de 3000 m.
  • À partir de Modane, c’est la Haute-Maurienne et ce n’est pas tout plat jusqu’à Lanslebourg avec 2 énormes bosses dont je réaliserais sûrement le profil pour alpes4ever !
  • Il y a aussi une route touristique appelée Route de l’Esseillon (que je n’ai malheureusement pas pu le temps d’emprunter), qui relie Modane à Sollières peu avant Termignon. Pour le cycliste qui souhaite remonter la Vallée de la Maurienne, elle a l’avantage d’éviter la très passante D1006 mais surtout de passer en revue les magnifiques forts Victor-Emmanuel, Charles-Félix, Marie-Christine et Charles-Albert qui constituent l’impressionnante Barrière de l’Esseillon.
  • De multiples ascensions jalonnent la Haute-Maurienne : Puits d’aération du Tunnel de Fréjus, Refuges de l’Orgère, de Plan-Sec (Plan d’Aval), du Suffet et du Plan du Lac, certes en aller-retour mais offrant certainement des points de vues spectaculaires et destinations inédites  que j’espère faire une autre fois.

Nous atteignons Lanslebourg-Mont-Cenis à 10h45, 10 minutes plus tard, je débute ma sortie tandis que ma famille va découvrir les environs tout en faisant du Geocaching et me rejoindre un peu plus tard.

Je remonte la rue principale pour découvrir qu’il y a 2 églises seulement distantes de 100 m, que ce modeste village en partie authentique (645 habitants) propose une fébrile activité touristique et qu’il est difficile d’imaginer que je suis déjà à 1400 m d’altitude lorsque je franchis le pont qui enjambe l’Arc aux eaux claires et tumultueuses. C’est le point départ réel de l’ascension du Col du Mont Cenis. C’est parti pour 9,8 km pour 682 m de D+ à 7% de moyenne.

Lanslebourg-Mont-Cenis.
Vue sur la Dent Parrachée (3697 m) qui se cachera un peu ce matin sous un bonnet de nuages à la manière du Mont Blanc.
L’une des 2 églises de Lanslebourg-Mont-Cenis.
Pont de l’Arc et début de l’ascension du Col du Mont Cenis.
Profil du Col du Mont Cenis depuis Lanslebourg-Mont-Cenis.

L’ascension va bien se passer car je suis en forme. La pente, certes soutenue avec ses 7% de moyenne, est très régulière et me permet de poser tranquillement mon rythme diesel. La route est large et permet de partager l’espace avec les nombreux véhicules. Pour palier à ce dernier point négatif, 6 lacets proposent de beaux points de vue sur le fond de la vallée et surtout sur les sublimes sommets du Massif de la Vanoise comme la Dent Parrachée (3697 m) et le Grand Roc Noir (3582 m) habillés de glaciers à la blancheur immaculée.

Dans le premier lacet, on aperçoit tout au fond le passage vers le Col de l’Iseran.
Une route large au milieu de vastes pâturages.
Les toits de Lanslebourg-Mont-Cenis.
À l’attaque du second lacet.
Les glaciers de la Vanoise.
Dans le dernier lacet au niveau de la Tomba d’en Bas.
Le Grand Roc Noir (3582 m).
La silhouette du Col de Mont Cenis se dessine.
Les derniers hectomètres.

Du coup, je ne vois pas le temps passé et je crois que je n’ai pas mal chômé car ma famille m’a rejoint 5 minutes après mon arrivée au Col du Mont Cenis – 2081 m (oui, la pancarte annonce 2083 m mais je me fie généralement aux données IGN) et s’inquiétait de ne pas m’avoir rattrapé dans la montée, ce qui n’arrive pas souvent selon nos habitudes lorsque nous réalisons une sortie en commun !

Une photo-souvenir de la pancarte puis je reprends aussitôt car il n’y a pas grand chose à voir au niveau du col, le spectacle est un peu plus loin…

Le premier « 2000 » de mon séjour.
Vue Nord du Col du Mont Cenis avec le Grand Roc Noir.
Vue Sud du Col du Mont Cenis, il n’y a pas grand chose à voir, le spectacle est un peu plus loin…
De célèbres personnages comme Napoléon ou Hannibal et ses éléphants ont franchi le Col du Mont Cenis.

… avec la vue grandiose offerte par le Lac du Mont Cenis qui se découvre quelques hectomètres plus loin. J’ai de la chance, avec le beau  temps au rendez-vous de cette journée, je peux faire de belles photos ! Je laisse ma famille se balader sur les abords du lac, nous nous retrouverons plus tard pour le pique-nique, pour filer dans une rapide descente qui part à droite et qui va me mener au bord de la rive Ouest du lac puis au Col du Petit Mont Cenis que je vais chasser en aller-retour.

Le spectacle se dévoile avec l’apparition du Lac du Mont Cenis.
Profil du Col du Petit Mont Cenis.
Un décor extraordinaire se dévoile peu à peu, ici sur la voie du Col du Petit Mont Cenis.
Sur la rive Ouest du lac.
Eaux turquoises… c’est sublime !

La route est assez étroite, il y a quand même pas mal de voitures, on est samedi, il faut faire attention lorsque l’on croise une voiture, celles qui viennent derrière attendent sagement les passages un peu plus larges. Je me suis fais juste doubler sauvagement par un enfoiré, il s’est enfui lâchement sur une piste 200 m plus loin (dingue, pourquoi ce chauffard a fait son pressé ?!), il a eu de la chance, je lui en aurais raconté des vertes et des pas mûres si j’avais pu le rattraper, j’étais remonté comme un coucou ! En tout cas, l’asphalte est nickel pour cette route qui serpente dans un cadre sauvage. Elle a été seulement goudronnée au début des années 2010.

Sur l’étroite route du Col du Petit Mont Cenis.

Une fois dépassé le croisement avec la piste qui mène au refuge au Refuge du Petit Mont Cenis, je me retrouve quasiment seul et je peux apercevoir nettement le Col du Petit Mont Cenis qui se trouve entre, à gauche, la Roche d’Étache (3083 m) et, à droite, la Pointe de Bellecombe (2755 m). Ah j’oubliais de préciser : l’effort n’est pas trop conséquent avec 7,7 km et près de 189 m de dénivelé répartis sur quelques petites bosses qui peuvent surprendre… J’atteins finalement le col symbolisé par les Colours dont il ne subsiste qu’une maison tout en pierre, joliment restaurée et servant de gîte aux randonneurs, le reste du hameau n’est que ruines.

Un extraordinaire paysage !
Le Col du Petit Mont Cenis plein centre entre, à gauche, la Roche d’Étache (3083 m) et, à droite, la Pointe de Bellecombe (2755 m).
En se retournant. À droite, on distingue la Pointe Drosset avec l’ancien Fort de Malamot.

La route goudronnée se termine brusquement et il faut parcourir quelques mètres sur une piste pour essuyer la pancarte du Col du Petit Mont Cenis à 2183 m d’altitude. Le décor est superbe avec les Dents d’Ambin et la Roche d’Étache.

Col du Petit Mont Cenis – 2183 m. Derrière, les Dents d’Ambin (3372 m).
La Roche d’Étache (3083 m).
Bagnoles, ruines et Pointe de Bellecombe.
Regardez bien le panneau, il y a une drôle d’indication…

Sinon, c’est le terminus en ce qui concerne le vélo de route. Un chemin (GR de Pays Tour de la Haute-Maurienne) permet de descendre abruptement dans le Vallon d’Ambin. Au fond de ce dernier, il est possible de rejoindre la Chapelle St-Paul et à nouveau une route asphaltée qui vous amènera à Bramans dans la Vallée de la Maurienne.

Les Coulours est la seule habitation qui se trouve au Col du Petit Mont Cenis, à ne pas confondre avec le refuge du Petit Mont Cenis qui ne se trouve pas au col !

Demi-tour, je profite à fond du décor qui est magnifique avec ce beau temps, j’en profite car je ne suis pas sûr de l’avoir pour la totalité de mon séjour, en montagne, cela peut changer rapidement et la seconde semaine m’a hélas donné raison.

À gauche, la Cime du Laro (2881 m).
Je reviens vers le Lac du Mont Cenis. Juste au-dessus du lac, la Pointe de Ronce (3612 m).
Pâturages, un troupeau de vaches traverse le Ruisseau de Savalain.
Le ruisseau a creusé un joli sillon avec quelques méandres assez encaissées.

La remontée sur la route du Col du Mont Cenis me pique un peu les jambes, c’est que je commence à avoir faim et il est temps de rejoindre la famille pour un pique-nique bien mérité. Avant cela, je dois les rejoindre sur la rive Nord du lac – sur une route très irrégulière – au niveau du Plan des Fontainettes, point de passage le plus haut de la route s’élevant à 2 094 m et situé peu après la fameuse Pyramide du Mont Cenis. Cette dernière a été réalisée peu avant (1967) la construction du barrage (1962-1970) qui a changé radicalement le visage du plateau du Mont-Cenis. L’hospice et son prieuré, les chalets d’alpage ont été noyés sous les eaux du lac. Elle abrite une chapelle dans sa partie haute et un musée dans sa partie basse. À son pied s’étale un magnifique jardin botanique alpin, exploit, à mon sens, de la part des jardiniers vu l’altitude (2094 m).

Je reviens sur la D1006. Le panneau d’accès au Col du Petit Mont Cenis. Aucune inquiétude, c’est parfaitement viable pour un vélo de route !
Sur la rive Nord, quel paysage !
Vue vers le Sud, au fond c’est l’Italie.
Pyramide du Mont Cenis. Superbe (l’intérieur aussi).
Point de passage le plus haut de la route s’élevant à 2 094 m, au plan des Fontainettes.

Pique-nique agréable avec vue sur les eaux turquoises du lac, le top ! Cela me rappelle celui que j’avais réalisé au bord du Lac de Roselend en 2008… assez de rêveries, il faut reprendre le vélo. Le topo est simple et sera en principe assez plaisant : direction l’Italie où une longue descente jusqu’à Susa sera seulement au programme puisque la remontée se fera en voiture ! Sacrilège, crierons certains de mes lecteurs ! Pourquoi ne pas faire la remontée ?! Ben , c’est que je l’aurais bien voulu mais ce n’était pas possible avec la famille, avec ma vitesse d’escargot, elle aurait du m’attendre au moins 2 heures et demie, la journée serait devenue interminable ! Aucuns regrets, la descente va d’ailleurs être un peu épique et je vais pouvoir en profiter pour découvrir les 2 versants italiens du Col du Mont Cenis.

Vue sur le barrage (digue) et la Cime du Bard (3168 m).

Dans un premier temps, je vais me laisser descendre tranquillement en passant sur le côté puis sous le barrage. Les vues sont saisissantes sur le Barrage du Mont Cenis qui est constitué d’une énorme digue haute de 120 m ! À proximité du barrage sur le versant Sud, on peut apercevoir l’Ancien Fort de la Variselle, d’ailleurs il y en a pas mal dans le secteur (Ancien Fort de Ronce, Ancien Fort de la Turra, Ancien Fort de la Pattacreuse) ainsi que quelques blockhaus mais on ne peut que s’y rendre à pied, moi qui suis passionné de monuments historiques militaires, les visites seront pour une autre fois.

On en prend plein la vue !
Je commence à descendre sous le barrage.

Sous le barrage se trouve quelques habitations (Grande Croix) ainsi que l’ancien poste frontière. Plus de frontière mais la douane est active, elle contrôle plusieurs véhicules. Rien à déclarer, je poursuis ma descente mais je m’arrête presque aussitôt après… pour profiter d’une incroyable vue qui plonge sur la petite Plaine St-Nicolas et rehaussée d’une magnifique série de lacets décorés de murets crénelés. Clic-clac, une chouette photo et c’est reparti.

Ancien poste frontière situé sous le Barrage du Mont Cenis.
Plaine St-Nicolas, c’est le dernier bout de France avant l’Italie.
Les lacets, magnifiques avec ses petits murets crénelés.

Peu après le passage du Barrage de St-Nicolas, je franchis pour la seconde fois la frontière italienne à vélo, la première fois, c’était à l’occasion de mon ascension du Col de Larche réalisée en 2010 et ce n’était que sur quelques mètres symboliques. La sensation est bizarre car je vais rouler un peu plus cette fois-ci à l’intérieur du territoire italien, je n’ai pas quitté la France depuis un bon moment, c’est comme une petite peur de l’inconnu !

Benvenuti in Italia !

Je reste concentré sur la descente qui est forte sur une route assez large à l’asphalte nickel mais assez sinueuse. Je traverse le petit village de Bar Cenisio puis peu après bifurque à gauche direction Moncenisio. C’est la variante sauvage et méconnue du versant italien du Col du Mont Cenis que je souhaitais absolument découvrir et je n’allais pas être déçu !

En quelques mètres, changement de décor avec une route étroite qui s’enfonce soudainement sous un couvert d’arbres avec un calme assourdissant en comparaison avec la Strada Statale 25 au trafic très intense. Cette route – la Strada Provinciale 212 – aux circonvolutions très irrégulières va me mener à Ferrera Moncenisio. Je constate que dans ce versant Sud, il fait bien plus chaud. Je profite aussi de quelques points de vue sur le Massif des Alpes cottiennes constitué en partie du Monte Orsiera (2890 m) qui laisse clairement indiquer que ce sont de hautes montagnes.

Les premiers hectomètres de la route de Moncenisio.
Route étroite avec un paysage de type méditerranéen.
Vue sur le Massif des Alpes cottiennes.
Au détour d’un virage, le Rocciamelone (3538 m) et son impressionnante paroi de calcaire.

J’arrive au petit village de Ferrare Moncenisio, il y a un charmant petit lac mais pas le temps de se prélasser, je poursuis ma route et ça va être coton… avec une descente vertigineuse en direction de Novalesa. En effet, jusqu’à Santa Maria, ce sont des lacets abrupts et très courts qui m’ont forcé à utiliser mes freins comme un forcené ! Dingue, c’est bien une de mes descentes les plus difficiles que j’ai faite ! En même temps, j’imaginais aussi la montée, exposée plein soleil et quasi sans ombre, il fallait sûrement la faire matinalement et être en forme !

Le petit lac de Ferrera.
Depuis Ferrera, suivre la route qui descend à Novalesa puis Susa.
Une pente diabolique !

 

Panorama sur la Valle de Cenischia qui mène à Susa. Le village que l’on aperçoit au milieu est Venàus.

En arrivant à Novalesa, la pente se calme et présente quelques bons bouts droits qui me permettent de dégourdir mes doigts. Mais d’un seul coup, un vent de face et… brûlant m’asphyxie et m’assomme sous une chaleur caniculaire avec 35°C au compteur ! Toutes mes pensées sont tournées vers le seul désir de déguster une bière fraîche ! Je traverse Venàus comme un fantôme. Une petite pente assassine (située sous le pont de l’A32) me scie les jarrets juste avant de me retrouver au-dessus de Susa. Vite, une photo-souvenir et je retrouve ma famille à l’entrée de Susa. On trouve un parking puis faisons un petit tour en ville et surtout je déguste une (onéreuse) bière bien fraîche sur une terrasse ombragée salvatrice !

Susa, terminus !

Je regarde les montagnes qui se dressent au Sud de Susa. Je sais que sur les pentes de la Cime Ciantiplagna et du Monte Pelvo se trouve la légendaire ascension du Colle del Finestre, que j’espère faire un jour mais ce sera pour une autre fois !

Entre les pentes de la Cime Ciantiplagna et du Monte Pelvo se trouve la légendaire ascension du Colle del Finestre.

Nous repartons de Susa et regrimpons (en voiture) le Col du Mont Cenis mais cette fois-ci intégralement par la SS25. Cette montée, comme pour beaucoup de cols italiens, a la réputation de subir les assauts de motards assoiffés de vitesse et d’envie de suicide ou de meurtre, c’est selon l’obstacle qu’ils peuvent rencontrer. Heureusement, l’après-midi est déjà bien avancé et ils sont tous je ne sais où mais ailleurs ! Quelques heures plus tôt, ma femme en a croisé une palanqué roulant à tombeau ouvert ! Donc je recommande de faire cette belle ascension (ah cette apothéose depuis le Plan St-Nicolas jusqu’au-dessus du Barrage du Mont Cenis)  tôt le matin ou alors en soirée. Bien sûr, il y a la variante par Novalesa mais elle est bien plus dure.

Nous nous retrouvons à nouveau sur les bords du Lac du Mont Cenis, on profite un peu du lieu un peu plus calme en allant baguenauder autour de la Pyramide, la foule de touristes (que nous sommes aussi) ayant déjà regagné leur lieu de villégiature. Puis c’est le retour tranquille jusqu’à St-Martin-sur-la-Chambre. Demain, c’est dimanche et jour de repos. Lundi, je reprendrais les affaires avec l’ascension du Col de la Croix de Fer depuis St-Jean-de-Maurienne.

Vous pouvez découvrir les profils des versants italiens du Col du Mont Cenis sur mon autre site alpes4ever.com.