Alpes / Roadbike – Revanche 2/2 au Col de Bassachaux

Ma pomme au Col de Bassachaux – 1783 m.

Avant de démarrer ce récit, je souhaiterais vous expliquer dans quel contexte j’ai réalisé cette ascension du Col de Bassachaux.

Tout d’abord, je me suis offert un petit séjour solo de 4 jours dans les Alpes durant mes vacances de printemps. Enfin plutôt de « semi-été » puis nous sommes déjà fin juin ! À l’origine, ce devait être début juin mais il était annoncé une semaine bien pourrie au niveau de la météo, ce qui allait être incompatible avec mon projet. J’ai réussi à négocier exceptionnellement un report avec mon employeur. Et me voilà fin juin avec de belles éclaircies au programme des prochains jours, les feux sont au vert pour profiter de mon séjour alpestre !

Il va s’étaler sur 4 jours 1/2 entre Haute-Savoie en France et Valais en Suisse. J’ai saisi cette occasion pour chasser des cols qu’ils me manquaient dans le Massif du Chablais et réaliser des ascensions pas faciles d’accès ou inédites dans le Valais (en fait dans des coins où il n’est pas facile d’y poser ma caravane pour des vacances estivales).


Mardi 1er juillet 2025 – 20,9 km / D+ 672 m / 1h42

La logistique a été spéciale pour en terminer avec la dernière ascension – et second objectif de la journée – de mon roadtrip de 4 jours. Voir le récit de ma précédente ascension qui s’était déroulée au Pas de Morgins le matin même.

Depuis le Pas de Morgins, j’ai franchi la frontière, traversé Châtel et posé ma voiture sur un parking à Villapeyron, véritable pied du Col de Bassachaux.

Je ne traîne pas, pendant que je suis encore chaud, en déchargeant rapidement mon vélo de la voiture puis en remplissant mes bidons. Mes chaussures aussitôt clipsées sur les pédales, à 12h45, je suis fin prêt pour démarrer l’ascension du Col de Bassachaux.

Les photos sont en haute définition à 1280 pixels. Toutes légendées, n’hésitez pas à cliquer dessus pour les afficher en grand pour voir plus de détails (surtout les panoramas) !

Col de Bassachaux

Comme pour le Pas de Morgins, c’est une revanche que je souhaitais prendre. L’an passé en 2024, lors d’un séjour printanier, je n’avais pas pu terminer l’ascension du Col de Bassachaux… À 4 km du sommet, j’avais été contraint de faire demi-tour à cause des travaux de réfection de la chaussée. J’ai été bien frustré sur le coup car l’accès à ce col en cul de sac, qu’il faut aller chercher tout au bout de la longue Vallée de la Dranse d’Abondance, n’est franchement pas facile au niveau logistique.

De plus, je pouvais cocher 2 casses sur mon tableau de chasse aux cols : atteindre le plus haut col routier (1783 m) et essuyer la dernière pancarte de tous les cols routiers du Massif du Chablais !

Depuis Villapeyron, l’ascension n’est pas très longue avec 10,4 km mais comme vous vous doutez bien qu’avec une altitude assez respectable située à près de 1800 m d’altitude, elle propose des passages assez ardus dont le principal est long de 3,5 km sur une pente souvent proche des 10% !

Départ : Villapeyron
Distance : 10,4 km
Dénivelé : 672 m
% moyen : 6,5%
% maxi : 10% sur 550 m

Col de Bassachaux, une ascension avec un long passage de 3,5 km bien saignant !

Depuis le parking situé au centre de Villapeyron, je reviens d’abord sur environ 250 m à l’intersection des D230 et D228a qui est le départ officiel de l’ascension. Il est d’ailleurs symbolisé par un panneau (voir photo ci-dessous).

Demi-tour et c’est parti. La chaleur est bien présente mais il y a pas mal de nuages qui cassent un peu les rayons du soleil. Durant 1650 mètres, je peux m’échauffer tranquillement sur une pente à 3/4% en traversant Villapeyron puis Très les Pierres.

Ça fait plaisir de redécouvrir le paysage sous un aspect beaucoup plus ensoleillé que l’année dernière où c’était assez maussade (c’était une semaine fin mai 2024 qui avaient assez pourrie). À la sortie de Très les Pierres, je revois la Cascade de l’Essert mais elle est moins active.

Je fais une petite parenthèse. À l’heure où j’écris ces lignes (août 2026), j’ai appris qu’il y a eu deux éboulements (février et avril 2026) d’une partie de la falaise de l’Adroit de l’Essert située à proximité de la cascade et du hameau de Très les Pierres. Le risque est toujours présent avec un bloc instable de 900 m³. Par conséquent, la route départementale RD 228a menant à Pré-la-Joux (et au Col de Bassachaux) est fermée depuis le 27 juillet 2026 pour de majeurs travaux de sécurisation de la falaise. Par contre, une déviation par le lac de Vonnes à Châtel est possible. Il faut donc grimper une partie du Pas de Morgins jusqu’au Lac de Vonnes puis emprunter une… piste forestière (Chemin des Ramines). Elle est seulement asphaltée sur les 600 premiers mètres. Je n’ai pas d’information pour savoir si la suite est vraiment viable en vélo de route. Réouverture théorique le 6 novembre 2026.

Villapeyron, point de départ de l’ascension du Col de Bassachaux.
De belles parois rocheuses, ici l’Adroit de l’Essert, en guise de décor au départ de l’ascension.
À l’entrée du hameau de Très les Pierres, un hôtel datant de 1861.
On est sur une départementale (D228a), l’asphalte est de bonne facture (refait à l’occasion du Tour de France féminin en 2025).
À la sortie de Très les Pierres, vue sur la Cascade de l’Essert (au centre, mais que l’on distingue très mal sur la photo).

À la sortie de Très les Pierres, la déclivité s’accentue un peu plus en passant à 5,5% puis 6,5% sur les 1450 mètres suivants. Ça passe pas trop mal car c’est assez roulant. De plus, l’asphalte vient d’être refait à neuf bien que l’année dernière je n’avais pas trouvé la route plus dégradée que ça…

La vraie raison est que le Tour de France féminin doit conclure très prochainement une étape (le 3 août et son classement final) à Pré la Joux (1300 m). Une arrivée « beaucoup plus facile » que si elle s’était conclue au Col de Bassachaux. Mais à leur décharge, les concurrentes se sont tout de même coltinées 124 km de course avec les ascensions de Arâches-la-Frasse (6,2 km à 7%), du Col de Joux Plane (11,6 km à 8,5 %) puis du col du Corbier (5,9 km à 8,5 %). L’étape a été remportée par Pauline Ferrand-Prévot, qui a empoché la victoire finale par la même occasion.

Une déco déjà en place pour le prochain passage du Tour de France féminin (2025).
Avant d’arriver à la Station de Pré la Joux, premier aperçu sur le théâtre final de l’ascension.

J’arrive à la Station de Pré la Joux. Je remets quelques dents car aa déclivité est retombée à 3% sur 700 m. La station n’est en fait que de vastes parkings qui alimentent 2 télésièges. Il y a un restaurant et quelques bâtiments. Par contre, il y a de l’animation avec de nombreux VTTistes venus profiter des descentes offertes par le Bikepark Châtel.

Je les regarde emprunter les télésièges pour s’offrir facilement 700 m de D+… moi, je vais faire la même chose mais en choisissant la solution maso !

Arrivée à la Station de Pré la Joux.

En traversant la Station de Pré la Joux, je monte en température avec 700 m à 5,5% puis j’arrive à l’entrée des portes de l’enfer…

Je vais attaquer le gros passage de 3,5 km à près de 10% de moyenne. Tout est paradoxe dans la suite de cette ascension du Col de Bassachaux : tout d’abord, c’est une piste que je vais gravir… une piste utilisée pour la descente à ski en hiver ! Vous comprendrez que la règle de la gravité n’est pas la même entre un skieur qui descend et un cycliste qui grimpe… donc c’est un sacré défi ! Cette piste a aussi une drôle de particularité : c’est une départementale, la D228a et ce, jusqu’au Col de Bassachaux !

Je vais aussi bénéficier d’un gros avantage : la piste/route a été entièrement refaite en 2024. C’est désormais un magnifique asphalte qui recouvre la chaussée avec un bel aspect billard ! La raison ? Officieusement, la municipalité de Châtel espère attiré un jour prochain le Tour de France masculin au Col de Bassachaux… Mais j’ai des doutes car la logistique y serait trop compliquée dans cette étroite route en cul de sac. Dans tous les cas, l’ascension va faire le bonheur de cyclistes locaux ou estivaux.

Pas de panneau travaux ou route barrée comme en 2024, cette fois-ci tous les feux sont au vert.

À la sortie de la Station de Pré la Joux, l’asphalte refait à neuf en 2024 et surtout début du passage difficile…

En passant sous le Télésiège de Pierre Longue, le ton est donné d’entrée : une pente abrupte se dresse à 10% sur les 550 mètres suivants. 7 virages assez courts permettent de gravir ce passage ardu. Puis il faut enchaîner avec 750 m à 9%, 900 m à 9,5%, 550 m à 9% et enfin 750 m à 8% !

Autant vous dire que j’ai compté lentement chaque mètre, les efforts des 4 précédentes sorties me pesant désormais sérieusement dans les jambes !

10%, c’est dur mais l’effet billard aide un peu à l’effort !
Petit rappel, on est à la fois sur une départementale et une… piste de ski !
Route superbe refaite à neuf !

Dans ce terrible passage, je suis passé par l’endroit où j’avais du faire demi-tour l’année précédente. Ça m’a tout de même galvanisé de pouvoir enfin le franchir et découvrir la suite de cette ascension.

J’arrive à l’endroit où je n’avais pas pu continuer. Mais cette fois-ci, j’ai le feu vert !
En se retournant, on commence à découvrir les sommets marquants alentours…
Après ce lacet, ce sera inédit pour moi.
La pente est toujours implacable : 9% !

Au fur et à mesure de la montée, les sommets alentours se découvrent dont le Mont de Grange, qui, avec ses 2432 m, est le second sommet (avec les Cornettes de Bise) du Massif du Chablais et la Tête de Lindaret au pied duquel se trouve le Col de Bassachaux.

Le Mont de Grange. Avec ses 2432 m, c’est le second sommet (avec les Cornettes de Bise) du Massif du Chablais.
Le Col de Bassachaux est en vue mais il reste encore un peu de chemin (env. 2,9 km).
Les rayons du soleil tapent dur sur la route (et le casque) !
Tout en haut, la route du Col de Bassachaux, en contrebas, l’une des pistes principales de la Station de Pré la Joux qui sert de piste de descente pour les VTT en été.

J’arrive au terme du gros passage de 3,5 km… la déclivité lâche enfin du mou en passant à 6% sur les 400 mètres suivants. J’ai l’impression de rouler sur du plat ! J’atteins ainsi les Chalets de Plaine Dranse. C’est un relais de télésièges et il y a des bâtiment pour la restauration mais aussi pour des chalets de tourisme.

La pente se calme un peu en passant à 8% puis 6% en direction des Chalets de Plaine Dranse.
Le Mont de Grange. Au centre de la photo, on distingue la route presque verticale de l’ascension !
Les Chalets de Plaine Dranse est l’un des points de relais des remontées mécaniques de la Station de Pré la Joux.
Chalets de Plaine Dranse. La crête foncé en arrière-plan est la frontière avec la Suisse.

J’ai déjà fait les trois quarts de l’ascension mais je n’en ai pas tout à fait terminé avec les efforts à effectuer. À la sortie des Chalets de Plaine Dranse, la pente reprend du poil de la bête en passant à 7,5% durant 1,3 km. Le paysage est désormais à découvert et je peux profiter de superbes vues sur la Vallée de la Dranse d’Abondance qui plonge vers Châtel.

À la sortie des Chalets de Plaine Dranse, la pente reprend du poil de la bête en passant à 7,5%.
On est désormais à terrain découvert et c’est à partir de ce point là que l’on profite du paysage !
Les sommets marquants au-dessus des Chalets de Plaine Dranse. Ils sont situés sur la frontière franco-suisse.

J’arrive au panneau annonçant le dernier kilomètre. Il indique une moyenne de 4%… un peu confiant à la vue de ce doux chiffre, je me suis fait avoir comme un bleu ! En effet, à la sortie d’un virage, me voilà coincé dans une brusque remontée de 500 m à 9,5% ! Je lance mes dernières forces jusqu’à un point haut situé à 1780 m d’altitude.

Ouf, il me reste à en terminer très facilement avec 3 m de D+ à gravir sur les 500 derniers mètres ! La route passe sous la Tête du Lindaret. À noter qu’elle n’a pas été refaite dans cette dernière partie (encore un paradoxe) ! J’apprécie la différence avec ses nombreux nids-de-poule…

J’atteins ainsi le Col de Bassachaux à 1783 m d’altitude.

Le dernier kilomètre. Ne vous fiez pas au panneau annonçant 4% !!!
Il faudra d’abord gravir 500 m à 9,5% !
C’est dur mais le panorama est magnifique !
Juste au centre, le Col de Bassachaux. Les 500 derniers mètres sont à… 0,5% !
Col de Bassachaux. Dernier objectif accompli !

Comme d’habitude sur de nombreux cols, tout le monde ne s’est pas mis d’accord sur l’altitude du Col de Bassachaux : le Club des Cents Cols : 1783 m, le panneaux de randonnée : 1780 m, le panneau de la montée : 1778 m et IGN : 1777 m ! Je retiens celle du CCC car je n’ai pas eu l’impression de descendre entre le point haut situé à 1780 m et le sommet du col.

Dans tous les cas, mon dernier objectif est accompli, je suis un homme un peu fatigué mais heureux ! Je peux cocher les 2 cases sur mon tableau de chasse aux cols : avoir atteint le plus haut col routier (1783 m) et essuyer la dernière pancarte de tous les cols routiers du Massif du Chablais !

Col de Bassachaux. Panneau randonnée indiquant 1780 m.
Col de Bassachaux. 1783 m, altitude retenue par le Club des Cent Cols.
Panorama Est depuis le Col de Bassachaux.
Vue sur la Vallée de la Dranse d’Abondance. Au centre, on distingue Châtel.
Panorama Nord depuis le Col de Bassachaux.
Au Sud, on peut admirer le Lac de Montriond.
Les derniers mètres de la piste du versant Sud en provenance des Lindarets.
Le restaurant du Col de Bassachaux.

Après avoir fait un petit tour des environs et admirer le Lac de Montriond, il est temps de faire demi-tour et de retourner à Villapeyron. Je reste prudent dans la descente car je dois gérer la fatigue et un petit relâchement bien naturel (plus de montées à faire !).

Au retour, une chouette décoration pour le TDF féminin !
Animation du décor !

De retour au parking et à ma voiture, une drôle de surprise m’attend : le ciel se couvre soudainement et un orage éclate. Ben le timing a été chanceux dites donc !

Je m’abrite sous le grand hayon bien pratique de mon Rifter. Je me fais une petite toilette, mets des habits propres puis m’offre un délicieux pique-nique (il était près de 15h30, j’avais vraiment faim !) tout en observant la pluie tomber.

Je repense aussi à toutes ces merveilleuses ascensions effectuées lors de mon roadtrip… en 4 jours et 5 sorties, j’ai parcouru 260 km, gravi 6580 m de D+ et franchis 9 cols. Mon corps a tenu le coup en enchaînant les efforts. Par contre, j’ai eu un peu de mal quand il a fallu grimper les nombreux passages à 9/10%, je vieilli un peu et ma monture ne m’offre plus beaucoup de marge au niveau du braquet. Avec un 29 à l’avant et un 29 à l’arrière, certains diraient qu’on pourrait grimper aux arbres mais je n’ai pas de gros moyens physiques ha ha ha !

Dans tous les cas, tous mes objectifs ont été atteints. J’ai bien profité de magnifiques paysages entre Alpes françaises et suisses. Ma récompense ultime a été d’avoir eu enfin des vues sublimes sur le Mont Blanc, ce dernier s’étant souvent caché lors de mes nombreuses excursions dans les Alpes.

Pique-nique sous l’orage à l’abri du coffre de ma voiture !

Le retour à Dijon a été assez long et fatiguant. Il a d’abord fallu descendre une grande partie de la Vallée de la Dranse d’Abondance. Le Col du Corbier était fermé (travaux), la D22 aussi (travaux depuis 2024 et jusqu’en 2028 !), il m’a fallu rejoindre la Vallée de la Dranse de Morzine via le Col du Grand Taillet. Puis longue remontée de la Vallée de la Dranse de Morzine par les Gets. Après avoir rejoint Cluses, j’ai emprunté l’A40 puis l’A39. Sortie au péage de Miroir et traversée de la Bresse via Louhans. Ouf, j’arrive tardivement en fin de soirée. Le lendemain matin, reprise du boulot, la transition sera brutale mais… aucun regret !

  • Sortie n°1 : Col de l’Avernaz – 1234 m / Ajon – 1408 m / Col de Terramont – 1098 m / Col du Perret – 963 m / Col du Ludran – 938 m > Lire le récit
  • Sortie n°2 : Col des Montets – 1461 m / Col de la Gueulaz – 1965 m (Lac d’Emosson) > Lire le récit
  • Sortie n°3 : Col du Sanetsch – 2252 m > Lire le récit
  • Sortie n°4 : Pas de Morgins – 1369 m > Lire le récit
  • Sortie n°5 : Col de Bassachaux – 1783 m > Lire le récit

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