L’Ardéchoise

 dossard n° 567

Distance 221 km Dénivelé + 4 126 m Ascensions 11

Samedi 20 juin 2015 – St-Félicien – Belle météo – 15°C – 7h35 – je franchis la ligne de départ de l’Ardéchoise et c’est parti pour une longue, longue journée de vélo : 221,580 km, 12h31 et 4126 m de dénivelé positif !!!

CLIC – Retour en arrière – CLIC – bzzzzzzzzzzzzzzziouuuu – CLIC 

Inscription le 2 novembre 2014… ca y est, voilà 2 ans qu’elle me trottait dans la tête, je me suis lancé dans un beau défi : celui de l’Ardéchoise – 220 km et 4270 m de dénivelé positif ! Une des plus belle cyclosportive à la réputation mondiale. Le tour d’un canton classique dans un petit village d’Ardèche, est devenu la plus grande épreuve cycliste de masse au monde sur route de montagne. 13 000 participants en moyenne ! Pour tous les détails : www.ardechoise.com

Tout est nouveau : ma première cyclosportive, la distance (record – 208 km à l’occasion du BRM de Varois-et-Chaignot en mars 2015 et unique “200” de ma vie de cyclo), le dénivelé (record – 3264 m réalisé au cours de mon défi des Fêlés du Grand Colombier) et même le nombre (11) d’ascensions à enchaîner. Bref, l’inconnue et il faudra y faire face !

Pour cela, j’ai compté sur l’enthousiasme que de nombreux participants ont partagé sur leurs blogs. Bien sûr, l’entraînement jusqu’au mois de juin a été soutenu à mon niveau (3700 km et près de 27 000 m de D+). Mon expérience, le plaisir de grimper, de nouveaux cols à ajouter à ma collection et l’occasion de découvrir une région inédite – l’Ardèche – feront le reste.

CLIC – Marche avant – CLIC – bzzzzzzzzzzzzzzziouuuu – CLIC

Vendredi 19 juin 2015 – Midi, après 4 heures de voyage, je pose mes affaires et plante ma tente au camping de Pierrageai situé à 3 petits kilomètres et demi de St-Félicien. Bien que mon emplacement accuse une gîte de 5% – histoire de me mettre au parfum du thème du week-end ! – je bénéficie d’une vue 3 étoiles sur les monts ardéchois. Des dizaines de tentes, caravanes et camping-cars occupent déjà les lieux. Je mange tranquillement, arrange quelques affaires puis à 14h, j’enfourche mon vélo pour me rendre à St-Félicien afin de récupérer mon dossard.

Mon emplacement au camping de Pierrageai

Il faut compter 3,5 km d’une petite grimpette sur une pente qui n’excède pas les 5% pour rejoindre St-Félicien. Il faudra que j’ajoute ce petit effort à ma journée de demain. A l’entrée du village, la déco est déjà en place, les parkings déjà à moitié plein et des centaines de cyclos vadrouillent tranquillement comme moi, l’ambiance est déjà en place !

Je cherche un peu – il faut dire qu’il y a des centaines de panneaux assemblés par paquets de 5 ou 10 qui indiquent toutes les directions possibles, ce qui rend leur lecture assez difficile – et je me pointe à l’entrée du village des exposants.

Dans l’allée centrale du village des exposants.
Ekoi, une marque que j’apprécie.

Je serpente doucement à pied en tenant mon vélo à la main au milieu des badauds qui s’agglutinent aux abords des stands des exposants (une quarantaine). Il y a tout ce que vous pouvez imaginer : sur près de 3500 m2, c’est un véritable lieu de rencontres des différents acteurs du marché de l’univers du cyclisme, notamment les fabricants, vélocistes, distributeurs… mais aussi des exposants en produits locaux et loisirs (sites touristiques, organisateurs de stage, hébergements). Je ne traîne pas trop, il suffit que je jette un coup d’œil sur une roue qui doit valoir le prix d’un vélo pour me faire fuir vers le lieu principal que je voulais atteindre : le gymnase de St-Félicien.

L’entrée du gymnase de St-Félicien -c’est ici pour le retrait des dossards

On y rentre comme dans une église ! L’effet est saisissant, tout est calme, une déco colorée de jaune et de violet (les couleurs de l’Ardéchoise) inonde une vaste salle où se trouve une incroyable rangée de stands d’accueil avec derrière des milliers de sacs cadeaux entassés contre un mur. Des dizaines de bénévoles attendent leurs “clients”. Je me dirige vers le stand qui s’occupait des inscrits 300 à 800. Une dame m’accueille, elle vérifie ma lettre d’accréditation, me tend un sac cadeau et me donne une enveloppe.

Un lieu mythique !

Elle devine que c’est ma première Ardéchoise et entreprend de m’expliquer patiemment toutes les modalités des prestations auxquelles j’avais droit : la plaque et le dossard (n°567), des tickets me donnant droit à un repas, un café et une participation à une tombola. Pour ces derniers, je n’aurais pas du tout l’occasion de pouvoir les utiliser ! Sinon, très pratique, sont fournies : des attaches pour la plaque et 4 épingles à nourrice pour le dossard. La plaque est équipé d’une puce électronique qui sert aux 4 points de chronométrage de la course (au départ, aux points intermédiaires de Burzet et St-Martin-de-Valamas et à l’arrivée).

Stands d’accueil pour le retraits des dossards – contre le mur, tous les sacs-cadeaux !

Je remercie chaleureusement la dame et je passe à la sortie pour récupérer le cadeau officiel de cette Ardéchoise 2015 : une paire de lunette Ekoi. Sympa, elle est présentée dans un boîtier couleur violet Ardéchoise. La monture est bien sûr couleur jaune Ardéchoise ! Je l’adopte tout de suite, elles sont bien plus légères que celles que j’avais. L’organisation a aussi offert en plus 2 bidons de 750 ml. Ça tombe bien, de tout mon matériel que j’avais emmené, j’avais oublié mes bidons !

Je fourre le tout dans mon sac à dos, reprends mon vélo et passe à la suite de mon programme : une petite sortie pour dérouiller les jambes, chasser quelques cols et reconnaître la fin du parcours de l’Ardéchoise !

Je retourne à l’entrée/sortie du Village des Exposants. Je ne manque pas de prendre une photo-souvenir de la fameuse Maison de l’Ardéchoise qui sert de lieu de rassemblement pour les organisateurs et bénévoles qui gèrent l’énorme évènement de l’Ardéchoise durant près de 8 mois avec un budget d’environ 1,5 million d’euros !

La Maison de l’Ardéchoise.
Une belle sculpture en fer forgée.

A la sortie, clic-clac, je remonte sur le vélo, je tournicote un peu pour repérer l’entrée de mon sas de départ prévu pour demain matin puis je sors de St-Félicien en empruntant la D532 en direction de Lalouvesc.

Ça grimpe tranquille, je limite mes efforts en prévision de ceux qui m’attendent demain et je profite à fond du paysage, de la belle météo et du plaisir de découvrir un coin inédit.

Au bout de 6 km, je prends une petite route à droite sur 300 m environ pour atteindre le Col du Gibet à 713 m. Ouf, je note seulement la présence d’une croix au lieu d’une potence avec son pendu au bout ! Pas de pancarte. Les points de vues sont magnifiques de chaque côté. Le vent souffle très fort… parlons-en un peu : pour le week-end, ce dernier, venant du Nord, s’est invité à la fête… avec des bourrasques prévues entre 20 et 60 km/h ! Une grosse contrainte que tous les participants allaient devoir affronter sur la boucle… retour !

Le Col du Gibet – 713 m.
Le Col du Gibet – 713 m.

Hop, demi-tour pour retomber sur la D532 et continuer à grimper tranquillement vers Lalouvesc. Après 4 kilomètres,toujours sur une pente qui n’excède pas les 5%, je pointe le Col du Marchand à 903 m. Ce dernier est emblématique car il a été rebaptisé Col Robert Marchand en 2011 en l’honneur de Robert Marchand qui a gravi ce col à plus de 100 ans. Allez faire un tour sur sa page wikipedia, ce personnage est extraordinaire !

Le Col du Marchand – 903 m en direction de St-Félicien.
Le Col du Marchand – 903 m en direction de Lalouvesc.

CLIC – bzzzzzzzzzzzzzzziouuuu – CLIC – CLIC – CLIC ! &%@# de télécommande ! Excusez-moi, j’ai appuyé par erreur sur un bouton ! 🙂

Je reprends mon ascension – oui, ça grimpe toujours – vers Lalouvesc. Un kilomètre plus loin, je me retrouve sur une sorte d’arête qui permet d’avoir un très beau panorama sur la Plaine du Rhône avec au fond la masse noirâtre du Vercors. Je jette un coup d’œil à mon GPS, j’ai raté mon troisième objectif : le Col du Faux. Demi-tour, à partir de là, je vais amorcer la boucle retour de mon parcours qui va me permettre de repérer les 20 derniers kilomètres du parcours de l’Ardéchoise.

Je retombe rapidement au pied du Col du Faux. Un léger coup de cul de 200 m permet de l’atteindre à 1021 m.J’essuie la pancarte et m’engage dans sa descente… pas très longue, elle replate rapidement. En fait, je me retrouve à pédaler joyeusement sur une belle route balcon qui permet d’avoir des vues sympathiques sur les monts ardéchois.

Le Col du Faux – 1021 m.

Le paysage est singulier : il y a des centaines d’arbres morts ! Incendies ou maladie ? Question sans réponse pour l’instant, je débouche sur le Col du BuissonA 917 m, ce col est un lieu mythique de l’Ardéchoise : c’est le premier et aussi le dernier qu’il faudra franchir demain…

Le Col du Buisson – 917 m.
Le Col du Buisson – descente vers Pailharès / St-Félicien.

Je fais une halte, prends quelques photos du lieu car demain je n’aurais pas le temps de faire du tourisme ! Je bascule ensuite dans la descente. Elle fait 13 km. C’est un peu étroit, sinueux et un peu sombre jusqu’à Pailharès… il faudra faire attention demain. Après Pailharès, la route est plus aérée, les courbes plus douces… puis à 2,5 km de St-Félicien, elle remonte. Et oui, les derniers hectomètres de l’Ardéchoise se termineront par une montée ! Oh pas trop forte – 2-3% maxi – mais après 220 km et plus 4000 m de dénivelé positif, elle risque de passer plus ou moins bien, il faudra que le moral tienne !

Pailharès.
Les spectateurs sont déjà en place !

Fort de tous ces enseignements, je traverse rapidement St-Félicien, toujours animé par les derniers préparatifs, puis descends vers le camping de Pierrageai.

Après une bonne douche, je prépare mes affaires pour le lendemain : dossard dans le dos du maillot, c’est la première fois et c’est pas évident du tout ! Fixation de la plaque à l’avant du guidon. Le reste est tout bon, le vélo a été entièrement révisé 15 jours avant : chaîne, K7, câbleries changées, nouvelle roue avant et pneus neufs, je pense avoir assuré le coup !

Ma monture fin prête et sa plaque.
La plaque, au dos est fixé la puce électronique.
Mon dossard.

Je consulte une dernière fois mes profils, je dévore un bon plat de pâtes. La nuit tombe et comme les poules, je vais me coucher, c’est qu’il faut être reposé pour demain et surtout que j’ai mis le réveil à 5h45 ! Bonne nuit les petits !

La plus longue journée de ma vie !

Samedi 20 juin 2015 – St-Félicien – Camping de Pierrageai…

5h45, ça y est mon smartphone affiche l’heure du réveil ! Il faut dire que je n’ai même pas eu besoin d’éteindre l’alarme car cela faisait bien une heure que je surveillais l’heure du lever ! Bien sûr, avec un tel évènement en tête comme l’Ardéchoise, j’avoue que la nuit a été agitée ! De plus, vous vous rappelez : j’étais installé sur un terrain qui accusait au moins une pente de 5%… et bien c’était pareil pour le matelas ! Je vous laisse imaginer le confort !!!

5h50, petit-déjeuner bien frugal pour prendre des forces, tranquille, j’avais tout bien préparé mes vêtements, le vélo et tout son équipement, les bidons déjà remplis et en place (ça c’est toujours le truc qu’on oublie en partant et on s’en aperçoit généralement seulement au bout de 10 km !).

6h15, toilette, j’enfile la tenue tout en observant le camping en effervescence avec des centaines de cyclos qui se préparaient tout comme moi. J’étais quand même étonné d’en voir qui gonflait leur pneus ou qui en changeait même, voir régler des dérailleurs ou des freins !

6h30, un dernier petit coup d’œil au vélo et c’est parti !

6h40, en grimpant tranquillement vers St-Félicien, je me retrouve dans une étrange procession : des dizaines de cyclos silencieux pensant à la belle et tout de même difficile journée qui les attend. Tout comme moi, ils font attention à fournir un effort minimal dans cette petite ascension vers St-Félicien.

6h50, je me pointe à l’entrée de mon sas, celui des dossards 300 à 2000, gardé par un barrage filtrant. La petite équipe de bénévoles jette un œil sur ma plaque et me laisse passer, je remonte la rue et me retrouve à moins de 150 m de la ligne de départ. PARFAIT ! En m’inscrivant dès l’ouverture des inscriptions en novembre 2014, je m’étais assuré de pouvoir partir dans les premiers et de gagner un temps précieux sur les délais impartis. Il faut savoir qu’avec près de 15 000 participants, il pouvait s’écouler plus d’une heure quinze entre le premier et dernier partant !

Sas de départ 300 à 2000, à 150 m de la ligne de départ.

7h00, mon sas se remplit progressivement, il ne me reste plus qu’à patienter une petite demi-heure. Tout autour de moi, j’observe les centaines de cyclos, quel diversité : les âges vont de 20 à 65 ans, essentiellement masculin, les féminines sont plus rares, il y a les solos comme moi, beaucoup sont venus en club, les visages et les jambes sont souvent affûtés. Il y en a qui attende qui silencieusement, d’autres qui discutent d’une voix forte, d’autres qui lancent des défis aux copains avec des objectifs de médailles d’or, argent ou bronze. Dans mon cas, il me faudrait boucler le parcours de l’Ardéchoise en moins de 9h05 pour décrocher l’or ou moins de 10h20 pour l’argent. Pour le bronze, impossible de savoir, le règlement figurant sur le programme ne l’indique pas.

7h10, on s’occupe comme on peut : j’observe les vélos des coureurs… qui n’ont rien à envier à ceux des pros ! Des machines ressemblant souvent à des formules 1 ! Je peux vous assurer que le prix au mètre carré ce jour là devait être aux alentours des 15 000 euros (sur la base de 3 vélos) !!! Mon fidèle Lapierre devait dépareillé au milieu de tous ces vélos de compétitions ! Mais je fais confiance à mon destrier, un véritable guerrier, robuste comme pas possible, comptant des milliers de kilomètre, près de 500 000 mètres de dénivelé positif, des dizaines de sommets et cols à plus de 2000 m, sans jamais défaillir !

J’y étais !!!

7h15, l’animation s’intensifie : le speaker annonce le départ des participants de l’Ardéchoise Vélo Marathon et des 300 premiers mêlant les VIP, les meilleurs classés des éditions précédentes et les FFC nationaux et Élites. Pour ces derniers, ils boucleront le parcours de l’Ardéchoise entre 7 et 8h, le vainqueur – David De Vecchi – en 6h50 !!! Pour l’Ardéchoise Vélo Marathon, dite l’AVM, ils sont près de 130 inscrits et vont s’offrir un parcours monstrueux avec 278 km, 5370 m de D+ et 16 cols !!! J’ai une pensée pour Baptiste du blog « C’est Dur le Vélo » (que j’espère retrouver ce soir à l’occasion d’une rencontre que nous avions programmé) qui s’est engagé dans cette épreuve ultime pour la deuxième année consécutive… il bouclera cette AVM avec brio en 11h43 (60ème) !

7h20, un hélico survole St-Félicien, tous les cyclos font des grands signes pour être filmé, ça fait monter la tension et l’ambiance, j’en frissonne.

7h25, tout le monde se tient prêt, allume les compteurs…

7h30, TOP DEPART !!! L’aspiration vers le ligne de départ se fait très vite…

7h35, j’ai une banane d’enfer ! Je franchis la ligne de départ de l’Ardéchoise et c’est parti pour une longue, longue journée de vélo : 221,580 km, 12h31 et 4126 m de dénivelé positif !!!

Col du Buisson alt. 920 m
versant St-Félicien 
PK 0

Distance 13 km Max. 5,5% sur 2,5 km Col
1/11
Pourcentage 4% Dénivelé 417 m

Le premier col du parcours Ardéchoise commence par… une descente ! Avec des centaines de participants autour de soi, je descends tranquillement pour prendre la température de la course : ça part vite ! Après 2,5 km, la pente s’incline dans l’autre sens et durant toute la montée jusqu’au Col du Buisson, c’est un incroyable spectacle que je vis en direct : une longue file ininterrompu de cyclos, des qui grimpent tranquillou, d’autres qui remontent la file à une vitesse incroyable et tout ce beau monde avec le sourire ! On sent vraiment à ce moment que l’on est au cœur d’un évènement unique.

Bon, je reste concentré et tiens ma droite. Il y en a un ou deux qui se faufile à ma droite quitte à se vautrer dans le fossé et toi avec en prime ! Je leur rappelle vertement le code de la route : on double à gauche ! Au milieu de cet impressionnant peloton, la montée se déroule rapidement mais a déjà fait un peu son travail de sape car on est entraîné malgré tout par l’enthousiasme général !

Col du Buisson – alt. 922 m – PK 13 – quand on arrive là-haut, je pense au fait que je recroiserais ce col en fin de journée avec 207 km au compteur ! Je fais déjà une première pause mais technique. Je profite du spectacle des milliers du cyclos qui se déversent au col. C’est reparti. Le profil général ne montre pas que l’on continue à grimper après le Col du Buisson ! Oh c’est pas très dur, en faux-plat montant, durant 4 km mais le spectacle est de toute beauté car on se retrouve sur une route-balcon qui permet d’avoir une vue imprenable sur les monts ardéchois.

La pente s’incline et la descente devient vertigineuse. Je traverse Nozières en trombe mais je reste très prudent et ne me laisse pas griser par l’ivresse de la vitesse ! Mais certains prennent des risques insensés… et ça n’a pas loupé : dans un virage, j’aperçois un cyclo assis au bord de la route, tout ensanglanté, un secouriste est déjà auprès de lui (j’ai aperçu 3 équipes de secouristes postés dans les virages les plus dangereux de cette descente), le cadre explosé se trouve à une vingtaine de mètres et une roue pliée en huit un peu plus loin. Plus dingue, la selle gît au milieu de la chaussée, heureusement la route est assez large et je l’évite soigneusement, un vrai danger ce truc, j’espère qu’il n’aura pas causé d’autres accident ! Après 13,5 km de cette descente où les freins ont été mis à contribution, me voilà à Lamastre où un nombreux public applaudit les concurrents, quelle ambiance !

C’est aussi le premier point où une partie des coureurs va emprunter le parcours du Doux (85 km et 1525 m de D+), parcours uniquement cyclotouriste.

Col des Nonières alt. 671 m
versant Lamastre PK 27,5

Distance 10,8 km Max. 5% sur 1,3 km Col
2/11
Pourcentage 2,5% Dénivelé 294 m

Au pied de ce second col, je tombe le coupe-vent, il commence à faire bon. Le Col des Nonières ne présente pas de grandes difficultés mais ne pas s’enflammer, il en reste un bon paquet à grimper par la suite ! La file des cyclos commence à s’étirer, je me retrouve vite esseulé et je commence à faire deux choses qui se répétera tout le long de la journée :

  1. Lire le nom de tous les dossards !
  2. Entendre le son si caractéristique du sifflement des roues lorsqu’un petit ou grand peloton vous double (assez vite en général), on dirait un train qui vous fonce dessus !

Sur ce col, on peut voir une incroyable succession de cyclos partis plus tard et qui remontent un à un tous les premiers partants comme moi. Je m’interroge : mais comment vont-ils tenir à ce rythme ? Ce col est plaisant, un gars me double mais n’avance pas plus vite que moi, je reste dans sa roue quelques hectomètres, ce sera la seule fois de la journée où je serais dans la roue de quelqu’un, un paradoxe quand il faut savoir que près de 15 000 participants étaient au départ ! Je redépasse le gars et arrive peu après au Col des Nonières à 671 m.

Pas de pause, je bascule aussitôt dans la descente, beaucoup moins dangereuse que celle du Buisson, le revêtement est de bonne qualité et je remarque qu’il n’y a pas un pet de gravillon ! Et ce sera le cas tout le long du parcours ! Je soupçonne que l’organisation a passé la balayeuse, c’est vraiment top, pas de mauvaises surprises dans les descentes ! Fin de la descente au Cheylard, je ne fais pas de pause et décline gentiment les verres d’eau que tendent des gamins mais en passant je tape à la file dans les mains d’un autre groupe de gamins tout heureux de participer à la fête. C’est très sympa.

C’est aussi le second point où une partie des coureurs va emprunter le parcours des Boutières (125 km et 2400 m de D+), parcours cyclosportif avec 3240 participants classés.

Col de Mézilhac alt. 1119 m
versant le Cheylard PK 49

Distance 22,9 km Max. 6% sur 600 m Col
3/11
Pourcentage 3% Dénivelé 689 m

Le plus long col de la série, près de 23 km, on va y passer un petit moment, à monter calmement car on risque d’y laisser des plumes pour la suite… mais ça continue de filer vite ! Au début de la montée, beaucoup de monde me dépasse et là, j’ai une sorte de révélation, tout benêt que je suis, je comprends que je participe en fait à une COURSE !!! Oui, les gars, et aussi des filles bien entendu, sont en train de s’arracher ! J’ai l’impression de me retrouver dans une cour où je n’avais jamais mis les pieds ! Wouah, en fait la majorité des participants sont des coursiers, ils font de la compétition toute l’année, je m’aperçois qu’ils sont bien plus affûtés, roulent à un rythme assez élevé et souvent en groupe. Je n’arrive à accrocher aucun wagon, je me cramerais illico ! Je n’ai même pas un quart du parcours dans les jambes ! On se calme, pas de panique, je reprends ma recette qui m’a toujours réussi – rouler à mon rythme – et me refixe l’objectif du jour : boucler le parcours de l’Ardéchoise !

Il commence à faire chaud, à Sardige, je fais ma première pause ravito qui fait du bien : de l’eau bien fraiche, des petits morceaux de bananes et des quarts d’orange sont au menu. Il y a aussi une chorale équipée d’une petite sono qui met l’ambiance et qui accompagnera les participants jusque dans une bonne partie de la montée du Col de Mézilhac. Ce petit arrêt me rebooste et je commence même à dépasser quelques cyclos là où la pente se fait un peu plus forte dans des lacets qui nous font prendre de la hauteur. Dans une épingle, on devine Sardige tout petit au fond de la vallée, ce col devient magnifique et j’adore. Les jambes tournent bien d’autant que je double enfin du monde, c’était bon pour le moral ! Col de Mézilhac en vue – alt. 1119 m – PK 71, pause et il y a du monde ! Pour cause, il y a un énorme ravitaillement, j’ai même du mal à approcher de la table !

C’est aussi le troisième point où une partie des coureurs va emprunter les parcours cyclosportifs de la Volcanique(176 km et 3210 m de D+) avec 2019 participants classés ou des Sucs (234 km et 4310 m de D+) avec 115 participants classés.

Du coup, lorsque je m’engage dans la descente vers Antraigues-sur-Volane, il y a eu un sacré écrémage ! La suite du parcours est réservé donc à ceux qui participent à l’Ardéchoise et à l’Ardéchoise Vélo Marathon. Il y a eu au final 734 classés pour l’Ardéchoise et 114 classés pour l’AVM (source : site internet de l’Ardéchoise). Paradoxalement, encore une fois, avec près de 15 000 personnes au départ, je me retrouve soudainement avec seulement 3 cyclos. Pas le temps de paniquer, la descente est magnifique avec la rivière de la Volane qui descend furieusement au fond de ses gorges. Mais elle est longue et des bourrasques de vent me forcent à bien tenir ma trajectoire. Aucun repos n’est d’ailleurs offert dans les descentes de ce parcours !

Fin de la descente au Pont de l’Huile, petite pause ravito, je tape la discute avec un clown bien sympathique. Les enfants se tiennent loin de lui, les sinistres abrutis qui ont utilisé ce déguisement en 2014 pour faire peur sont passés par là et ont fait du mal aux gentils clowns, snif !

PK 86,5, même pas encore la moitié du parcours mais j’ai atteint le point le plus au sud du parcours et j’attaque la quatrième montée de la journée avec le Col d’Aizac.

Col d’Aizac alt. 642 m
versant Antraigues-sur-Volane PK 86,5

Distance 3,3 km Max. 7,5% sur 700 m Col
4/11
Pourcentage 6,5% Dénivelé 208 m

Attention, petit col pas très long mais sur le papier, le plus dur de la série. À passer pianissimo ! Ce que je fais bien entendu. Je guette le vent du Nord prévu pour aujourd’hui mais ma coiffure reste bien en place. Par contre, la chaleur a soudainement fait son apparition et la montée encaissée dans un petit vallon est un vrai four ! J’atteins quand même le Col d’Aizac – alt. 642 m – PK 90, sans trop de problème. Au sommet, il y a un petit village du même nom et c’est la fête : un groupe de charmantes danseuses se déhanche sur l’air de  » Pas de Boogie Woogie  » d’Eddy Mitchell que j’adore. Je remercie les danseuses en esquissant une danse sur le vélo ! J’en profite pour faire un petit arrêt ravito et boire un verre d’eau gazeuse bien fraîche qui me fait un grand bien. Par la suite, je vais quasiment m’arrêter pour avaler un petit quelque chose ou bien attraper un verre d’eau à tous les ravitos, ce qui me coûtera bien cher plus tard !

Col de Moucheyre alt. 858 m
versant Col d’Aizac PK 90

Distance 8,5 km Max. 5,5% sur 800 m Col
5/11
Pourcentage 3% Dénivelé 226 m

Une fois n’est pas coutume, après le Col d’Aizac, il n’y a pas de descente et on enchaîne avec le Col de Moucheyre. Légers faux-plats montant et descendant sur une jolie route étroite qui remonte le Vallon de la Bésorgues jusqu’à Labastide-sur-Bésorgues. Une petite poignée d’habitants encourage les coureurs, ça fait fait toujours plaisir. La pente reprend du poil de la bête. Oh pas trop fort mais la chaleur commence à faire son travail de sape ! je ressens une petite lassitude… au Col de Moucheyre – alt. 858 m – PK 98,5, j’ai près de 100 bornes au compteur et surtout un peu plus de 1800 m de dénivelé. Je vais maintenant commencer à rouler au-delà de mes limites habituelles…

Au sommet, pas de ravito, j’aurais bien bu un verre d’eau fraîche, la chaleur s’est installée pour de bon et toujours pas de vent du Nord. Il y a là seulement un camion de pompier et son équipage allait avoir du boulot rapidement ! Dans les premiers hectomètres de la descente, j’entends une sirène hurlée : une moto d’encadrement de course remonte vivement au Col de Moucheyre pour prévenir les pompiers d’un accident. La descente se fait sur une route très étroite, sinueuse, sur un revêtement assez mauvais et le tout dans une forêt assez dense. Je redouble de prudence. Et là, à mi-descente, j’arrive sur le lieu de l’accident, un cyclo me fait signe de ralentir : dans un petit virage très sec avec un petit pont de pierre, un cyclo a fait un tout-droit dans une paroi rocheuse, il est assis sur le bord du fossé, conscient mais sa tête est couverte de sang ! 2 autres cyclos l’encadrent, j’entends la sirène des pompiers qui arrive… je ne peux rien faire de plus, je file tout en ayant une pensée pour ce pauvre cyclo et en espérant que sa blessure ne soit pas trop grave.

Un peu secoué par ce deuxième accident, je peux vous assurer que j’ai terminé tranquillos la descente jusqu’à Burzet ! Burzet, je passe sur le tapis à puce qui valide mon premier temps intermédiaire. Je ne vois pas de panneau lumineux qui indiquerait mon temps… Arrêt au ravito… là, je suis déçu, il n’y a quasi rien si ce n’est juste quelques verres d’eau servi par des bénévoles un peu distants (c’est le seul ravito où c’était un peu léger au niveau de l’accueil), pas très consistant avant d’attaquer l’épouvantail de ce parcours : le Col de la Baricaude !

Col de la Baricaude alt. 1257 m
versant Burzet PK 103,5

Distance 13,1 km Max. 6,5% sur 300 m Col
6/11
Pourcentage 5,5% Dénivelé   717 m

Un col décisif pour la suite du parcours : à mi-parcours, assez régulier mais la pente va s’accrocher souvent autour des 6%, un pourcentage qui use, le tout sur une distance respectable… j’entame son ascension, la pente se cabre à la sortie de Burzet, je jette un coup d’œil sur l’horloge de l’église… je suis surpris et à la fois effrayé par l’heure : 13h45 !!! Déjà !!!

Je m’explique. Depuis que je fais régulièrement du vélo (depuis 2003), je n’utilise quasiment jamais ma fonction chronomètre ! En général, je réalise mon parcours sans m’occuper du temps, je vais à mon rythme et ne tiens pas à savoir le temps que je mets (sauf à la fin bien entendu), autant vous dire qu’il ne faut pas m’attendre pour l »heure de l’apéro ou du repas ! Je suis plutôt diesel, je ne roule pas très vite – entre 20 et 25 km/h de moyenne selon le type de terrain – le moteur me convient et il a toujours tenu bon dans toutes les circonstances. J’avais prévu de réaliser le parcours de l’Ardéchoise à une moyenne de 20 km/h… après calcul, je suis pour l’instant sur une base de 18 km/h… je suis déjà pas mal en retard sur mon programme ! Mais je balaie d’un revers de la main toute inquiétude et me concentre sur ce Col de la Baricaude.

Le Col est un vrai four, je fais attention à boire régulièrement mais l’eau chauffe dans les bidons, pas terrible pour se désaltérer comme il faut. J’avale pour la première fois de ma vie, un tube de crème énergétique (que ma femme m’avait forcé – par attention – à emporter), le goût est infâme ! Je remets le tube dans ma poche, pas comme tous ces « porcs » qui en ont balancé plusieurs centaines tout le long du parcours ! Il y en a qui n’ont aucun respect pour l’environnement et je suis franchement ennuyé et énervé que des cyclos fassent cela !

Le Col de la Baricaude est magnifique mais je fatigue, les cuisses commencent à tirer et la langue aussi. Les lacets s’enchaînent quand même régulièrement. Puis, à moins d’un kilomètre du sommet… C’EST LA CATASTROPHE ! Sans prévenir, une terrible crampe vient me cisailler la cuisse intérieure droite !!! OUARGH, ÇA FAIT MAL !!! Je ralentis d’un coup, fais quelques mètres… et PAN, c’est la cuisse gauche qui prend !!! … je passe alors par tous les états : PAS MAINTENANT ! POURQUOI ? PUT. FAIS CHIER ! ALLEZ ROULES DOWNSLOW, ÇA VA PASSER…AIEEUUUU… CRAMPES AGAIN ! JE NE VAIS PAS ABANDONNER LÀ ?! C’EST PAS POSSIBLE !!! VAIS-JE POUVOIR CONTINUER ? DINGUE? IL RESTE PLUS DE 100 KM ET UN PAQUET DE DENIVELÉ !

Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai eu que deux crampes dans ma vie de cycliste, une sans gravité dans le Col du Grand Saint-Bernard en 2009 et une autre dans la troisième ascension de la journée du Col du Grand Colombier en 2012, autant vous dire que je ne suis pas habitué à la chose !

STOP !

Je bois la moitié d’un bidon, avale 1 pâte de fruit et 1 barre de céréale. Je repars tout doucement, je mouline et tente d’atteindre le sommet sans mal… raté. À 200 mètre, deux nouvelles crampes fulgurantes me mettent à terre ! Je marche alors le vélo à la main une centaine de mètre, je suis en rage et démoralisé à la fois. Des cyclos me doublent dans une indifférence totale, aucun encouragements, aucune compassion, comme j’aurais voulu être loin de tout ça !

Je remonte machinalement sur mon destrier, mon fidèle compagnon, j’effleure la guidoline… BORDEL, J’IRAIS AU BOUT !!!

Je franchis le Col de la Baricaude – 1257 m – PK 117

Col du Gerbier de Jonc alt. 1416 m
versant Col de la Baricaude PK 117

Distance   12,4 km Max.   7% sur 900 m Col
7/11
Pourcentage   3,5% Dénivelé   279 m

Col très irrégulier qui pourra être assez usant, surtout en enchaînement direct après le Col de la Baricaude. Toit de l’Ardéchoise avec ses 1416 m et belle récompense à prévoir avec vue sur le magnifique Gerbier de Jonc. Voilà le petit topo que j’avais noté lors de ma préparation…

Pour l’instant, je me traîne lamentablement vers Sagnes-et-Goudoulet où je pouvais espérer un ravito qui me permettrait de régler en partie mon problème de crampes. Ces dernières menacent de me dévaster les cuisses à tout moment ! Pour me changer les idées, je jette un coup d’œil sur le paysage. Il est de toute beauté avec un vaste plateau qui me fait un peu penser à ceux du Jura mais le plus, c’est qu’il est ponctué de plusieurs sucs culminants à plus de 1500 m avec au milieu le plus d’entre eux : le Gerbier de Jonc (alt. 1551 m) reconnaissable avec sa forme si particulière.

J’atteins enfin Sagnes-et-Goudoulet et son ravito… sauvé ! Il est gargantuesque ! Je me jette sur tout ce qui ressemble à un aliment et je me goinfre avec comme objectif de réinjecter du solide pour réalimenter les muscles. Je marche de long en large pour me détendre. Il y a du monde au ravito mais l’ambiance est un bizarre, personne ne cause sauf les groupes de 2 ou 3 qui se connaissent et roulent ensemble. Bon, j’imagine que tout le monde est déjà un peu fatigué et comme moi pense à la suite du programme : encore 100 km et 4 ascensions à réaliser avec près de 1600 m de dénivelé !

Je crois que je me suis arrêté un bon 1/4 d’heure, le ventre rempli comme une baleine, je reprends ma route. Mais je suis obligé de rouler « lentamente », les muscles de mes cuisses n’ont pas encore été réoxigénés correctement et je sens que les crampes menacent de revenir me flinguer. Je mouline doucement et respire profondément et expire régulièrement et me dis que ça va finir par passer avec tout ce que j’ai avalé…

WOUUUH… WOOUUUUUH…

Ah oui, tourmenté par mon « petit » problème, j’ai oublié de vous en parler : je vous présente mon nouveau poto, VENT DU NORD !!! Ben oui, il s’est pointé comme prévu et sur ce plateau, il s’en donne à cœur joie ! Ça caille même un peu que j’en mets le coupe-vent.

Du coup, c’est une bonne excuse pour me hisser péniblement vers le Col du Gerbier de Jonc. La rampe finale – 2,5 km de 5 à 7% – m’est difficile mais le magnifique décor me change les idées : d’abord, le Jerbier de Jonc, droit devant et majestueux et on longe les Sources de la Loire, le plus long fleuve de France qui se jettera 1000 km plus loin dans l’Océan Atlantique.

Ça y est, le toit de l’Ardéchoise est atteint – 1416 m, PK 129,5 – je fais un arrêt pour prendre quand même la seule photo de la balade !

Le Gerbier de Jonc – plus impressionnant en vrai !

C’est aussi le quatrième point où une partie des coureurs ont déjà emprunté (la barrière horaire était à 13h30, à cette heure-ci j’étais dans la descente du Col d’Aizac !) le parcours cyclosportif de l’Ardéchoise Vélo Marathon appelée aussi l’AVM (278 km et 5370 m de D+) avec 114 participants classés. Des guerriers ! Le premier, Julien Lodolo l’a bouclé en 9h20 ! Je pense aussi à Baptiste qui bouclera cette AVM avec brio en 11h43 (60ème) ! Voir son récit.

Je bascule dans la descente vers St-Martial. Une descente rapide et sinueuse. Avec la fatigue, il faut redoubler d’attention, la route tressaute un peu et il faut encaisser les soubresauts. Cette descente m’a permis de me donner un sursis par rapport à ma récupération des crampes.

Dans la descente, je double 2 cyclos, l’un des deux me rattrape peu après et commence à vouloir discuter ! Heu là, non c’est pas possible, je lui fais signe que ça descend vite et que des virages à 90° nous attendent tous les 500 mètres ! Je le retrouverai un peu plus loin au petit ravito d’Arcens, il était inscrit sur l’Ardéchoise en catégorie Cyclotouriste. Je lui explique que je ne pouvais pas me concentrer sur une discussion à près de 70 km/h ! Il me demande benoîtement si je vais pouvoir finir la course, je lui réponds gentiment que oui ! Je file, je le rencontrerais à nouveau plus tard dans d’autres circonstances…

Entre St-Martial, où il y a un joli petit lac, et St-Martin-de-Valamas, la pente s’adoucit et il faut même un peu pédaler en remontant l’Eysse. Je suis satisfait de constater que ça va mieux, que la menace des crampes s’est éloignée. Pas de vent au fond de cette vallée, je passe même la plaque pour mettre un peu de rythme jusqu’à St-Martin-de-Valamas.

St-Martin-de-Valamas, PK 152, je passe à nouveau sur le tapis à puce qui valide mon second temps intermédiaire. Je n’ose pas regarder l’heure mais il devait être aux alentours des 16h30, normalement heure de fermeture du parcours. D’ailleurs, le ravito a commencé à remballer leurs affaires mais j’ai pu avoir de l’eau et quelques trucs à emporter. Cette vingtaine de kilomètre sans difficulté depuis le Col du Gerbier de Jonc m’a fait du bien mais est-ce que ça allait être suffisant pour grimper le 8ème col de ce parcours : le long Col de Clavière.

Col de Clavière alt. 1088 m
versant St-Martin-de-Valamas PK 152

Distance 16,8 km Max.   6,5% sur 1 km Col
8/11
Pourcentage 3,5% Dénivelé   553 m

Col long, près de 17 km, à négocier au trois-quart du parcours, si la forme n’est pas au rendez-vous, il va faire mal ! Ben, ça n’a pas loupé ! Dès les premières rampes, pas de crampes mais elles sont là tapies, prêtes à bondir… je suis obligé de prendre un tout petit rythme, de respirer profondément, ça me saoule, je suis nase et c’est un long calvaire que ce Col de Clavière ! Pourtant, il n’est pas dur mais la pente ne vous lâche jamais durant près de 17 km ! J’y passe un temps infini, des cyclos me doublent encore en pagaille… je me dis que je suis encore dans les clous s’il y a encore tant de monde mais sans le savoir, c’est le dernier wagon des parcours Ardéchoise et AVM qui ont engagé une petite course contre la montre dont je ne découvrirais la valeur qu’un peu plus tard…

Je respire un peu en arrivant à St-Agrève où la pente fait un peu relâche. Je fais encore un stop au ravito qui est situé sur un parking en contrebas du parcours dont il fallait remonter un coup de cul à détruire les jarrets, ce sera la pause de trop qui allait m’être fatale !

Je repars tranquillement… puis une voiture de gendarme vient rouler à ma hauteur et me fait signe de m’arrêter… un autre cyclo venait juste de me rejoindre et me lance : « Quel dommage, il ne nous restait plus que 10 minutes ! »…

Je ne comprends rien du tout sur le coup mais je stoppe avec le gars… les gendarmes filent devant et c’est le camion-balai qui s’arrête juste devant nous !!!

Qu’est-ce que c’est ce bordel ?! J’avais quand même lu quelque part dans le règlement que la route était rouverte à la circulation automobile à partir d’une certaine heure et qu’à partir d’un certain endroit, tout cycliste hors délai est obligé de prendre le car balai, après avoir restitué sa plaque de guidon et son dossard aux commissaires. S’il poursuit son parcours, il le fait sous sa propre responsabilité.

Un commissaire sort donc du camion-balai et nous rappelle le règlement en question. Je suis un peu sous le choc, fatigué et conscient que toute protestation aurait été inutile. Je signe une décharge. Le commissaire sort une pince et clic-clac, la plaque de guidon est décrochée de mon vélo. Je suis obligé d’enlever ma veste pour retirer moi-même mon dossard. Par contre, il faut garder le tout dans les poches du maillot. Le commissaire m’invite à monter dans le camion-balai… QUE NENNI !!! Je réponds fermement que je vais finir ce parcours ! Il reste encore près de 50 km encore 3 cols mais je les ferai bon sang !

Lorsque je relirais le règlement le lendemain matin, l’info était précisée à 2 endroits différents :

  1. Dans les dispositions générales (règlement valable pour toutes les formules) : 
    FERMETURE DES PARCOURS LE SAMEDI 20 JUIN : A 48 km de l’arrivée au lieu-dit Freydaparet, tout cycliste hors délai est obligé de prendre le car balai, après avoir restitué sa plaque de guidon et son dossard aux commissaires. S’il poursuit son parcours, il le fait sous sa propre responsabilité.
  2. Dans un petit livret format A6 qui comporte tous les parcours de la semaine et les horaires de fermeture des parcours le samedi 20 juin : Freydaparet (carrefour D9/D214) : 17h45

Voilà une info essentielle qu’il fallait retenir pour pouvoir être classé le parcours de l’Ardéchoise !!!

Et moi pauvre novice débutant de tout, j’avais oublié d’emporter la BONNE CLEF pour réussir parfaitement cette Ardéchoise !

Le gars arrêté en même temps que moi, ayant aussi pris la décision de finir le parcours repart sans m’attendre, le commissaire remonte dans son véhicule, j’aperçois alors à l’arrière mon cyclotouriste rencontré plus tôt dans la descente vers St-Martin-de-Valamas ! Une dizaine de personnes l’accompagnent… Le camion avec sa remorque chargée de vélos s’éloigne.

Las et dépité, je reprends ma route pour atteindre 1 minute plus tard le Col de Clavière – alt. 1088 m – PK 169,5.

Col de Freydaparet alt. 1115 m
versant Col de Clavière PK 169,5

Distance 2,9 km Max. 3% sur 1,6 km Col
9/11
Pourcentage 3% Dénivelé 50 m

Le col le plus court de la série, il est passé sans aucun problème et en à peu près 10 minutes… je ne l’ai malheureusement compris que le lendemain, J’AVAIS RATÉ LA BARRIÈRE HORAIRE POUR 10 MINUTES !!!

En repensant à ces maudites crampes, aux trop nombreux arrêts ravito, j’aurais été sans trop de problème dans les délais ! Mais à ce moment, je n’avais plus qu’un objectif, terminé cette foutue Ardéchoise. Oui, « foutue », parce que là, j’étais bien nase de chez nase, un peu, beaucoup, passionnément déçu d’être hors délai.

Rapide descente vers Malaval puis en traversant le pont qui enjambe l’Aygueneyre, j’attaque le Col de Rochepaule.

Col de Rochepaule alt. 892 m
versant Maleval / Pont de l’Aygueneyre PK 180

Distance 3,7 km Max. 5,5% sur 1,6 km et 800 m Col
10/11
Pourcentage   5% Dénivelé 181 m

Col pas très long mais gare à son pourcentage respectable, à grimper en ayant à l’esprit que l’on déjà 180 km et près de 3800 m de dénivelé positif dans les jambes… oui mais les jambes sont revenues, bof pas celles de la première moitié du parcours mais ça tourne. Je me change aussi les idées avec le beau paysage qui m’est offert. Par contre, il n’y a plus de participants devant et derrière moi, ça fait bizarre.

À Rochepaule – alt. 892 m – PK 182, le démontage du ravito est quasi fini mais 2 gentilles dames tiennent encore une table où on peut trouver encore de l’eau et quelques quartiers d’orange. Je les remercie de ne pas avoir fermé boutique et d’attendre les quelques attardés qui errent encore sur cette fin de parcours.

Nouvelle descente rapide, mon moral est à deux doigts de flancher car on perd près de 234 m de dénivelé et comme j’avais retenu que le Col de Lalouvesc était à plus de 1 000 mètre d’altitude…

Col de Lalouvesc alt. 1090 m
versant le Pont du Doux PK 187

Distance 8,7 km Max. 6,5% sur 1,8 km et 1,9 km Col
11/11
Pourcentage 5% Dénivelé 432 m

Au Pont du Doux, je retrouve le camion-balai qui tentait de récupérer les éventuelles participants en détresse. Je retrouve mon gars qui ne m’a pas attendu lors du « dédossardage » et un autre. La quille… mais une belle ! On se dit que c’est la dernière montée hein ?! Je l’annonce aux deux autres qui ne pipent rien lors des premiers hectomètres. Comme je m’y attendais, l’idée de monter ensemble cette dernière ascension n’effleure pas mes deux gars, je ne leur en veux pas, tout le monde est crevé et préfère adopter son propre rythme. D’ailleurs, je me retrouve au milieu puis au bout de 2 km, le premier a déjà disparu de ma ligne de mire et le troisième (celui qui ne m’avait pas attendu) n’apparaît plus dans mon rétroviseur.

Les jambes tournent mais j’ai éteint quelques cellules de mon cerveau, cette montée à la pente qui ne vous lâche jamais est difficile à ce stade du parcours. De plus, elle n’offre quasiment aucun point de vue, l’essentielle se passant dans une forêt.

La pente se fait un poil moins insistante et je franchis le Col intermédiaire des Grands où un ravito est sur le point d’être fini de démonté. Plus rien à boire ou à manger. Un bénévole me balance une idée d’itinéraire farfelue pour finir plus rapidement le parcours mais qui me l’aurait allongé de 50 bornes avec 1000 m de dénivelé supplémentaires ! Je ris jaune.

Enfin Lalouvesc ! La délivrance ! Je franchis le centre du village, très joli – alt. 1090 m – PK 196. Plus que 24 km et plus que les deux petites montées vers le Col du Faux et vers l’arrivée à St-Félicien. C’est dans la poche mais il faut gérer correctement cette fin, avec la fatigue, une erreur de pilotage et ça peut mal se terminer.

Descente rapide à la sortie de Lalouvesc, quelques coups de pédales et je franchis le Col du Faux. Nouvelle descente mais courte car comme je l’avais repérée la veille, elle replate rapidement. Je me retrouve donc à pédaler sur une belle route balcon qui permet d’avoir des vues sympathiques sur les monts ardéchois. Mais j’ai mal partout, mes paumes ne supportent plus le guidon, mes fesses en ont marre d’avoir passé la journée sur une planche de 20 cm carré, mes épaules et mon cou se tordent de lassitude. Gros moment de solitude aussi, absolument personne. Quand je pense que le départ s’est fait en compagnie de 15 000 personnes et que je me retrouve tout seul, quel sacré paradoxe !

Enfin je repasse au Col du Buisson que j’ai franchis 12h15 plus tôt ! Le soleil commence à se coucher, il fait même froid et quand je bascule dans la descente, la pénombre a déjà envahi la vallée jusqu’à St-Félicien. Descente prudente mais difficile, mon corps encaissant douloureusement chaque coup de frein et soubresauts de la route.

Je traverse Pailharès, quasi désert à cette heure-ci. Puis plus bas, j’atteins la remontée vers St-Félicien. Tout va bien, mon esprit commence à appréhender que c’était bientôt la fin et que j’allais boucler cette incroyable Ardéchoise… la flamme rouge… dernier kilomètre… je franchis la ligne d’arrivée, FINISHER… dans l’anonymat le plus total !

Le stand d’arrivée est démontée ainsi que le tapis de chronométrage. Il n’y a quasi plus personne ! Au milieu de cette scène un peu surréaliste, je consulte mon compteur : 221,580 km, 12h31 et 4126 m de dénivelé positif !!! Je regarde l’heure : 20h45. Je n’ai qu’une pensée qui me vient à l’esprit : je venais de vivre la plus longue journée de ma vie avec 12h30 de selle et 45 minutes de pause !

Je consulte mon portable, plusieurs messages m’attendent… d’abord mon épouse qui s’inquiétait un peu, je la rappelle aussitôt pour la rassurer. Puis de Baptiste, que je devais rejoindre au restaurant du camping de St-Victor en compagnie d’une bonne partie de l’équipe Team Mont Ventoux avec les Brigitte, Franco, Cricri, Olive etc… qui m’ont en grande partie inspiré pour réaliser cette Ardéchoise. Ses messages m’indiquaient qu’ils étaient en train de boire l’apéro ! Mais vue l’heure, mon état de fatigue, le temps de rentrer au camping, de prendre une douche et de me rendre en voiture à St-Victor, j’allais être complètement en retard ! C’est la mort dans l’âme que je rappelle Baptiste et lui annonce que c’est fichu pour le rendez-vous, j’étais très très déçu… foutue journée…

J’avais aussi un autre souci à régler : rendre ma puce pour récupérer la caution mais l’arrivée est quasi déserte, l’Ardéchoise est fermée depuis 20h. Un cyclo vient juste d’arriver, il en termine avec l’AVM et se trouve dans un état d’épuisement total. Son souci immédiat est de rendre aussi sa puce. Il a dans l’idée de se rendre à la Maison de l’Ardéchoise, je le suis. Sauf qu’on se trompe un peu de chemin et on remonte le coup de cul jusqu’au bâtiment en question. Une petite lumière, on toque, une dame arrive, on lui explique notre requête, elle commençait à nous dire qu’elle ne pouvait pas nous aider quand se pointe juste derrière une autre dame qui était la responsable des remises de puces ! Deux autres personnes rentrent en même temps que nous. L’une est un des organisateurs, voyant notre état de fatigue, elle nous apporte rapidement une bouteille d’eau. Très gentil de sa part mais je n’ai plus très envie de boire, j’ai tellement bu toute la journée que ça ne donne plus envie !

Je récupère ma caution, remercie tout le monde et file anonyme parmi les anonymes. Il est déjà plus de 21h et il commence à faire sombre. Heureusement, le retour au camping de Pierrageai est facile car je n’ai plus qu’à redescendre ce que j’ai grimpé ce matin ! Arrivé à l’entrée, plusieurs résidents/participants attablés à la terrasse-restaurant me lancent des vivas qui me réchauffent le cœur ! Un ultime coup de cul pour atteindre mon campement et je me rends illico à la douche. Je dois faire encore un peu la queue tout en espérant qu’il y ait encore de l’eau chaude… miracle, il y en avait ! Je n’ai pas encore compris comment des sanitaires prévus pour 50 emplacements aient pu en prévoir pour près de 1 000 personnes pendant 3 jours !

La douche m’a fait du bien mais a fini de m’achever. Je m’affale dans ma chaise, me rends compte que je n’ai plus la force de me faire à manger, je n’ai même pas faim d’ailleurs. Bon je pense que la journée est terminée et je vais aller me coucher ! J’ai passé une nuit épouvantable avec des remontées gastriques très douloureuses dues à tout ce que j’avais bu ! Ajoutez une nouvelle crampe au milieu de la nuit et le matelas qui gîtait à 5% (voir plus haut), je ne vous fais pas un dessin !

Lever le dimanche matin pas trop tard. Je me prépare un petit déj bien copieux, abandonne vite fait l’idée de m’offrir une petite chasse aux cols que j’avais prévue au cas où, mon corps va bien mais mes jambes auraient été incapables de grimper quoi que ce soit ! D’ailleurs, je ressentirais pendant un bon mois des douleurs à l’endroit où je ai eu mes crampes. Repos, je me prélasse dans la chaise longue en repensant à ma journée de la veille. J’ai terminé finisher mais en relisant le règlement, je découvre alors que j’ai raté le bon délai pour 10 minutes ! En recevant le journal de l’Ardéchoise édité par le Dauphiné Libéré une semaine plus tard, je constaterais même que le dernier classé de l’Ardéchoise n°735 a réalisé un temps de 12h39 ! Un bilan mitigé donc pour cette Ardéchoise. Je retiendrais quand même que c’était quand même un parcours hors norme et difficile, trop au-delà de mes habitudes. Pas de revanche en vue à ce jour… préférant retourner pour l’avenir à des tours plus à ma portée et convenant mieux à mon rythme et mon désir de découvrir de nouveaux lieux et cols en prenant mon temps. D’ailleurs, c’est ce que je vais faire dès cet été à l’occasion de mes vacances estivales dans les Alpes.


Afin de savoir ce qui vous attend, voici les profils des 11 ascensions (et non pas 10 comme stipulé sur le site de l’Ardéchoise), suivez le guide !

Parcours Ardéchoise 2015 – le parcours

Télécharger le parcours + le roadbook au format PDF
PARCOURS VISIBLE AUSSI SUR

Parcours Ardéchoise 2015 – les profils

Des précisions d’abord : la réalisation de ces profils est un travail personnel. Cela fait bientôt 10 ans que je réalise des profils pour les sites bosses21.com et alpes4ever.com, je possède une certaine expérience dans ce domaine.

Je m’appuie sur une seule source : la cartographie IGN. Disponible au 1:25 000 ème sur le site Géoportail, je relève les points d’altitude présents sur le parcours. J’ai aussi pu relever des points d’altitude complémentaire sur la carte Scan Express IGN France disponible sur le site Openrunner. J’utilise parfois les courbes de niveau pour affiner mes relevés. C’est le dénivelé.

J’utilise Google Map pour mesurer la distance entre chaque point d’altitude. La distance obtenue est arrondi au centième.

Le calcul du pourcentage de la pente entre 2 points d’altitude est réalisé de la façon suivante :

dénivelé / distance
ex : 30 m / 1000 m = 3%

Le pourcentage obtenu est arrondi au dixième. Dans une ascension, il est plus facile de retenir que la pente est à 5% au lieu de 5,2%. Ex : 5,62% est arrondi à 5,5%. D’ailleurs, la plupart des compteurs avec clinomètre affichent une valeur fixe. Vous trouverez plus bas un lien permettant de télécharger tous les tableaux de calculs avec les valeurs brutes et arrondies.

Mes profils ne sont pas établis sur une pente calculée tous les kilomètres. Ce procédé ne reflète aucunement la physionomie d’une ascension. Les relevés IGN ont été effectués par des géomètres-experts avec souvent des repères notables : cours d’eau, croisements, lacets, dépressions etc… bref qui nous apportent une bonne vision de la toponymie du terrain.

Un point important concernant la pente moyenne d’une ascension : je ne retiens que les pentes ascendantes. S’il y a des portions descendantes, je ne les compte pas dans mon calcul. Par exemple, le Col du Buisson au départ de St-Félicien : 13 kilomètre au total pour 376 m de dénivelé à 3% de moyenne. Si l’on exclue les 2500 premiers mètres qui sont descendants avec 41 m de D-, l’ascension ne fait que 10,5 km pour 417 m de dénivelé positif à 4% de moyenne. 1% de différence pour moins de distance, le ressenti n’est pas le même !

Donc, sans avoir à avoir effectué une ascension, je peux avoir un aperçu assez précis du profil. J’ai pu comparé assez souvent mes profils avec les ascensions que j’ai faites par la suite et elles étaient assez fidèles. Bien sûr, mes profils ne metteront pas forcément en valeur la « patate » de 100 m à 8% cachée dans une portion de 1000 m à 5% !

Il y a aussi les compteurs-clinomètres ou les GPS qui afficheront des valeurs parfois différentes qui ne correspondront pas tout-à-fait au profil… on a souvent tendance à retenir la fameuse « patate » à 8% alors que l’ascension était assez moyenne par ex dans les 4%.

J’aimerais aussi parler du « moletomètre », il affiche des valeurs souvent étonnantes à ces moments comme celui-là :  » j’ai déjà 100 bornes au compteur, 1500 m de D+ et j’enchaîne sur une ascension qui fait mal, rhhaaa, c’était du 7% j’en suis sûr ! « . En fait, fatigue, météo, fringale etc… peuvent vous faire ressentir différemment une ascension qui ne faisait en fait que 4 km à 5% ! Et je suis convaincu que ce sera souvent le cas sur ce parcours de l’Ardéchoise !

Les habitués de ce parcours pourront y trouver des points à redire et d’ailleurs je les invite à m’en faire part (contact@bosses21.com).

Bref, tout est relatif, ces 11 profils vous donneront un bon aperçu de ce qui vous attend si vous tentez la toute première fois comme moi ce magnifique parcours de l’Ardéchoise. Bien sûr, une fois que j’aurais effectué ce parcours, je procèderais peut-être à quelques petits ajustements qui serviront pour les futurs participants. Bonne lecture à tous !

Col du Buisson alt. 920 m
versant St-Félicien 
PK 0

Distance 13 km Max. 5,5% sur 2,5 km Col
1/11
Pourcentage   4% Dénivelé 417 m

Le premier col du parcours Ardéchoise commence par… une descente ! Avec des centaines de participants autour de soi, ce col risque d’être avalé rapidement !


Col des Nonières alt. 671 m
versant Lamastre PK 27,5

Distance 10,8 km Max. 5% sur 1,3 km Col
2/11
Pourcentage   2,5% Dénivelé 294 m

Un col sans grande difficulté mais ne pas s’enflammer, il en reste un bon paquet à grimper par la suite !


Col de Mézilhac alt. 1119 m
versant le Cheylard PK 49

Distance 22,9 km Max. 6% sur 600 m Col
3/11
Pourcentage 3% Dénivelé   689 m

Le plus long col de la série, près de 23 km, on va y passer un petit moment, à monter calmement car on risque d’y laisser des plumes pour la suite…


Col d’Aizac alt. 642 m
versant Antraigues-sur-Volane PK 86,5

Distance 3,3 km Max. 7,5% sur 700 m Col
4/11
Pourcentage 6,5% Dénivelé 208 m

Attention, petit col pas très long mais le plus dur de la série. A passer pianissimo !


Col de Moucheyre alt. 858 m
versant Col d’Aizac PK 90

Distance 8,5 km Max. 5,5% sur 800 m Col
5/11
Pourcentage   3% Dénivelé 226 m

Col pas très dur, à monter aussi tranquillement car on enchaîne rapidement avec le Col de la Baricaude…


Col de la Baricaude alt. 1257 m
versant Burzet PK 103,5

Distance 13,1 km Max. 6,5% sur 300 m Col
6/11
Pourcentage 5,5% Dénivelé 717 m

Un col décisif pour la suite du parcours : à mi-parcours, assez régulier mais la pente va s’accrocher souvent autour des 6%, un pourcentage qui use, le tout sur une distance respectable…


Col du Gerbier de Jonc alt. 1416 m
versant Col de la Baricaude PK 117

Distance 12,4 km Max. 7% sur 900 m Col
7/11
Pourcentage 3,5% Dénivelé   279 m

Col très irrégulier qui pourra être assez usant, surtout en enchaînement direct après le Col de la Baricaude. Toît de l’Ardéchoise avec 1416 m et belle récompense à prévoir avec vue sur le magnifique Gerbier de Jonc.


Col de Clavière alt. 1088 m
versant St-Martin-de-Valamas PK 152

Distance 16,8 km Max.   6,5% sur 1 km Col
8/11
Pourcentage 3,5% Dénivelé   553 m

Col long, près de 17 km, à négocier au trois-quart du parcours, si la forme n’est pas au rendez-vous, il va faire mal !


Col de Freydaparet alt. 1115 m
versant Col de Clavière PK 169,5

Distance 2,9 km Max. 3% sur 1,6 km Col
9/11
Pourcentage 3% Dénivelé 50 m

Le col le plus court de la série, devrait passer sans trop de problème.


Col de Rochepaule alt. 892 m
versant Maleval / Pont de l’Aygueneyre PK 180

Distance 3,7 km Max. 5,5% sur 1,6 km et 800 m Col
10/11
Pourcentage 5% Dénivelé   181 m

Col pas très long mais gare à son pourcentage respectable, à grimper en ayant à l’esprit que l’on déjà 180 km et près de 3800 m de dénivelé positif dans les jambes…


Col de Lalouvesc alt. 1090 m
versant le Pont du Doux PK 187

Distance 8,7 km Max. 6,5% sur 1,8 km et 1,9 km Col
11/11
Pourcentage 5% Dénivelé 432 m

La quille… mais une belle ! On se dit que c’est la dernière montée hein ?! Pour le final, près de 20 km de descente mais attention au faux-plat montant avant l’arrivée à St-Félicien !

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Liste des cols comptant pour le Club des Cents Cols

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