Mon séjour estival 2024 s’est porté sur Vizille (au Camping du Bois de Cornage) qui est tout proche de Grenoble. Situé au carrefour de la Chaîne de Belledonne, des Massifs de la Chartreuse, du Vercors et du Taillefer, ce lieu m’offrait la possibilité de réaliser des ascensions assez variées.
C’était aussi l’occasion de m’entraîner en altitude avant de réaliser ma Traversée des Alpes suisses qui devait se dérouler lors de ma troisième semaine de congés.
Dimanche 25 août 2024 / 56 km / D+ 1466 m / 3h42 / Bruine et très couvert !
Arrivé tranquillement la veille (cette année, un peu de luxe, nous avons loué un mobil-home !), j’avais hâte d’enfourcher le vélo pour me dégourdir les jambes et (re)découvrir les pentes du coin. J’étais déjà venu dans le coin lors d’un week-end en 2017 et mon exploration avait été assez limitée.
J’ai prévu un tour de chauffe avec une petite chasse aux cols – Coche, Pressembois – et une montée principale jusqu’au Fort des Quatre Seigneurs. Par contre, j’ai un problème : la météo, au beau fixe la veille, est misérable ce matin ! Il ne pleut pas vraiment mais c’est de la bruine. Le ciel est bien bouché. Je pars quand même, espérant que le ciel se dégagerait au cours de la matinée…
Depuis le camping situé sur les hauteurs de Vizille, je file dans la descente qui me mène au centre du bourg et de son château. Une partie du château est construit sur un rocher que je traverse via un court tunnel.


Sitôt le tunnel franchi, je me retrouve à la sortie de Vizille. Pour rejoindre le pied de ma première ascension, il me faut remonter une vallée qui n’a pas de nom car aucune rivière ne l’alimente. La géographie des lieux est assez particulière. C’est une vallée à l’origine glacière qui est bordée à l’Ouest par des collines qui culminent entre 400 et 950 m d’altitude et à l’Est par les contreforts Sud de la Chaîne de Belledonne qui culminent beaucoup plus franchement à plus de 2000 m d’altitude avec la Croix de Chamrousse (2 253 m).
Bon aujourd’hui, les hauts sommets ne seront pas du tout visibles et mes photos pas folichonnes pour rendre un peu justice à ce joli coin !
Dans tous les cas, cette vallée va me guider dans un premier temps jusqu’à Uriage les Bains. Je connais bien les lieux après mon passage en 2017 et je sais que je peux éviter la D524 en empruntant des petites routes communales qui se faufilent de part et d’autre de cette route assez passante. Ce sera donc 11 km assez plaisants sur un faux plat montant (env. 160 m de D+).



J’arrive à Uriage les Bains, un lieu assez particulier car il abrite un complexe thermal. Ses termes existent depuis l’Antiquité et possèdent des vertus thérapeutiques. La station thermale est assez jolie et abrite de beaux bâtiments avec des hôtels datant du la seconde moitié du 20e siècle et avec bien sûr un casino moderne.
Je fais un petit arrêt au cœur de la station où j’ai eu l’occasion d’y passer une nuit dans l’hôtel 3 étoiles du complexe. Mon épouse en a surtout profité pendant 2 jours avec restaurant, soins et détente dans les bains pendant que je souffrais sur les pentes des cols du Coq et de la Morte ha ha ha !




Je quitte Uriage les Bains et file dans la Vallée du Sonnant. Cette dernière mène à Grenoble et elle est en descente. Je vais la suivre sur 2,8 km jusqu’au Pont de Maupas. Ce dernier n’est pas visible car il est noyé dans l’enrobé de la D524, par contre je repère la toute petite voie sur la droite située dans le hameau du Martinet. C’est le début de ma première ascension avec le Col de la Coche.
Une petite surprise me surprend… j’ai cru qu’elle était mauvaise en voyant un panneau « Route barrée » mais je suis rassuré aussitôt en apercevant un autre panneau qui indiquait « Route de Champ Ruti ouverte uniquement aux deux roues » ! Cool !!!

Col de la Coche
Distance : 4,6 km
Départ : Pont de Maupas
D+ : 394 m
% moyen : 9%
% maxi : 10,5% sur 2040 m et 560 m

C’est parti pour une ascension du Col de la Coche. Je connais déjà ce col pour l’avoir chassé lors d’une sortie sur le Balcon de Belledonne en 2017, par contre ce sera inédit par ce versant pour la partie jusqu’à St-Nizier.
Cette route étant déjà assez confidentielle, c’est donc comme un accès secret que je peux emprunter pour gravir ce versant. Je serais au calme jusqu’à St-Nizier car la Route de Champ Ruti est interdite aux voitures. Pour cause, une petite partie de la route s’est affaissée sur quelques mètres mais à vélo, ça passe largement et sans danger.
Par contre, c’est une sacrée rampe de 2,3 km à plus de 10% de moyenne qui m’a obligé à fournir un joli effort. Quelques lacets m’ont aidé à la gravir à l’abri d’une forêt. La chaussée était dans un état correct mais bien sûr, comme elle est moins entretenue, il y a quelques petites branches ou cailloux que je peux éviter aisément.











J’ai appris par la suite que la dégradation était récente car on peut voir sur Google Street View que la route était en bon état en août 2023. À l’heure où j’écris ces lignes (septembre 2026), des travaux ont été effectuée à partir de la fin 2025 et la route a été remise en état en mai 2026. Elle est désormais ouverte à toute circulation !

En sortant de la forêt, la pente fait enfin relâche mais reste soutenue à 9% sur les 1000 derniers mètres jusqu’à St-Nizier. Comme le temps est toujours maussade, je ne peux pas profiter de l’éventuelle jolie vue qui devait m’être offerte sur les sommets environnants la Vallée du Sonnant.



À St-Nizier, je peux souffler en empruntant la Route de Venon. Mais j’ai droit à une seconde suprise : encore une route barrée ! Je consulte les panneaux – il y en avait 6 ! – ouf, je me rassure assez rapidement en consultant ma carte sur mon téléphone : c’est seulement au niveau du Pont de Venon qui se trouve à Gières au pied du versant opposé. Comme je dois enchaîner avec le Col de Pressembois au milieu de la descente, il n’y a aucun soucis pour continuer la suite de mon parcours.
À partir de St-Nizier, je connais les lieux : d’abord une légère descente de 300 m puis un faux plat montant de 450 m.



Puis à la sortie d’un virage assez court, la pente se redresse brutalement pour m’offrir un redoutable final de 550 m à 10,5% de moyenne. Il y a une petite averse mais elle ne dure heureusement pas longtemps. J’atteins ainsi le Col de la Coche dans une grande courbe à 725 m d’altitude et valide mon second passage. Pas de vue et pas de panneau au sommet.



Je fais une courte pause et repars dans le versant opposé. Je fais attention dans la descente mais ça va car la route n’est pas trop détrempée. Après 3 km, à la Chappe, qui est le chef-lieu de la commune de Vénon, je bifurque à droite pour attaquer l’ascension du Col de Pressembois.
Col de Pressembois
Distance : 900 m
Départ : la Chappe
D+ : 49 m
% moyen : 5,5%
% maxi : 11,5% sur 60 m
Depuis la Chappe, la chasse sera assez courte avec seulement 900 m à parcourir. Mais je me suis tapé 2 petits raidards – 60 m à 11,5% et 140 m à 10% – pour atteindre le Col de Pressembois situé à 575 m d’altitude.




Sur une route relativement étroite mais correctement asphaltée (elle semblait avoir été refaite récemment), j’atteins le Col de Pressembois. Il est situé au cœur du tout petit hameau de Pressembois à 575 m d’altitude. Coincé entre deux collines, le décor est joliment champêtre mais il n’offre aucune vue.


Là aussi, je fais une courte pause et repars dans le versant opposé en direction de Murianette. Dans le début de la descente, le paysage s’ouvre à nouveau mais je n’en profite pas car tout est noyé dans des nuages bien bas. C’est bien ma veine pour une première sortie !
Je me concentre dans la descente jusqu’à Murianette. Longue de 4,8 km, elle est bien raide et la route est assez humide. À Murianette, je suis désormais au fond de la Vallée du Grésivaudan. Je vais la suivre jusqu’à Gières mais pas très longtemps sur 2,3 km pour enchaîner la troisième ascension du jour et la plus difficile avec le Fort des Quatre Seigneurs.

Fort des Quatre Seigneurs
Distance : 10 km
Départ : la Galochère
D+ : 711 m
% moyen : 7,5%
% maxi : 9% sur 1100 m et 1860 m

Outre que l’ascension est intéressante en terme de défi sportif avec ses 10 km à 7,5% de moyenne, je suis surtout passionné par les fortifications militaires et je suis donc assez curieux de découvrir à quoi ressemble ce Fort des Quatre Seigneurs.
Comme j’arrive directement au point d’altitude 221 m présenté sur le profil ci-dessus, j’attaque directement par une belle rampe à 7,5%. Je poursuivrais mon effort sur les 2800 mètres suivants. Mais comme la pente est constante, ça passe très bien.
Quelques lacets plus haut, j’aperçois Grenoble toute proche. Quel contraste avec cette ascension relativement tranquille où je n’ai pas croisé beaucoup de véhicules.
J’arrive au hameau du Mûrier où se trouve un fort du même nom. Je fais un léger crochet pour aller jeter un coup d’œil à son entrée. Construit lors de la période militaire 1875-1978, il appartient à la commune de Gières qui le restaure depuis 1993. Mais il ne se visite généralement à l’intérieur qu’exceptionnellement lors des Journées européennes du Patrimoine ou pour des événements particuliers. Si vous voulez en savoir un peu plus, c’est ici.





Je reviens sur mes roues puis en traversant le hameau du Mûrier, j’ai droit à un petit replat de 300 m sous forme… d’une descente. Légère toutefois mais cela me permet de reprendre un peu mon souffle avant d’enchaîner avec le premier gros passage de cette ascension avec 1,1 km à 9%. La pente est certes soutenue mais elle est très régulière.

Malgré la grisaille, je me plais bien ici, la route est agréable et très tranquille. Dommage que je rate les belles vues sur le Massif du Vercors et sur la Chaîne de Belledonne. Je peux souffler à nouveau sur un replat de 1,6 km à 4,5%.


La pente reprend de la vigueur en passant à 8% durant 1,3 km puis encore plus à 9% sur les 1850 mètres suivants. À cette occasion, je passe par un endroit clé : le Carrefour de la Rochette. À droite, la route descend vers Herbeys, à gauche, un chemin que je vais emprunter plus tard, en face, le final vers le Fort des Quatre Seigneurs.


Dans le final, la route devient beaucoup plus étroite mais elle est correctement asphaltée puisque c’est une départementale (la D112e). Elle se termine par 3 lacets assez courts répartis sur 650 m où la déclivité repasse en 8%. À noter qu’à 920 m d’altitude, j’ai atteint le point culminant de ma sortie et que je suis quasiment dans… les nuages !

Ce n’est pas tout à fait le terminus pour moi. Il n’y a aucune vue car je suis au milieu des bois. Je ne vois pas le fort car la végétation alentours est assez dense. Pour accéder à l’entrée du fort, j’emprunte un sentier sur une cinquantaine de mètres.
Je découvre enfin le Fort des Quatre Seigneurs. Je suis un peu surpris, il n’est pas dans un super état. Le pont se trouvant l’entrée est complètement défoncé et il y a des tags dégueulasses sur les portes et les murs.
L’entrée est interdite mais je suis trop curieux de voir comment il est à l’intérieur… je franchis très prudemment le pont en marchant sur les rares parties qui ne sont pas défoncées tout en agrippant une grille au cas où ça s’effondre !
Je me retrouve dans la cour. La végétation est assez présente et commence à recouvrir les bâtiments. J’arrête là mon exploration car avec l’ambiance fantôme et l’aspect un peu délabré des environs, ce n’est guère engageant.



Malgré qu’il soit toujours la propriété du CEA Grenoble, on peut dire que le Fort des Quatre Seigneurs, construit entre 1875 et 1879, est à l’abandon ! Et c’est bien dommage… pour tout savoir sur son histoire je vous invite à consulter sa page wikipedia ou bien ce site.
Je reviens à l’entrée du fort (2e passage de tous les dangers sur le pont…) et pars dans la descente jusqu’au Carrefour de la Croisette où je fais un arrêt. Un peu plus haut, j’avais annoncé que j’allais emprunter un chemin. C’est qu’il m’intéresse fortement car je peux chasser un col très facilement : sur 150 m, il me suffit simplement de suivre le chemin qui est quasi tout plat et dans un bon état pour franchir le… Col des Quatre Seigneurs (793 m) !
Il n’y a pas de panneau officiel mais il est reconnu par le Club des Cent Cols.




Je suis satisfait, tous mes objectifs sont remplis. Il me reste à rentrer à Vizille. Depuis le Carrefour de la Croisette, je file dans la descente en direction de Herbeys. Il y a une belle série de petits lacets, ça doit être assez sympa à grimper depuis ce versant.
À la sortie d’Herbeys, un large virage me donne l’occasion d’apercevoir son chouette château. J’ai appris un peu plus tard que c’est une propriété privée et qu’elle n’est malheureusement pas visitable.


J’arrive un peu plus bas à Tavernolles. J’emprunte la D5, fini la tranquillité, c’est une départementale qui fait la transition entre Grenoble et Vizille et ça circule pas mal. Par contre, il me faut faire un nouvel effort avec une bonne rampe d’environ 2 km où la pente flirte un bon 7%. À l’entrée de Brié, les affaires se calment avec un faux plat montant puis à la sortie du village, j’entame une ultime descente jusqu’à Vizille.
Courte avec 56 km, la première sortie de mon séjour a été tout de même assez généreuse avec 1466 m de D+, de bonnes rampes et 3 cols dans la musette. Dommage qu’il n’a pas fait beau, je n’ai pas eu heureusement trop de pluie mais les paysages ont été gâchés par les nuages bien trop bas. Ma prochaine sortie doit absolument se dérouler avec une bonne météo ! Ce sera le cas deux jours plus tard avec une belle montée à Chamrousse…
