Chasse aux cols dans les Monts du Beaujolais

  • Mont Brouilly – 485 m
  • Col de Brouilly – 333 m
  • Col de Vieille Morte – 597 m
  • Col de Saint-Bonnet – 645 m
  • Col de la Croix Montmain – 737 m
  • Col de Pierre Plate – 593 m
  • Col de la Croix Rosier – 721 m
  • Col de la Croix Marchampt – 687 m
  • Col de la Casse Froide – 739 m
  • Col de la Croix des Brosses – 646 m
  • Col des Écharmeaux – 712 m
  • Col de la Croix d’Ajoux – 853 m
  • Col de Patoux – 910 m
  • Col des Oncins – 702 m
  • Col de Crie – 624 m
  • Col de la Serve – 708 m
  • Col du Fût d’Avenas – 743 m
  • Col du Truges – 480 m

Mercredi 20 avril – temps ensoleillé / quelques nuages – température 10 > 24°C

Je suis en congés, je m’offre une journée chasse aux cols dans le Beaujolais. Je lance un appel à Bast, grand spécialiste de la région, il n’est malheureusement pas disponible mais me donne quelques conseils pour affiner mon parcours. Sur Openrunner, cela donne 110 km et 2350 m de D+ et 16 cols. Sur le papier, cela donne une randonnée assez conséquente mais depuis le 1er janvier, je n’ai pas beaucoup de kilomètre dans les jambes avec 1600 km. Je me dis que ça passera quand même et je vais faire ça tranquillement…

Je me lève à 6h, autoroute jusqu’à Belleville dans le département du Rhône et à 8h30, je démarre à partir du péage. La journée s’annonce ensoleillée mais quelques nuages traînent dans le ciel. Il fait même un peu frisquet, je pars en long, j’ai mis le court dans le sac à dos pour pouvoir me changer dès que la température sera convenable… oui, je sais, je suis frileux 🙂

Mont Brouilly – 485 m

Je sors de Belleville par la D337, très fréquentée à cette heure-ci. Pas très agréable, j’aurais pu tracer à travers le vignoble mais j’ai une vue imprenable – à ma droite, sur la Montagne de Rochefort, reconnaissable à sa tour de télécommunication (une cousine de celle de « mon » Mont Afrique !), c’est aussi le théâtre de la célèbre ascension du Col du Fût d’Avenas – et à ma gauche – le Mont Brouilly qui allait m’offrir non pas son célèbre cru mais ses pentes redoutables !

En quittant Belleville, le Mont Brouilly se trouve à l’avant-poste des Monts du Beaujolais.

Je quitte la D337 qui était un long faux-plat montant (beaucoup de dénivelé de cette randonnée se trouvait aussi dans ces étapes-liaison entre chaque véritable montée) et je prends la tangente vers St-Lager, pied de l’ascension du Mont Brouilly (alt. 485 m). J’opte pour l’une des variantes en prenant par Godefroy. Une ascension courte avec 3,5 km mais rude avec 253 m de D+ à 8% de moyenne !

Profil du Mont Brouilly / versant St-Lager via Godefroy.
A St-Lager, au pied du Mont Brouilly, on aperçoit la Chapelle Notre-Dame-aux-Raisins.

La première partie de l’ascension se déroule bien, des vignes partout, la route s’élève nettement au-dessus de St-Lager, je peux apercevoir la Chapelle Notre-Dame-aux-Raisins qui figure le point haut du Mont Brouilly. Il y a même une légère descente vers Chardignon. Un lacet avec un château d’eau fait repartir la route dans l’autre sens, encore quelques hectomètres faciles avant d’attaquer le seconde partie qui va être terrible : 1,665 km à 9,5% de moyenne. Je grimpe « en dedans » pour ne pas me griller car ce n’est que le début de ma randonnée.

Lacet au niveau du château d’eau au milieu des vignes.

Je double un petit groupe de jeunes qui montaient à pied à côté de leur VTT, je leur adresse un sympathique salut, je devine à leurs équipements – casque intégral et protections – qu’ils vont plutôt s’offrir la descente ! Bon, moi je m’offre la montée mais c’est dur, la pente s’accentue crescendo en pénétrant sous un couvert forestier… le mont est petit, alors pas le choix, la route trace au plus direct en une petite série de zigzag aux pourcentages dévastateurs jusqu’à atteindre les 15% ! Mais le joli cadre de l’arrivée au pied de la chapelle est une belle récompense. Cette dernière est doublée avec un superbe panorama qui s’ouvre sur la Plaine de la Saône, la Bresse et la Dombes.

Arrivée au sommet du Mont Brouilly, altitude 485 m.
La Chapelle Notre-Dame-aux-Raisins. Panorama sur la Plaine de la Saône, la Bresse et la Dombes.

Col de Brouilly – 333 m

Petite pause, je repars en empruntant la descente par l’autre versant. Mais un lacet plus bas, je m’arrête aussitôt pour profiter d’une superbe terrasse-panorama sur les sommets du Beaujolaisallant de la Montagne de Rochefort où est situé le Fût d’Avenas au Signal de St-Bonnet en passant par le Mont St-Rigaud au fond à droite et Mont Soubran juste en face.

Panorama sur les Monts du Beaujolais depuis la terrasse Ouest du Mont Brouilly.
Mont Soubran, à droite on devine le Col de la Casse Froide.
Panorama sur les Monts du Beaujolais entre les Monts Soubran et St-Rigaud.
Le Mont St-Rigaud est le point culminant du département du Rhône.

Je distingue aussi nettement en contrebas le premier col de ma chasse de ce jour : le Col de Brouilly – 333 m. Sur un panneau, j’apprends que ce col comporte un autre nom : celui de la Poyebade. En effet, le point géographique est plus proche du hameau de la Poyebade que du petit village de Brouilly. Je file le rejoindre mais pas de panneau pour savoir quel est le véritable nom d’usage. Dans tous les cas, j’empoche dans ma musette le plus petit col du département du Rhône ! Mais j’en aurais bien plus bavé que si je l’avais grimpé par son versant Nord (départ depuis la D337), le plus pentu avec 1,850 km à 5%.

Col de la Poyebade, appellation locale du… … Col de Brouilly.
Point géographique du Col de Brouilly. Il est un peu à l’écart de la D43.
Vue sur le Mont Brouilly depuis la D43 en direction d’Odenas.

Je reprends ma route au Nord, direction Odenas. Juste après ce dernier, je laisse la D43 pour emprunter la D133 direction le Perréon. Je pédale tranquillement toujours au milieu du vignoble. Mon regard est attiré sur ma droite par Ste-Marie, une ancienne ferme fortifiée. Elle me permet de situer les « Landes du Beaujolais » qui se déploient sur les lignes de crêtes, dominées par les cols de la Croix Marchampt, de la Croix Rosier et de la Croix Montmain, entre 500 et 800 mètres d’altitude.

En direction de Perréon, on distingue Ste-Marie, ancienne et imposante ferme fortifiée.

Je traverse rapidement le Perréon et entame une petite ascension, à partir du pont qui enjambe le Ruisseau de la Ponsonnière, qui va me mener à Vaux-en-Beaujolais, qui surveille ses vignes étalées sur un petit mont qui se détache nettement des contreforts des Monts du Beaujolais. Je dois compter sur 1,250 km à 6% jusqu’à l’église.

Au bout de cette route, Vaux-en-Beaujolais perché sur son petit mont.

Col de la Vieille Morte – 597 m

Je ne monte pas jusqu’en haut du village, je bascule aussitôt vers Montrichard. Encore un pont qui enjambe cette fois-ci le Ruisseau de la Pailloud et je débute l’ascension du Col de la Vieille Morte,destination dont le nom laisse imaginer un lieu avec une histoire lugubre à raconter blotti au coin du feu un soir d’hiver !

En tout cas, c’est une ascension qui m’aura bien fait transpiré et sur laquelle j’ai du dépenser un peu d’énergie : environ 3,5 km à 7,5% ! Une pente qui ne vous lâche pas – 8% – sauf le dernier kilomètre à 6,5% dans lequel vous croiserez peut-être la Vieille Morte errant autour de sa ferme perdue au milieu des bois… brrrrrr !

Profil du Col de la Vieille Morte / versant Montrichard.
Vue en se retournant sur la montée du Col de la Vieille Morte.

J’arrive au Col de la Vieille Morte – alt. 597 m. Paradoxe, le lieu de ce col au nom lugubre est superbe et offre un magnifique panorama des 2 côtés. Je profite un peu du coin pour faire une pause et faire un point sur la suite de mon parcours. Je pourrais filer directement vers St-Cyr-le-Chatoux mais je vais prolonger vers l’Est pour chasser rapidement le col suivant.

Col de la Vieille Morte – alt. 597 m.
Depuis le Col de la Vieille Morte, la route menant à St-Cyr-le-Chatoux.
Au Col de la Vieille Morte, plongée vers Rivolet.

Col de St-Bonnet – 645 m

Je reprends donc ma route en empruntant la D20 et je continue… à grimper. Oh ça va, rien d’insurmontable pour me pointer au Col de St-Bonnet – alt. 648 m : 1,6 km à 3%. J’aime bien ces cols où il y a plusieurs routes et chemins qui débouchent de tous côtés. On ne sait aller dans quelle direction prendre mais c’est comme une invitation à découvrir ces destinations inconnues mais cachant peut-être des trésors touristiques. D’ailleurs, un jeune promeneur revient tout guilleret d’une balade du Signal de St-Bonnet (alt. 690 m) où se trouve une très belle chapelle datant du XIIème siècle.

En grimpant vers le Col de St-Bonnet, en se retournant, beau point de vue sur le précédent col.
Col de St-Bonnet – alt. 648 m.
Col de St-Bonnet – alt. 648 m.

Je repars et entame cette fois-ci une descente vers Montmelas-St-Sorlin puis Rivolet. Elle sera vertigineuse, perdant d’un seul coup 300 m d’altitude. J’aurais aussi réalisé un quart de mon parcours avec déjà près de 750 m de dénivelé positif dans les jambes.

Col de la Croix Montmain – 737 m

Profil du Col de la Croix Montmain/ versant Rivolet via le Nizerand.

Je ne le sais pas trop encore, découvrant pour la première fois le coin, que je vais réaliser l’ascension du Col de la Croix Montmain en 2 temps qui commence donc à Rivolet. Sur les conseils de Bast, je vais abandonner assez rapidement la D504 pour emprunter une route vicinale remontant leRuisseau du Nizerand. Certes, le décor est bien ludique mais Bast m’avait plus ou moins bien précisé que cette partie, qui rejoignait St-Cyr-le-Chatoux, non seulement distribuait quelques petits raidillons, mais se terminait par un mur terrible !

Les hauteurs de la Vallée du Nizerand.

Je m’en sors tant bien que mal et en me hissant sur la D504 au niveau du petit hameau de Cruizon,juste sous St-Cyr-le-Chatoux, je récupère tout doucement mes forces – que j’ai bien laissées dans cette partie et qui m’ont un peu manquer pour la suite de ma randonnée – en me dirigeant jusqu’au Parasoir.

Au Parasoir, il y a la possibilité d’avoir une belle vue vers le Nord sur les Monts du Beaujolais et le Mont Brouilly un peu plus loin, c’est sympa ! Juste à côté, il y a un restaurant, il est environ 12h30, j’étais presque tenté de faire une halte pour boire un coca bien frais, d’autant que 2 cyclos, attablés à une terrasse ensoleillée, me souhaitent une bonne santé en levant leurs bières ! Je les salue mais je passe mon tour car j’avais dans l’idée de ne pas couper mon effort et de faire ma pause casse-croûte un peu plus loin au Col de la Croix Montmain et de laisser au moins près de la moitié du parcours derrière moi.

Panorama depuis le Parasoir. On distingue nettement la montée du Col de la Vieille Morte.

Je prends donc immédiatement à droite pour enchaîner sur une descente ! Ne connaissant pas les lieux, je pensais continuer à grimper. Bon, ça fait du bien mais ce que je descendais, il allait bien falloir le regrimper ! Ce qui arrive au bout de 2 kilomètres. Je suis un peu cuit, je passe en mode tracteur mais les 3 kilomètres jusqu’au Col de la Croix Montmain, pourtant pas bien difficiles, sont bien longs.

Un peu plus tard, je me pointe enfin au Col de la Croix Montmain – alt. 737 m. Je vais pouvoir profiter d »une pause bien méritée et me refaire une santé avec 2 énormes sandwichs, une banane et des biscuits le tout accompagné d’un coca. C’est assez amusant de faire ma pause à cet endroit-là car j’en avais déjà réalisée une au col homonyme qui se trouve en Saône-et-Loire lors d’une chasse aux cols réalisées en 2013. Je profite du calme et de « ma solitude » pour me repasser un peu le film de ma première partie de la journée et aussi penser à la suite du parcours.

Col de la Croix Montmain – alt. 737 m.

Ma pause a bien duré 20 minutes, je me suis un peu refroidi mais le ventre est plein et ma barre d’énergie est bien remontée. Je me mets en branle et prends la route qui part au Nord (D88E). Je fais quelques mètres, un panneau attire mon attention… et je m’offre un bon coup de stress en lisant le massage suivant : COURSE AUTOMOBILE – FERMETURE ROUTE DE 13H30 A 18h… je consulte l’heure… 13H15… ARGHHHHH !!!

Voici petit retour sur la couse auto en question. Il s’agissait du Tour Auto. C’est une compétition automobile constituée de plusieurs étapes à travers toute la France. Elle mélange parcours routiers, épreuves de régularité sur des spéciales et courses sur circuit. Pour cette 25ème édition, 230 participants s’se sont affrontés de Paris à Cannes au volant de véhicules construits entre 1951 et 1973. J’y reviendrais un peu plus tard car j’allais la recroiser au Col du Fût d’Avenas…

Cols de Pierre Plate – 593 m / de la Croix Rosier – 721 m / de la Croix Marchampt – 687 m

Profil du Col de Pierre Plate, du Col de la Croix Rosier et du Col de la Croix Marchampt.

En attendant, il fallait que je m’extirpe de ce piège et je n’avais qu’un quart d’heure pour le faire ! Je me lance immédiatement dans la descente. Environ 2,5 km jusqu’au Col de Pierre Plate. A mi-chemin, STOOOOP ! Le MONT-BLANC ! Il émerge dans un horizon brumeux mais je suis obligé de le prendre en photo, je l’adore ! Lui et le Mont Ventoux me fascinent. Je rajouterais aussi les Aiguilles d’Arves et le Cervin en Suisse.

Le Mont Blanc bien visible dans la descente vers le Col de Pierre Plate.

Clic-clac, allez je repars et déboule l’instant d’après au Col de la Pierre Plate – 593 m. Il y a du monde qui s’est installé pour voir la course auto. J’ose espérer que le circuit arrive de Perréon mais non, un panneau indique qu’il se trouve toujours sur mon parcours ! Clic-clac, photo souvenir du col. On ne fait pas trop attention à moi, je repars aussitôt et cette fois-ci, c’est une montée qui m’attend. Un peu moins de 2 kilomètres sur une pente bien soutenue entre 6,5 et 7,5%. Ça va, j’ai de l’énergie, je me permets de faire une petite halte pour une photo panorama avec encore le Mont Blanc au fond. Encore un petit effort et c’est le Col de la Croix Rosier – 721 m que je mets dans ma musette. Contrairement à ce que peut suggérer son nom, point de roses mais un gros bordel de camions, gravats, tôles qu’un entrepreneur en BTP (habitant au col) à entreposer un peu partout… rendant ce col malheureusement bien moche !

Col de la Pierre Plate – alt. 593 m.
Panorama dans la montée du Col de la Croix Rosier.
Encore le Mont Blanc mais à peine visible sur la photo !
Col de la Croix Rosier – alt. 721 m.

Quant à ma « course-auto »… et bien je n’en suis toujours pas sorti ! Il est 13h27… Clic-clac, photo souvenir du col. Il y a un signaleur mais il m’ignore, je file tout de suite vers le Col de la Croix Marchampt en espérant ne pas croiser un directeur de course qui me commanderait de mettre pied à terre, m’obligeant à marcher à côté du vélo sur une distance inconnue tout en craignant d’être fauché par une voiture furieuse ! Autant vous dire que je n’ai pas traîné entre le Col de la Croix Rosier et celui de la Croix Marchampt. Heureusement, 2,4 km très faciles et à 13h30, je déboule au Col de la Croix Marchampt – alt. 687 mJe dois prendre à gauche… la course-auto passe par la droite… ouf, je m’en suis sorti ! Les spectateurs sont plus nombreux, une voiture d’encadrement équipée d’un gyrophare passe à cet instant… c’était moins une ! Clic-clac encore une photo souvenir du col et je m’éloigne rapidement de toute cette agitation.

Col de la Croix Marchampt – alt. 687 m.

Col de la Casse Froide – 739 m

Profil du Col de la Casse Froide.

Descente courte jusqu’au hameau de la Grandouze où je dois prendre une petite route à droite qui va me mener au Col de la Casse Froide. Sans le savoir, je me trouvais sur les contreforts du Mont Soubran et j’allais bien les déguster ! Ça commence sans transition par 350 m à 12,5% où je fais chauffer la chaudière et les cuisses ! Je fais une petite pause pour refroidir tout ça et profiter du panorama vers les Monts du Beaujolais Sud où une quinzaine de cols m’attendent… je me fais la promesse d’une nouvelle chasse aux cols à prévoir une autre fois !

Vue sur le Col de la Croix Marchampt depuis Grandouze.
Panorama sur le Beaujolais Sud au-dessus de Grandouze.

Je repars mais l’effort n’est pas terminé, je peux le voir en apercevant nettement la route qui s’élance progressivement tout droit dans un mur ! 500 m à 9,5% mais dans la partie finale, le compteur a affiché un passage à 14%. Je surmonte la difficulté mais j’y perdrais quelques plumes pour la suite de ma randonnée. Allez, hop ça redescend jusqu’au Creux de Soubran et ça remonte illico, encore une flèche de 250 m à 9,5%, argh, ça passe mais j’y perds un peu de ma raison et j’en oublie de prendre à droite une petite route qui m’aurait menée au Mont Soubran (alt. 894 m), faut dire que je n’ai pas vu de pancarte, qui m’a été conseillé par Bast : « Entre la Croix Marchampt et la Casse Froide, tu as le Mt Soubran. Si tu as les jambes vas-y, et si tu acceptes de rouler un peu sur une route en très mauvais état, car la vue est superbe là-haut, la seule que tu pourras avoir vraiment à 360° sur le parcours ». Je ne m’en suis aperçu seulement un peu plus loin au Col de la Casse Froide. A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai fait un petit calcul du profil : 1,1 km à 13% !!! Après ce que je venais de déguster, cette montée supplémentaire m’aurait sûrement achevée, ma carcasse y traînerait encore aujourd’hui ha ha ha !

Une terrible rampe sur les flancs du Mont Soubran.

Et hop, ça redescend aussi sec, et ça remonte doucement pour déboucher sur la D129 au-dessus de Valtorte. Je prends à droite pour aller chasser en aller-retour le Col de la Casse Froide dans une longue courbe à gauche de 500 m à 6,5%. Bizarrement, il y a un bon petit vent frais qui illustre bien le nom du col. Cela me fait penser au Col de Sibérie aussi dans le Beaujolais un peu plus au Nord. On imagine bien ces cols où il ne doit faire très chaud en hiver ! Au Col de la Casse Froide – alt 739 m,encore une occasion de profiter d’un superbe panorama avec le Mont Soubran sur la gauche.

Col de la Casse Froide – alt. 739 m.
Depuis le Col de la Casse Froide, panorama sur le Mont Soubran.

Me voilà désormais à mi-parcours, déjà 1400 m de dénivelé positif dans les jambes et quelques raidards bien usants. Mais la chasse est bonne et le paysage du Beaujolais et ses petites routes des plus plaisants, donc demi-tour pour m’offrir une belle descente jusqu’à Claveisolles. Moins 285 m de dénivelé d’un seul coup et au fond de cette nouvelle vallée, il fait bien plus chaud. Je prends à droite et je remonte la tranquille D23 le long de l’Azergues. C’est un faux-plat montant assez doux, j’en profite pour recharger les batteries.

Vallée de l’Azergues. Eglise de Lafont.

Col de la Croix des Brosses – 646 m

Profil du Col de la Croix des Brosses.

Au charmant petit hameau de Lafont (il y a aussi une superbe petite église), je prends à gauche pour attaquer l’ascension du Col de la Croix des Brosses – 646 m. Court, 1,550 km, mais costaud avec une pente moyenne à 7,5% et quelques mètres à près de 9%. Mais une fois de plus, le magnifique paysage sur la Vallée de l’Azegues et le Mont Tourvéon m’ont distrait durant l’effort.

Vue sur le Mont Tourvéon depuis Ratignier.
Panorama sur la Vallée de l’Azergues.
Col de la Croix des Brosses – alt. 646 m.

Je bascule à nouveau dans une descente vers Poule-les-Écharmeaux. C’est une nouvelle vallée… elle aussi alimentée par l’Azergues ! Petite particularité géographique : c’est rare qu’une rivière alimente 2 vallées ! Poule-les-Écharmeaux est un joli village construit sur une butte. Je m’attends à voir des poules partout mais c’est plutôt l’exploitation forestière qui bat son plein, des centaines de grumes attendent un peu partout que les camions-grumiers viennent les chercher.

Col des Écharmeaux – 712 m

Profil du Col des Écharmeaux.

Je laisse Poule-les-Écharmeaux sur ma droite pour prendre à gauche une petite montée (1 km à 6%)qui va me mener à la D385. Ça continue à monter sur la D385, il fait chaud, je me retrouve un peu scotché sur cette large route où les camions-grumiers me dépassent dans un grondement de tonnerre. Malgré un très facile kilomètre et demi à 4-4,5%, j’atteins un peu péniblement (les Écharmeaux et par la même occasion son col du même nom. Petite attraction : au milieu d’un rond-point trône une belle statue de Napoléon. Par contre, le point géographique du Col des Écharmeaux – 712 m se trouve à une trentaine de mètre sur la petite portion de route qui sépare la D385 de la D10.

Col des Écharmeaux – rond-point. Col des Écharmeaux – point géographique.
La statue de Napoléon 1er, attraction du Col des Écharmeaux.

La statue de Napoléon 1er qui orne la carrefour est l’œuvre d’un homme du pays, Jean MOLETTE fils (1819-1889). Ce dernier, sabotier de son état et sculpteur naïf à ses heures, réalisa cette statue sous le Second Empire alors qu’il habitait aux Écharmeaux. Plus de détails ici. Je me repose un instant au pied de la statue puis je repars pour attaquer le dernier quart de mon parcours.

Col de la Croix d’Ajoux – 853 m > Col de Patoux – 910 m

Profil des Cols de la Croix d’Ajoux et du Patoux.

Nouvelle descente jusqu’à Propières où j’attaque une nouvelle ascension, cette fois-ci vers les Cols de la Croix d’Ajoux puis de Patoux sur une route forestière en direction du Mont St-Rigaud. Un raidillon me cisaille d’entrée les cuisses et le peu d’énergie qu’il me restait est parti d’un seul coup en fumée. Une route tranquille, ça c’est sûr mais bien propice pour pouvoir vivre peinard un… bon calvaire ! Je passe la vitesse « mode au moral » pour grimper une pente très irrégulière sur cette route un peu perdue. Je serre les dents à l’approche du Col de la Croix d’Ajoux en me présentant au pied d’un long raidard droit comme un « i » : la déclivité grimpe progressivement de 8% jusqu’au final avec ses 200 derniers mètres à 15% m’ont littéralement flingué ! Meurtri, je n’ai pas posé pied à terre mais j’ai lâché un beau juron une fois arrivé au Col de la Croix d’Ajoux – 820 m d’altitude. Une petite pause pour reprendre mon souffle, je suis cramé mais il faut reprendre la suite de l’ascension.

Col de la Croix d’Ajoux – 820 m. Oui, il y a bien une croix !

La suite est heureusement plus calme : 1 km à 5,5% puis un replat et même une légère descenteme dépose au Col de Patoux – 910 m, le point le plus haut de mon parcours. Je m’étais presque décidé à me laisser mourir dévoré par une horde de chiens monstrueux… c’est dire l’état d’esprit dans lequel j’étais pour savoir si j’allais monté au Mont St-Rigaud, point culminant du département du Rhône avec ses 1009 m. Je commence quand même à m’élancer… une idée me traverse l’esprit : encore 100 m de dénivelé positif sur grosse-modo 1 km (je n’avais aucune idée de la distance), ça fait 10% de moyenne… ma volonté a flanché ! Demi-tour. En fait, une fois à la maison, j’ai refait le point avec Bast qui m’a définit ce qu’il aurait fallu grimper : « En fait, à partir du col de Patoux ça grimpe un peu, puis tu aurais eu un replat et une bonne petite descente, puis une remontée finale jusqu’au sommet avec les dernières centaines de mètres qui valent leur pesant de cacahuètes (un raidard comme on les aime quoi 😉… Pour le St Rigaud, tu vas devoir revenir alors ? hihi.« *

Une coupe forestière permet d’avoir une vue sur les Monts du Beaujolais Nord.
Col de Patoux – 910 m.

Col des Oncins – 702 m > Col de Crie – 624 m

Sur le coup, je n’avais plus de jus et il fallait que j’en trouve pour finir le parcours. Procédons dans l’ordre. D’abord, c’est facile, effectuer une nouvelle descente jusq’au Col des Oncins mais la pente est très forte et la route forestière – toute bosselée – m’oblige à serrer fort le guidon. Je freine à mort au Col des Oncins – 702 mCelui-là, je le connais, j’étais venu le chasser en aller-retour au cours d’une randonnée « Beaujolais Nord » en 2014. Et à partir de ce point, je connais la fin de mon parcours. Du coup, le fait de ne plus avoir à chercher mon chemin m’enlève comme un poids qui me redonne un peu d’énergie… et aussi surtout parce que j’étais dans une descente 😉 !

Col des Oncins – 702 m.

Clic-clac, photo, le panneau est un peu à l’écart de la route. C’est reparti dans la descente. Je déboule au Col de Crie – 624 m. Très sympa ce col avec son grand rond-point où trône un grand totem. On a aussi une belle vue plongeante sur la Vallée de l’Ardières avec Beaujeu tout en bas.

Le totem du Col de Crie.
Col de Crie – 624 m.

Col de la Serve – 708 m > Col du Fût d’Avenas – 743 m

Profil des Cols de la Serve et du Fût d’Avenas.

La tentation de plonger sur Beaujeu puis rentrer tranquillement jusqu’à Belleville n’était pas assez forte. En effet, ma barre d’énergie est remontée et l’envie de passer au Col du Fût d’Avenas avec son prodigieux panorama me font attaquer la dernière partie de ma randonnée – un peu plus de 25 km – mais je sais qu’elle sera pas trop dure.

L’ascension du Col de la Serve consiste en un agréable faux-plat montant de 2,5 km à 3,5%. Je n’oublie pas de faire la photo au Col de la Serve – 708 m que j’avais oubliée de faire lors de mon premier passage en 2014.

Col de la Serve – 708 m. Vue d’ensemble du Col de la Serve
(clic pour zoom)

Je prends ensuite la D18E direction Avenas mais il me faut continuer à monter une portion de 850 m à 5,5% pour pouvoir basculer dans la magnifique descente vers Avenas. Lors de ce second passage, je constate encore qu’on est comme seul au monde dans ce repli de la Montagne de Rochefort. Dans un dernier lacet, la pente s’inverse et c’est une nouvelle montée sans trop de difficulté avec 1,6 km entre 3 et 4% jusqu’à Avenas.

Arrivé à Avenas, je rencontre un défilé de voitures… ce sont celles de la fameuse course automobile décrite plus haut. Le parcours n’est pas fermé – les conducteurs voulaient s’offrir le Fût d’Avenas avant de rentrer sur Lyon – mais je dois partager la dernière rampe – 1 km à 6% – avec une vingtaine de voitures folles au moteur enragé (vous pensez que les gars profitent du paysage, que nenni, leur seul objectif est de battre des records de vitesse !… de plus ils ne s’arrêteront même pas au belvédère pour profiter du panorama !!!).

Je me pointe au Col du Fût d’Avenas – 743 m. Une photo de la pancarte collée au bord de la route. Le col en lui-même ne présente rien d’extraordinaire, par contre, le spectacle se trouve un peu plus bas dans la descente avec un belvédère qui propose un fabuleux panorama sur la Plaine de la Saône, la Bresse et la Dombes puis les Alpes et le Mont Blanc dans le fond. Comme lors de mon passage en 2014, il y a de la brume qui empêche d’avoir une vue parfaite mais le Mont Blanc est bien là.

Col du Fût d’Avenas – 743 m. Petit problème avec l’altitude indiquée sur le panneau !
Terrasse du Fût d’Avenas.
Superbe panorama !

Fin de la randonnée

Après cette belle pause, le retour est facile avec une longue longue descente jusqu’à Belleville en passant par le Col du Truges – 480 m, déjà récolté en 2014 et Villié-Morgon, haut-lieu du vignoble Beaujolais. Je termine pas trop mal avec quand même les reins un peu compote. En tout cas, avec 118 km (départ/arrivée parking péage autoroute), 2700 m de D+ au compteur, 17 Cols et … 1 Mont (oui, j’ai zappé 2 Monts ;-), la journée a été belle et a été bien remplie !

Col du Truges – 480 m. Encore un petit problème avec le panneau…
Panorama sur le vignoble du Beaujolais depuis le Col du Truges.

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