Mon séjour estival 2024 s’est porté sur Vizille (au Camping du Bois de Cornage) qui est tout proche de Grenoble. Situé au carrefour de la Chaîne de Belledonne, des Massifs de la Chartreuse, du Vercors et du Taillefer, ce lieu m’offrait la possibilité de réaliser des ascensions assez variées.
C’était aussi l’occasion de m’entraîner en altitude avant de réaliser ma Traversée des Alpes suisses qui devait se dérouler lors de ma troisième semaine de congés.
Mercredi 27 août 2024 / 39,8 km / D+ 1055 m / 2h38 / Beau temps

Lever 7h15. Petit-déjeuner puis enfilage de la tenue. Comme je prépare toujours mon vélo, la trace GPS, les bidons et la nutrition la veille au soir pour gagner du temps, à 8h je décolle pour une nouvelle sortie de mon séjour à Vizille.
Je ne me ressens pas trop de ma sortie à Chamrousse réalisée la veille et comme le beau temps est à nouveau rendez-vous, j’ai la pêche pour affronter un petit monstre local et relativement méconnu : le Col Luitel. Son altitude assez modeste – 1262 m – ne pose pas trop de problème mais après une rapide lecture du profil de son ascension depuis Séchilienne, on peut comprendre qu’il doit faire fuir plus d’un cycliste : sur les 10 km à grimper, 9 sont à… 10% de moyenne !!!
À la sortie du camping, je me laisse glisser jusqu’au bas de Vizille puis rejoins la D1091 au Péage de Vizille. Il ne faut pas croire que je prends l’autoroute, c’est le nom du bourg qui se trouve juste à l’entrée de la Vallée de la Romanche.
J’ai environ 9,5 km à faire avant de rejoindre Séchilienne, pied de l’ascension du Col Luitel. La D1091 étant un axe important entre Grenoble et le Bourg d’Oisans, il n’est pas le meilleur endroit au monde pour y faire du vélo mais à cette heure matinale, c’est relativement tranquille.
Avant d’arriver à Séchilienne, je dois franchir une petite côte. J’ai le loisir d’observer un sacré glissement de terrain sur ma gauche, c’est celui des Ruines. Au début des années 2000, il y a plusieurs éboulements marquants obligeant à réaliser une déviation de la D1091 sur laquelle je me trouve. Ce site est sous surveillance mais pour aujourd’hui, je ne risque pas grand chose. Pour en savoir plus, c’est ici.


J’arrive à Séchilienne encore plongée dans l’ombre. Les rayons du soleil n’ont pas encore atteint le fond de la vallée. Sur ma gauche, j’aperçois nettement le Col Luitel. Il me semble assez proche mais l’effet est trompeur… Je me dirige vers le centre du village et suis la direction de la Réserve Naturelle du Luitel.


Ascension du Col Luitel
Distance : 9,9 km
Départ : Séchilienne (Gorges de la Romanche)
D+ : 900 m
% moyen : 9,5%
% maxi : 11% sur 1880 m

Après 350 m sur un très léger faux plat montant, un panneau annonce enfin « Col du Luitel » (le « du » est en trop !), c’est parti pour une rude ascension de près de 10 km…
La route file sur la droite, devient assez étroite, en moins bon état et se cabre d’entrée sur une pente à 9%. Sans transition, je passe mon braquet en mode moulinette et me concentre pour trouver le bon petit rythme qui me convient habituellement pour gérer ce type d’effort. Je sais que ça va être dur mais je ne m’affole pas car je fais confiance à mon expérience.


La route se hisse rapidement au-dessus de Séchilienne. Sur 1500 m, la déclivité oscille entre 9 et 9,5%. Je traverse les hameaux des Mouniers et des Aillouds. Je profite que le terrain soit encore à découvert pour avoir une jolie vue sur le Grand Serre et la Grande Cuche, deux sommets marquants du Massif du Taillefer.


À la sortie du hameau des Aillouds, je pénètre dans une forêt assez épaisse qui me masquera la vue pratiquement jusqu’à quelques encablures du sommet ! Il ne me reste plus qu’à me concentrer sur la pente et les lacets à enchaîner (une douzaine depuis le pied de l’ascension). Cette montée me rappelle celle du Mont du Chat.
Sur les 3400 mètres suivants, la pente oscillera entre 9,5 et 10%. C’est dur mais il y a un avantage : elle est très régulière. Il y a des petits hameaux nichés sur les pentes abruptes de l’Œilly, le sommet qui abrite le Col Luitel, ils sont tous habités et je m’en étonne, tellement l’accès est assez difficile avec cette route très étroite. Pour l’avoir empruntée l’après-midi même lors d’une balade en voiture (pour visiter la Réserve Naturelle du Luitel) dans le sens de la descente, j’ai bien serré les fesses. Et encore c’était l’été, je n’imagine pas les conditions en hiver ! Bon, j’imagine que les habitants recherchent la tranquillité et ils sont bien servis !



Après 4,9 km d’ascension, la déclivité en remet une couche, et une bonne, en passant à 10/11% sur les 4350 mètres suivants. Heureusement qu’il y a les petits hameaux – les Nodes, la Gorge, le Clos de la Charmette, l’Écharina, Galle – pour apporter un peu d’animation mais il n’y a aucun replat en les traversant.



En atteignant le hameau de la Croix, le ciel refait son apparition et les coteaux à ma gauche se font plus doux, signes que je vais bientôt atteindre le sommet de l’ascension. Bingo, la pente fait subitement relâche en passant à 4,5% sur les 300 m suivants. Je suis bien content d’en terminer avec les difficultés même si ma carcasse a bien tenue le coup.
Je ne m’y attendais pas trop mais j’atteins un point culminant situé à 1264 m d’altitude. Le paysage est nettement dégagé cette fois-ci et je peux profiter de chouettes vues sur plusieurs sommets marquants du côté du Massif du Taillefer dont le Taillefer lui même, qui à 2857 m, en est son plus haut.






C’est donc dans une légère descente de 400 m que j’atteins le Col Luitel situé à 1262 m d’altitude. L’endroit est assez chouette, partiellement boisé par des pins à crochets, il ressemble à un paysage nordique. Il y a un joli chalet d’accueil réservé à la visite de la Réserve Naturelle du Luitel. Elle est assez particulière : créée en 1961, doyenne des réserves naturelles françaises, elle occupe une dépression engendrée jadis par le glacier de la Romanche. Elle est composée de tourbières qui gravitent autour d’un petit lac.
L’après-midi même, j’ai eu l’occasion d’en faire le tour, notamment sur des passerelles aménagées sur des lits de sphaignes, une sorte de mousse qui poussent dans l’eau et qui devient assez compact.




Après une bonne pause pour apprécier l’effort accompli pour franchir le Col Luitel, il est temps de reprendre ma sortie. Je rejoins la Route de Chamrousse qui se trouve à 500 m du col. Je remonte un faux plat montant tout en passant à proximité du Lac Luitel puis bascule dans la descente en direction d’Uriage les Bains.
Je connais bien les lieux pour y être passé la veille lors de la montée à Chamrousse. J’aurais pu rajouter un peu de D+ en poursuivant mon ascension jusqu’à la station mais comme je l’avais trouvée un peu inintéressante, j’ai passé outre.
Par contre, dans la descente, je me suis régalé avec les magnifiques panoramas sur les Massifs du Vercors et de la Chartreuse.




Après une belle descente (route large et en très bon état), j’arrive à Uriage les Bains. Il me reste du jus, au lieu de revenir à Vizille via la D524 comme la veille, je décide de rentrer via Brié. Pour cela, je dois grimper une petite côte de 3,6 km qui semble ardue au premier coup d’œil mais qui a été assez facile au final : 66 m de D+ répartis sur 1,7 km à 2%, 800 m à 4% et 1,1 km à 0,5%.

Une fois à Brié, je n’avais plus qu’à me laisser glisser dans une ultime descente de 4,5 km jusqu’à Vizille. Voilà une sortie que j’ai beaucoup appréciée : courte avec près de 40 km qui m’a permis de passer un peu moins de 3h sur la selle tout en conjuguant bon effort avec tout de même un D+ de 1000 m et plaisir avec ce Col Luitel assez confidentiel.
- Sortie n°1 : Col de la Coche – 725 m / Col de Pressembois – 575 m / Col des Quatre Seigneurs – 793 m / Fort des Quatre Seigneurs – 920 m > Lire le récit
- Sortie n°2 : Chamrousse – 1793 m > Lire le récit
- Sortie n°3 : Col Luitel – 1262 m > Lire le récit
- Sortie n°4 : Col de Cossey (ou de Comboire) – 430 m / Le Goulet – 1140 m / Col de la Croix Servagnet – 1235 m / Col de la Croix Perrin – 1218 m
- Sortie n°5 : Col de la Morte – 1368 m / Lac de Poursollet – 1649 m
- Sortie n°6 : Col de Vence – 782 m / Col de Palaquit – 1154 m / Col de Porte – 1326 m / Chalets de Charman Som – 1680 m
- Sortie n°7 : Laffrey – 913 m / Pas des Blanches – 1005 m / Col des Creys – 1091 m / Le Col – 1080 m
Quand je passais le dernier hameau avant le col, un habitant m’avait souhaité bon courage tant je galérais !