21 avril 2011 / 62 km / D+ 1621 m
Après un bon déjeuner, j’attaque une nouvelle ascension : celle d’Arolla, un « 2000 », station située au fond du Val d’Hérens (au sud de Sion). Comme celle de Leukerbad réalisée la veille, elle est assez méconnue mais sa longue distance – 37,1 km, son altitude – 2008 m et son profil assez particulier constitué de replats et de pentes assez soutenues répartis sur 1570 m de D+ m’ont poussé à découvrir cette ascension.
Pour joindre Sion, point de départ de cette ascension, je dois parcourir une vingtaine de kilomètres en effectuant d’abord une descente via Lens, qui présente des pourcentages impressionnants, puis en empruntant la Vallée du Rhône.
Au départ de Sion dans la Vallée du Rhône, c’est une très longue ascension de 37,1 km qui consistera à remonter le Val d’Hérens puis le Val d’Arolla. Je ne me fie pas à son pourcentage moyen assez modeste de 4,5%… je garde surtout en tête que je vais gravir près de 1600 m de D+ et atteindre un « 2000 ».
Mes parents et mes enfants, Victor et Émilie, ont voulu aussi profiter de la balade (en voiture bien entendu) et m’ont rejoint à Vex au début de la seconde partie. Leurs encouragements au cours de cette très longue ascension m’ont été bien précieux !
L’ascension d’Arolla est divisée en 7 parties bien distinctes.
Partie 1 – De Sion à Vex – 6,2 km
Après avoir traversé le Rhône, j’arrive au début de l’ascension (alt. 498 m) et me trouve donc au pied d’une butte assez imposante : 6,2 km jusqu’à Vex (alt. 939 m), soit 441 m de D+ à 7% de moyenne. Belle entrée en matière avec de superbes vues sur la Vallée du Rhône que j’avale tranquillement avec l’aide de 4 lacets. J’ai déjà entamé quelques forces et il reste encore près de 31 km à faire… À noter qu’à partir de Vex, 2 belles ascensions sont possibles : la station de Thyon culminant à un beau 2096 m et le barrage de la Grande Dixence perché à 2138 m qui retient les eaux du Lac des Dix. Sa hauteur est de 285 mètres de haut, ce qui doit être spectaculaire à voir !




Partie 2 – De Vex à La Luette – 9 km
À la sortie de Vex, j’entre dans le Val d’Hérens qui a pris le nom de l’ancien glacier qui occupait le Val il y a près de 10800 ans et non pas de la Borgne qui le longe. Je file sur un long replat salvateur de 9 km qui comporte des replats et des faux plats montants (2,5% maxi) et descendants. Mais sur ce type de replat, on a tendance à en remettre une couche, ce que je fais inconsciemment… Il y a un passage spectaculaire avant d’arriver à Euseigne. Je passe dans un tunnel sous une curiosité géologique du Val d’Hérens : les pyramides d’Euseigne, petits reliefs naturels en forme de cônes d’une hauteur de 10 à 15 mètres, surmontés d’une pierre à la manière d’une demoiselle coiffée.






Info 2026 : un nouveau tunnel a été construit en 2023 en parallèle de celui des Pyramides d’Euseigne afin de préserver le site. L’ancien tunnel est toujours accessible aux vélos ainsi qu’aux piétons. Plus d’infos ici.
Partie 3 – De La Luette à Évolène – 5,1 km
À près de 1000 m d’altitude et après 15,2 km depuis Sion, le Val d’Hérens se ressert et la route se redresse à nouveau. Ce sera 5,1 km sur une pente moyenne à 7,5% passant même à 8,5% durant un long passage de 3,1 km. Du costaud que j’ai eu un peu de mal à franchir. Je traverse à cette occasion un tunnel (280 m) et un paravalanche (220 m).




Partie 4 – De Évolène à Les Haudères – 5,8 km
Peu après, on découvre les premières maisons d’Evolène et la pente se radoucit à nouveau au passage de ce charmant village situé à 1400 m d’altitude. La route longe la rivière de La Borgne. C’est une nouvelle partie assez facile qui m’est offerte avec replats et une descente. Il m’a fallu juste négocier une courte rampe de 350 m à 6% pour atteindre Les Haudères.

Partie 5 – Des Haudères à Alt. 1768 m – 3,5 km
Le répit se termine à la sortie du village des Haudières, déjà 26 km dans les jambes… et les affaires vont se corser. Le Val d’Hérens se scinde en 2 autres vals. À droite des impressionnantes Dents du Vesivi, j’emprunte le Val d’Arolla. Le passage est monstrueux : la déclivité sera très forte en évoluant entre 8,5 et 9,5% ! Là, j’ai été vraiment dans le dur ! Mais les points de vue vertigineux sur les villages d’Evolène et des Haudières, devenus minuscules, m’ont un peu fait oublier une grosse fatigue au sortir de ce passage très difficile.


Partie 6 – De Alt. 1768 m à Pragrachèt – 5,1 km
À 1768 m d’altitude, la température s’est rafraîchie. Un nouveau répit m’est offert avec passages doux entre 3 et 4%, replats et une descente. Je traverse à cette occasion de nouveaux tunnels et paravalanches. J’ai aussi droit à des vues magnifiques sur le Serre de Vouibé (3086 m) entouré de plusieurs glaciers. Ce fabuleux décor montre désormais que l’on est dans un environnement de haute montagne.

Partie 7 – De Pragrachèt à Arolla – 2,4 km
Le décor est sauvage et en cette fin avril, des plaques de neiges viennent lécher les bords de la route. Cette dernière s’incline à nouveau aux alentours des 7% jusqu’à Arolla. Ce final m’a paru assez long… après 37,1 km d’ascension depuis Sion et 1570 m de D+, j’atteins enfin Arolla à 2008 m d’altitude. Pour atteindre ce « 2000 », je suis monté jusqu’au centre de la station, le panneau d’entrée se situant seulement à 1968 m.

Je retrouve mes parents et mes enfants pour fêter ce petit exploit. Je profite d’un beau coup d’œil sur la magnifique Aiguille de la Tsa (alt. 3667 m). Pour le retour, ce sera en voiture, je suis épuisé et l’idée de devoir relancer sur les longues parties planes de la descente ne me donne pas envie… Demain, ce sera repos bien que j’eusse prévu d’enchaîner sur le col du Simplon mais j’avais besoin de récupérer pour monter ce nouveau « 2000 ». J’ai quand même profité du voyage retour pour revoir tranquillement toutes les parties de cette belle ascension.























